Interview

“ Le kilomètre d’autoroute coûte 30 millions de DH au Maroc ”

Anouar Benazzouz, Directeur Général de la Société des Autoroutes du Maroc

 Actuellement à 1416 km, le réseau autoroutier devrait être porté à 1800 km à l’horizon 2016. Anouar Benazzouz, DG de la Société des Autoroutes du Maroc (ADM) revient dans cet entretien sur les sujets préoccupants de son actualité. Propos recueillis par Roland Amoussou


A l’horizon 2016, le Maroc devrait totaliser un linéaire de 1800 km dont 1416 ont nécessité une douzaine d’années. Comment voyez-vous aujourd’hui la cadence actuelle de réalisation ?

La cadence de réalisation est normale. Nous avons un planning que nous suivons. Certes, il y a certaines difficultés de temps en temps sur l’expropriation parce que le process prend du temps, mais il n’y a pas de surprise. Nos entreprises sont habituées à ce type de complication. Nous allons donc terminer les 1800 km en 2016.

Un nouveau plan de développement du réseau autoroutier sur 25 ans verra bientôt le jour. Où en êtes-vous dans la préparation de ce dernier ?

Il s’agit d’un nouveau contrat-programme, et nous sommes à la phase de conception-négociation avec notre Ministère de tutelle et le Ministère des Finances aussi, en vue d’identifier le besoin en capital à injecter à ADM. C’est un processus qui va prendre quelques mois. On communiquera sur cela, une fois qu’un accord définitif sera trouvé. Quant à son entrée en vigueur, nous n’avons pas encore identifié la date. Cela peut être en 2016, en 2022 ou 2023. Pour le moment, on est en train de discuter du contenu de son horizon.

ADM prévoit également de construire des motels sur ses aires de repos. Où en êtes-vous sur ce projet ?

Cela fait partie des nouveaux services que nous sommes en train d’étudier. Le projet de réalisation de motels sur nos aires de repos est encore en phase d’étude. Combien coûte le kilomètre d’autoroute au Maroc par rapport à la France ou aux Etats-unis ? C’est 30 millions de DH au kilomètre au Maroc. Il faut savoir qu’en France cela coûte beaucoup plus cher.

Depuis 2004, année de la signature du premier contrat-programme, ADM a sollicité massivement le marché de la dette, en procédant à une dizaine d’émissions obligataires totalisant un montant de plus de 10 milliards de DH. En parallèle, la société a procédé à presque autant d’augmentations de capital. Mais cela n’a pas suffi pour rééquilibrer sa structure financière. A quand l’équilibre ?

La dette de ADM est évidente parce que l’Etat a décidé de donner 13 milliards de DH pour le réseau autoroutier de 1511km. Nous, à ADM, nous faisons des simulations sur 20 ans , 30 ans et nous n’avons pas besoin de faire une restructuration. On sait que d’ici 2030, la Société des Autoroutes du Maroc aura payé ses dettes, si le réseau autoroutier reste à 1800 km. Notre situation n’est pas dramatique maintenant, parce qu’on la connait. Quant aux injections de capitaux, il faut savoir que cela est déjà défini jusqu’à l’horizon 2016. Nous sommes en train de négocier avec l’Etat du montage financier à suivre en fonction de ses besoins à partir de 2017, c’est-à-dire s’il décide d’augmenter le réseau. C’est donc une discussion avec le Ministère des Finances pour arriver à une situation sereine. Mais, il faut savoir qu’il n’y a pas de problème avec la profitabilité actuelle de ADM.

Et vos projets en Afrique ?

En Afrique, nous nous sommes fixés un objectif, c’est la Côte d’Ivoire. Nous travaillons avec eux sur deux autoroutes que l’Etat ivoirien a mis en service et sur un schéma autoroutier de 1500 km. Il s’agit pour ADM d’aider les autorités de ce pays à identifier les axes prioritaires, c’est-à-dire, faire ce que nous avons déjà fait ici pour les Autoroutes au Maroc. La société des Autoroutes du Maroc est donc fière d’assister le Ministère des Infrastructures ivoirien qui lui fait confiance. Notre mission consiste à assister le ministère ivoirien dans les cahiers des charges et les appels d’offres.  

 

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