Transport

Casa Transport renoue avec les pertes abyssales

Pour son premier exercice sans soutien financier du budget général de l’État, Casa Transport creuse ses pertes en 2016. En effet, en entérinant une perte nette de 194 millions de DH (contre à peine 85,6 millions de DH en 2015), l’Assemblée Générale Ordinaire de cette SDL (Société de Développement Local), vient d’acter, de facto, une douloureuse facture pour le Conseil de la capitale économique, désormais seul à devoir passer à la caisse pour éponger les pertes. Ceci alors que de 2012 jusqu’en 2015, les déficits de Casa Transport qui ont totalisé un cumul de 669 millions de DH, ont été pris en charge par l’État et le Fonds de soutien à la réforme du transport selon la Convention signée avec les pouvoirs publics.


Il faut dire que Casa Transport est le bras armé de la ville blanche en matière de développement de la mobilité et du réseau de transport en commun sur site propre en mode tramway. Il était donc tout à fait logique et légitime d’en transférer le poids financier à la ville au service de laquelle cette SDL a été créée en 2008 et qui a mobilisé jusqu’à présent un capital de 4 milliards de DH apporté principalement par l’État marocain, la Commune Urbaine de Casablanca ainsi que de grands institutionnels tels le Fonds Hassan II, la CDG, la BCP et l’ONCF.

La nouvelle perte abyssale de cette entité publique, également maître d’ouvrage délégué pour la réalisation d’importants aménagements d’infrastructures routières pour le compte de la métropole (notamment à la ville financière d’Anfa), vient remettre en exergue l’épineuse question de sa viabilité financière alors que le tramway de Casablanca continue de représenter un foyer important de pertes malgré la hausse louable du nombre de voyageurs qu’il transporte quotidiennement (125.000 en début 2017 contre 80.000 en 2013). Même la stratégie de diversification de revenus mise en place (commercialisation d’espaces publicitaires, naming de stations…) s’avère n’être qu’un cautère sur une jambe de bois.

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