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Draâ-Tafilalet : le défi du désenclavement

La région de Draâ-Tafilalet a un grand potentiel de développement, mais l’inaccessibilité en termes de connexion routière et aérienne qui la caractérise limite fortement son décollage économique.


Afin de changer la donne et offrir tous les moyens nécessaires au décollage économique de la région, le ministère du Tourisme est à pied d’œuvre en ce qui concerne le volet aérien. Dans ce sens, Mohamed Sajid, ministre du Tourisme, et toute son équipe travaillent actuellement pour densifier les lignes aériennes afin de sortir la région de Draâ-Tafilalet de son désenclavement. Ainsi, une liaison entre Fès et Errachidia sera lancée dans les mois à venir. Et ce n’est pas tout. Une liaison entre la région du Nord (Tanger, Tétouan…) et Ouarzazate et Errachidia devrait bientôt être opérationnelle aussi. Mohamed Sajid a également laissé entendre que des réflexions sont engagées avec plusieurs compagnies aériennes pour connecter l’Europe à Ouarzazate et Errachidia. L’objectif de ces initiatives du ministère est de favoriser l’activité touristique et aussi l’activité cinématographique dans la région. « Nous travaillons aujourd’hui avec notre compagnie nationale avec les moyens qu’elle a à sa disposition. Nous travaillons aussi avec d’autres compagnies pour la desserte de cette région. Nous avons ouvert par exemple une liaison entre Marrakech et Ouarzazate pour relier ces deux importants bassins touristiques», a souligné le ministre. Soulignons que Mohamed Sajid a fait ses annonces en marge du Conseil National de l’Entreprise, initiative de la Confédération générale des entreprises du Maroc qui a tenu son conseil d’administration le 06 février 2018 à Errachidia. Le choix de cette région par le patronat n’est pas fortuit. Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM, a précisé que le but est d’attirer l’attention des investisseurs sur le gros potentiel de cette région en vue de les amener à investir.

Amélioration de l’attractivité de la région, un impératif
La Région reste pénalisée par une connectivité faible et un manque d’infrastructures économiques», a-t-elle fait remarquer. Force est de noter que la présidente du patronat avec toute son équipe est allée à la rencontre des chefs d’entreprises de la région le 5 février afin de s’enquérir de leur situation. « Nos entreprises ici pâtissent des arriérés de paiement pour les marchés qu’elles contractent auprès de certaines préfectures et provinces », a-t-elle déploré. En vue de redonner un nouveau souffle à l’économie de la région, il a été procédé à la signature de la Charte du Comité Régional de l’Environnement des Affaires (CREA), afin que Draâ-Tafilalet soit dotée d’une gouvernance locale du climat des affaires. Miriem Bensalah-Chaqroun a notamment appelé toutes les parties prenantes à œuvrer pour mettre en place dans les plus brefs délais, une feuille de route pour le développement de la région de Draâ-Tafilalet. Le ministre Abdelkader Amara, pour sa part, a annoncé de grands chantiers, notamment sur le volet de la connectivité routière. Ainsi, en marge de cette réunion du CNE, le ministre de l’Équipement et des Transports, a annoncé deux projets qui vont permettre de désenclaver la région. Le premier concerne la construction d’un tunnel et le second est la réalisation d’une voie Express Meknès-Errachidia-Rissani (d’une longueur de 381 km). Il y a également un projet de réalisation d’une autoroute Meknès-Errachidia d’une longueur prévisionnelle de 250 km, pour un budget estimé à 15,6 milliards de DH. Soulignons qu’il y a aujourd’hui pas moins de 9 heures de routes entre Casablanca et Errachidia, ce qui décourage un bon nombre d’opérateurs, car les coûts logistiques sont très importants. Notons quand même que le tableau n’est pas totalement noir en termes d’investissement dans la région.  131 projets d’investissement ont été validés l’année dernière par le Centre régional d’investissement, alors que sur les cinq dernières années, le nombre total n’avait jamais dépassé 38. Un signal fort, mais qu’il faudra amplifier. D’où la mobilisation sonnée par la CGEM.

El-Ansari-Abdellatif2 questions à El Ansari Abdellatif, président régional de la CGEM

« Nous devons conjuguer nos efforts pour améliorer l’attractivité de la région »

Quels sont les principaux défis auxquels font face les opérateurs de la région ?

Nous faisons face à de nombreux défis. Le premier défi est lié à l’enclavement de la région. Cette difficulté d’accès limite beaucoup nos opportunités. Cela décourage aussi beaucoup d’investisseurs qui voudraient venir investir ici. Le deuxième défi concerne l’accès au foncier. D’abord, la nature du foncier disponible. Il s’agit d’un foncier communal et cela pose un problème de prix. Non seulement les prix ne sont pas raisonnables, mais la procédure d’acquisition de terrain communal pose un véritable problème. Mais, je pense que la création du Comité Régional de l’Environnement des affaires va jouer un rôle déterminant dans la facilitation des procédures. Il y a également un problème de main d’œuvre qualifiée dans certains secteurs.

Comment aller au-delà de ces difficultés ?

Les opérateurs ont un problème de visibilité, mais je pense que c’est à nous en tant que CGEM de baliser le terrain et faire des propositions qui vont dans le sens de la valorisation des atouts de la région. Nous devons conjuguer nos efforts pour améliorer l’attractivité de la région. La priorité, c’est le désenclavement et l’amélioration de l’environnement des affaires.

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