Portrait

Chaymae Samir, fondatrice du cabinet CS International : entrepreneure accomplie

De l’ambition, elle en a. À seulement 24 ans, Chaymae Samir est déjà une entrepreneure accomplie, avec une longue et enrichissante expérience. France, Royaume-Uni, Malaisie, États-Unis, elle s’est forgée un véritable parcours de globe-trotter.


Après avoir décroché son BAC avec mention Très Bien en 2011 au Lycée Français d’Agadir, elle quitte le Maroc, grâce à une bourse de mérite, pour aller poursuivre ses études supérieures à l’étranger. Elle atterrit en France et commence ses études supérieures à Sciences Po Paris en Bachelor (Cursus Moyen-Orient Méditerranée). En 2013, elle part pour un semestre à l’Universiti Malaya en Malaisie pour compléter sa formation. De retour en France en 2014, Chaymae Samir enchaîne avec un Master en Finance et Stratégie, à Sciences Po Paris. Sa passion pour l’entrepreneuriat l’amène à lancer une première expérience, tout en poursuivant ses études. Elle lance en effet, dans la même année, sa première entreprise, Educap’ Soutien Scolaire, exerçant dans le tutorat à Agadir. Il s’agit d’un centre d’apprentissage qui peut accueillir jusqu’à 450 enfants âgés de six à dix-huit ans et qui offre des services de soutien scolaire. L’idée à terme est de multiplier ces centres à travers le Maroc. « Très jeune, j’étais obsédée déjà par lancer ma propre entreprise. Dans un de ces carnets d’amitié qu’on faisait circuler dans ma classe à l’âge de 8 ans et où chacun de nous répondait à plusieurs questions, comme quelle est ta couleur préférée, que voudrais-tu faire plus tard, je répondais toujours que je voulais être chef d’entreprise, pendant que mes amis exprimaient leur volonté de devenir médecin, chanteur ou acrobate », se souvient-elle. Elle enchaîne en 2016 avec la création d’un cabinet indépendant dans le consulting basé à Londres.

Une passion pour l’entrepreneuriat
Il s’agit de CS International (Chaymae Samir) qui conseille plusieurs entreprises et grands groupes sur des thématiques bien précises. Et la dernière à voir le jour en 2017 est Fresh Group qui va porter les ambitions de la jeune entrepreneure dans la restauration. Elle a déjà ouvert un restaurant à Agadir/ Au total, Chaymae Samir a trois entreprises à son actif. À 24 ans, cela peut paraître comme un grand challenge. Elle est souvent entre deux avions tantôt au Maroc tantôt à Londres pour suivre l’évolution de ses activités. « La plupart du travail de l’entreprise basée à Londres ne se fait pas en Angleterre, parce que je travaille avec des clients étrangers. Et puis j’ai une bonne équipe au Maroc, même si cela a pris du temps pour la constituer », confie-t-elle. Pour en arriver là, elle a dû surmonter des défis. « Créer une entreprise au Royaume-Uni est beaucoup plus simple qu’au Maroc. Tout se fait en ligne et en moins de deux heures, tu as la structure légale. Au Maroc, entre les timbres, l’enregistrement, les autorisations, on s’y perd facilement ! », explique la jeune entrepreneure. « Quand on commence aussi jeune, au Maroc ou ailleurs, on n’est pas forcément pris au sérieux. Je pense que de toutes les manières quand on veut être chef d’entreprise il faut être prêt à tout, laisser son ego de côté et continuer à persévérer pour achever sa vision des choses », poursuit-elle. Aujourd’hui, ses trois structures emploient 30 personnes. Cette réussite et ce parcours de chef d’entreprise ne sont pas du fait d’un hasard. En effet, son parcours académique l’a amenée à découvrir le monde de l’entrepreneuriat très tôt.

Un parcours de globe-trotter
« Lors de ma troisième année à l’université, j’ai demandé à faire un projet personnel au lieu de partir une année à l’étranger en étude. J’ai commencé mon année par un séjour en Inde, dans le cadre de la bourse Zellidja, sous l’égide de la Fondation de France. Mon voyage était centré autour des femmes entrepreneures en Inde, ce qui m’a poussée à la rencontre de chercheures, femmes, businesswomen et de grandes organisations comme UN Women ou BRAC », raconte Chaymae Samir. Après ce séjour, elle rejoint Londres où elle décroché un stage dans un cabinet de conseil américain en éthique et gestion de crise. A la fin de son stage, elle est embauchée par l’entreprise. Elle y reste pendant un an, avant de repartir encore en Asie pour une autre expérience. Cette fois-ci en Malaisie. « Là-bas, j’ai intégré une organisation qui accompagne et finance les entrepreneurs de la région. J’ai intégré la structure en tant que liaison avec le ministère des Finances et étais en charge des programmes d’investissement des entreprises locales. Le moins qu’on puisse dire, est que j’étais profondément immergée dans l’esprit entrepreneurial et au contact chaque jour de chefs d’entreprises et de porteurs de projet. Le rêve! C’était aussi l’occasion pour moi de participer à l’organisation d’événements à portée internationale, comme le Sommet de l’Entrepreneuriat Social de Muhammad Yunus, Prix Nobel et fondateur du microcrédit, mais aussi le Sommet Mondial de l’Entrepreneuriat initié par l’adiministration Obama. Les deux événements ont été organisés à Kuala Lumpur cette année là », détaille Chaymae Samir. Après cette expérience, elle débarque à New York et décroche un poste d’analyste dans un hedge fund américain, spécialisé dans les investissements dans les pays émergents, où elle prend en charge l’Afrique/Moyen-Orient et l’Asie du Sud Est. En plus de ses activités de chef d’entreprise, celle qui se décrit comme quelqu’un de déterminé et persévérant, écrit également pour le compte de certaines revues internationales comme Forbes, Arabian Business et autres sur le marketing, l’entreprenariat, le futur du travail, ou la génération des millennials. « On m’invite également pour conseiller sur ces sujets en particulier à l’étranger. Par exemple, en février prochain, je serai en Arabie Saoudite, pour conseiller les plus grandes entreprises du Moyen-Orient sur comment retenir et engager cette génération dans la région, ainsi que des stratégies de conquête visant cette tranche de la population. Je suis également invitée régulièrement à intervenir en tant que conférencière, par exemple, à Londres en mars dans le cadre d’une conférence de marketing et également au Sri Lanka dans un événement international sur le leadership féminin », conclut Chaymae Samir.

Bio express
1993 : Naissance à Mohammedia
2011 : Entrée à SciencesPo Paris en Bachelor, Cursus Moyen- Orient Méditerranée
2014 : Création de sa première entreprise
2016 :Création de CS International à Londres


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