Dossier

Label Halal : un périmètre à élargir

Le label Halal marocain gagne en notoriété et ambitionne d’étendre sa portée à d’autres secteurs connectés à l’économie islamique. Après l’alimentaire et les cosmétiques, l’Imanor vise à élaborer un référentiel normatif pour le tourisme Halal où le Maroc dispose d’un énorme potentiel.


Le parcours du combattant Halal de l’Imanor (Institut marocain de normalisation) semble payant. De plus en plus d’entreprises se dotent de son label Halal attestant la conformité à la norme marocaine NM 08.0.800. «L’Imanor a pu créer les conditions nécessaires pour asseoir la crédibilité du label Halal Maroc et garantir sa reconnaissance sur l’ensemble des marchés requérant le statut Halal», annonce Abderrahim Taibi, directeur d’Imanor. Une expertise qui a valu au label marocain d’être connu dans les 57 pays membres de l’OCI (Organisation de la coopération islamique), et d’être officiellement reconnu, en 2015, par l’autorité malaisienne du développement des affaires islamiques «JAKIM», référence mondiale de la certification halal. Les opérateurs marocains pourront dorénavant séduire, entre autres, les marchés malaisien, indonésien et pakistanais. Un atout appréciable vu que rien qu’en Asie, «cela permettra d’approcher 600 millions de consommateurs», estime Abderrahim Taïbi. A ce jour plus de 70 entreprises ont labélisé leurs produits, alimentaires ou cosmétiques. Mais la liste des produits certifiés sera élargie pour d’autres secteurs faisant l’économie islamique, à l’instar des médicaments ou encore le tourisme halal. L’Imanor projette dans ce sens de développer la certification Halal dans le secteur du tourisme pour satisfaire des demandes latentes d’opérateurs marocains de ce secteur à fort potentiel pour le Maroc. L’Institut vise à élaborer un référentiel normatif pour le tourisme Halal en collaboration avec les opérateurs eux-mêmes. D’ailleurs, plusieurs pays lancent des programmes dits «Halal-friendly» adaptés aux touristes provenant de pays musulmans, appâtés par le gain potentiel. Le rapport sur l’économie islamique, édité par Thomson Reuters, confirme le potentiel de ce secteur. En 2014, le volume des dépenses des musulmans dans les voyages à l’étranger a été estimé à 142 milliards de dollars, hors pèlerinages Hadj et Omra, soit 11% des dépenses mondiales dans le secteur des voyages et des excursions. Ces dépenses seraient de 233 milliards de dollars en 2020.

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