Aéronautique

Le fleuron de l’industrie marocaine au Salon du Bourget

Seize ans, c’est le temps qu’il a fallu au Maroc pour s’imposer comme une puissance montante de l’aéronautique. Cette filière qui comptait moins d’une dizaine d’opérateurs, est devenue en l’espace d’une décennie une véritable base aéronautique avec 110 entreprises, 11.000 salariés hautement qualifiés, un chiffre d’affaires à l’export de plus d’1 milliard de dollars. Comment ce fleuron de l’industrie marocaine a-t-il réussi à se hisser au 15ème rang mondial en matière d’investissements aéronautiques. Un dossier de plus de 50 pages, réalisé à l’occasion du Salon du Bourget, à découvrir dans challenge, actuellement en kiosque.

Le Maroc, sous la houlette de Invest in Morocco, prendra part à partir du lundi 19 juin 2017 et ce jusqu’au 25 juin prochain à la 52ème édition du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace prévu au Parc des expositions du Bourget en France. Ce rendez-vous international réunira l’ensemble des acteurs mondiaux de l’industrie aéronautique.


La délégation marocaine sera conduite par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie Numérique. Objectif : « renforcer la position du Maroc en tant que plateforme compétitive de production à proximité de l’Europe et destination privilégiée des investissements dans l’industrie aéronautique ». Pour ce 52ème Bourget, le Maroc compte déployer une offensive de charme lors de ce salon. Plusieurs acteurs du secteur marocain de l’aéronautique et issus des secteurs publics et privés seront présents : le Groupement des Industries Marocaines Aéronautiques et Spatiales (GIMAS), MIDPARC, l’Agence Spéciale Tanger Méditerranée (TMSA), MEDZ, l’Institut des Métiers de l’Aéronautique (IMA), l’Institut Spécialisé des Métiers de l’Aéronautique et de la logistique Aéroportuaire (ISMALA), la Royal Air Maroc (RAM) et l’Office National des Aéroports (ONDA), ainsi que plusieurs industriels. En effet, l’industrie aéronautique mondiale dégage un potentiel de croissance appréciable. « Le secteur vit un moment charnière, on estime la demande mondiale à près de 40.000 avions à construire d’ici 2030. Les cadences de production n’ont jamais été aussi importantes et cela pose un défi industriel majeur : l’aéronautique doit changer de schéma de production et s’orienter davantage vers le modèle de l’industrie automobile. Ce n’est pas un hasard si Boeing a sollicité Toyota pour la construction de son site de Renton qui produit la nouvelle génération du 737 », souligne Moulay Hafid Elalamy. Voilà qui devrait redonner des ailes à l’industrie aéronautique au Maroc, un secteur qui a réussi à placer le Royaume au 15ème rang en matière d’investissements aéronautiques, ce qui a permis au Maroc d’intégrer le cercle très fermé des pays opérant dans ce secteur. « De nouvelles plateformes agiles et compétitives doivent émerger, le Maroc a été identifié par les leaders comme l’une des plateformes les plus performantes. Le prérequis du travail avec Boeing était de parvenir à un accord qui n’engageait pas de commande publique en contrepartie, l’accord devait être purement industriel. Le Maroc a convaincu sur les 3 principaux critères d’évaluation de Boeing : Qualité, Livraison à temps et Compétitivité », estime Moulay Hafid Elalamy.

Elles sont nombreuses aujourd’hui, les entreprises aéronautiques européennes ou américaines à s’intéresser au marché marocain comme base de production. D’ici quelques semaines, les géants français et américains Thalès et Hexcel, entreront en possession définitive de leurs installations. Le premier y transférera définitivement, une de ses activités les plus pointues, la fabrication additive métallique. La future usine de Thalès devrait s’étendre sur 2.000 m2 pour un investissement de plus de 170 millions de DH, dont 150 millions rien que pour les équipements de production. Mais la réelle valeur ajoutée de ce projet n’est pas dans les chiffres. Elle se situe dans la nature même du process. Il y a encore très peu d’acteurs dans le monde sur la fabrication additive métallique, appelée aussi « impression 3D ». Ce sera l’une des rares usines au monde, et la seule du groupe, à développer cette activité. Le site fabriquera dans une première étape des pièces pour les satellites. Quant à l’américain Hexcel, leader mondial du composite, son usine produira des nids d’abeilles complexes et usinés destinés à l’aéronautique, sur une superficie de 11.000 m2 et un coût de réalisation de près de 200 millions de DH. À partir de sa nouvelle usine de fabrication de canalisations pour l’aéronautique qu’il réceptionnera bientôt, Tecalemit Aerospace, elle aussi, fournira des tuyaux pour les moteurs Snecma, la filiale de Safran. Aujourd’hui, outre les géants européens, ceux d’Amérique du Nord affluent vers la destination Maroc à l’instar de l’Américain Hexcel qui rejoint ainsi Bombardier et les trois autres grands groupes américains dans le secteur, à savoir Boeing qui s’implante en force au Maroc en créant un écosystème qui devra générer un milliard de dollars de chiffre d’affaires supplémentaire à l’export, Alcoa Fastening Systems, filiale du groupe éponyme spécialisé dans l’industrie des fixations aéronautiques et automobiles, et Eaton, le leader international des composants et systèmes électriques, systèmes hydraulique et de transmission. « Nous sommes en train d’écrire la phase 2 du développement aéronautique au Maroc. Cette deuxième étape vise à attirer de nouveaux acteurs mondiaux, de nouveaux métiers et aussi des industries connexes de l’aéronautique et permet au Maroc de devenir une base de haute technologie », analyse Hamid Benbrahim El Andaloussi, ex-président fondateur du GIMAS. Autant de projets qui confirment peu à peu, le statut de plateforme de production du Maroc pour les industriels aéronautiques.

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