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Attijariwafa bank scrute les conditions de l’émergence du Maroc à l’horizon 2040

La fondation Attijariwafa bank, en partenariat avec la Banque mondiale, a organisé le 16 mai une conférence pour débattre des conditions de l’émergence du Maroc à l’horizon 2040. Cette rencontre, tenue au lendemain de la présentation du rapport de la Banque mondiale sur la situation économique du Maroc et les perspectives à l’horizon 2040, avait pour objectif d’ouvrir le débat sur les différents points soulevés dans ledit document. Intitulé «Le Maroc à l’horizon 2020 : investir dans le capital immatériel pour accélérer l’émergence économique», ce rapport qui a nécessité deux ans d’étude établit un diagnostic complet de la situation économique du Royaume et des recommandations pour accélérer la croissance. Ainsi, lors de son discours inaugural, Mohamed El Kettani, PDG du Groupe Attijariwafa bank, a rappelé le rôle joué par le système bancaire marocain durant ces quinze dernières années dans le développement de l’inclusion financière. Pour sa part, Marie-Francoise Marie-Nelly, Directrice pour les pays du Maghreb et Malte pour la Banque mondiale, a souligné que ce rapport vise à lancer une réflexion sur la façon dont le Maroc pourrait atteindre l’émergence en accélérant son développement économique dans les années à venir. «Notre point de vue à la Banque mondiale est que le Maroc a tout ce qu’il faut pour accélérer son développement. Parmi les atouts, on a la réduction très forte de la pauvreté, la diversification de l’économie marocaine qui commence à se préciser davantage. Sur le plan des infrastructures, il y a aussi beaucoup d’avancées», a-t-elle fait remarquer. Elle a notamment appelé à un changement de paradigme économique pour pouvoir passer à la vitesse supérieure. «La question qui se pose maintenant, est de savoir ce qu’il faut faire et aussi comment le faire pour avoir une avancée qualitative au niveau de l’éducation, pour que les institutions soient beaucoup plus solides et de faire en sorte que les décisions soient beaucoup plus intégrées», a expliqué Marie-Francoise Marie-Nelly. Même son de cloche du côté de Jean-Pierre Chauffour, Économiste principal pour le Maghreb (Banque mondiale).


«La croissance du Maroc sur ces dernières années a doublé par rapport à la décennie précédente. Le Maroc vit donc un phénomène de transformation structurelle qui permet la réalisation de nombreux objectifs», a-t-il estimé. Revenant sur les grandes lignes du rapport de la Banque mondiale, Jean-Pierre Chauffour a détaillé les avancées enregistrées par le Maroc au cours des quinze dernières années, comme l’accélération de la croissance économique, l’amélioration du niveau de vie moyen de la population, l’élargissement de l’accès aux services publics de base, ou encore le développement considérable des infrastructures. Il est aussi revenu sur les défis qui s’imposent. Ainsi, la Banque mondiale fait remarquer que même si le Royaume a réussi sur plusieurs plans, il y a lieu de voir quand-même le verre à moitié plein. Dans ce sens, l’économiste en chef a listé le chômage chez les 25-35 ans comme un défi de taille pour le Maroc. «Seul un jeune sur deux dans cette tranche d’âge dispose d’un emploi. Et il s’agit d’un emploi qui est souvent informel ou précaire», a-t-il avancé, ajoutant qu’il est nécessaire de faire en sorte que le Maroc puisse avoir un rattrapage économique qui permettrait, en termes de niveau de vie vis-à-vis des pays de l’Europe du sud comme l’Espagne, de combler cet écart. Il a insisté sur le fait qu’il est impératif de trouver un rythme qui permettrait de combler cet écart dans les 20 prochaines années. «Quand on regarde de près la croissance du Maroc depuis la crise financière de 2008, on est plutôt sur une courbe descendante. L’an dernier la croissance était à 1%, ce qui est très faible pour un pays censé être dans l’émergence», a souligné l’économiste. Selon lui, il y a aussi une difficulté à transformer les investissements en croissance plus élevée en termes d’emplois. La Banque mondiale appelle le Royaume à s’inspirer des pays développés. Après son exposé, le débat s’est orienté également vers le secteur privé. Ainsi, Hakim Marrakchi, Vice-président de la CGEM a, entre autres, souligné qu’il y a un effort important à faire pour assurer la qualité de la main d’œuvre sur le marché du travail pour permettre aux entreprises d’être plus compétitives face à la concurrence internationale. «Le Maroc est un pays ouvert, donc il faut permettre aux entreprises de recruter plus facilement des cadres à l’étranger parce qu’ils sont moins chers que les cadres locaux. L’emploi au Maroc se caractérise par une qualité discutable», a-t-il estimé. Cette rencontre, a notamment permis de faire la lumière sur plusieurs questions liées aux politiques futures à mettre en œuvre pour accélérer le développement du Royaume.


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