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Mobile payment : les opérateurs se frottent les mains

C’est une rude bataille qui est en cours entre le cash, qui ne veut surtout pas disparaître, et le paiement électronique qui est promu à un bel avenir au Maroc.


En effet, en dépit de la digitalisation grandissante des canaux de paiement, force est de remarquer qu’une importante partie des transactions continue d’être réalisée en espèce. Selon l’APEBI (Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring), 80% des transactions au niveau du commerce se font cash au Maroc, du fait surtout d’un secteur informel encore important. Il y a donc fort à faire pour contrebalancer cette tendance. D’ailleurs, lors de la deuxième édition du M-Pay Forum Africa, qui s’est tenue le 03 mai dernier à Casablanca, en partenariat avec l’APEBI dans le cadre du Digital African Tour 2018, tous les participants ont mis un accent particulier sur la généralisation de ce canal de paiement tant au Maroc qu’en Afrique subsaharienne. Placé sous le thème «Digitalisation des moyens de paiement, quelle stratégie adopter?», cet événement a notamment servi de cadre aux experts et aux opérateurs de ce secteur pour réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre pour accélérer le développement du mobile payment. Soulignons que le Maroc n’est encore qu’à ses débuts en matière de mobile payment. Bank Al-Maghrib a en effet commencé à délivrer ses tous premiers agréments aux opérateurs. Les banques aussi se sont positionnées sur ce segment. Et, la Banque Centrale Populaire (BCP) est la première banque de la place à avoir donné le coup d’envoi avec sa solution de paiement mobile « Bpay », qui est un portefeuille électronique, adossé à un compte bancaire permettant de réaliser des opérations de transferts d’argent et de paiement.

Interopérabilité

« Nous pensons que ce mode de paiement représente un enjeu important pour le Maroc. Nous avons les moyens, nous avons aussi un taux de pénétration d’Internet qui est très important et un taux d’utilisation du téléphone mobile très important aussi. Par contre au niveau de la bancarisation, nous avons un taux qui reste encore faible, ce moyen de paiement va permettre d’augmenter ce taux », a souligné Saloua Karkri-Belkeziz, présidente de l’APEBI, en marge du Mpay Forum. « Avec le paiement mobile, nous allons pouvoir réduire la circulation du cash. Cela permettra aussi de donner la possibilité à des populations marocaines qui sont très loin des grandes villes et qui ne sont pas bancarisées, d’avoir accès aux services financiers. Donc, même si nous avons un retard par rapport à d’autres pays comme le Kenya, le Nigeria, nous pensons que nous pourrons rattraper ce retard rapidement », a-t-elle ajouté. Mais, il y a encore un défi de taille, l’interopérabilité. Sur ce plan, les participants ont appelé banques et opérateurs télécom à travailler main dans la main. « Avec 44 millions d’abonnés mobile au Maroc, les opérateurs pèsent sur ce nouveau modèle de paiement, ce qui plaide pour de nouveaux leviers de bancarisation via des filiales dédiées, ou autres solutions et dispositifs», a estimé la présidente de l’APEBI. Rappelons que le potentiel de ce nouveau marché est énorme, puisque pas moins de 400 milliards de DH de paiements en cash sont effectués au Maroc annuellement.

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