Entreprises & Marchés

Or Cash réajuste son business model


Rachat de l’or.  Il y a deux ans, en pleine envolée des cours, Or Cash a commencé à déployer son concept de magasins de rachat de bijoux en or et pierres précieuses. Mais aujourd’hui, avec la chute spectaculaire du métal jaune, l’entreprise est obligée de revoir sa stratégie. par Roland Amoussou

Le marché de l’or a le moral bas. Depuis plus de deux ans, le cours de l’or n’a cessé de baisser à l’international. Une chute qui a un impact sur le marché local, même si celui-ci n’est pas arrimé sur le cours international. En effet, les Marocains ont vu la valeur de leurs bijoux et autres objets en or fortement dépréciée à la revente, ces derniers temps.
Par exemple, un collier en or acheté à 500 DH le gramme, il y a à peine un an, coûte actuellement entre 250DH et 270 DH le gramme à la revente alors qu’il atteignait la barre des 350 DH, il y a encore quelques mois. Une situation qui n’encourage pas les Marocains à vouloir vendre leurs précieux bijoux de famille, si ce n’est en cas d’extrême urgence de cash. «A chaque année, on ne sait pas si on va rester ou si on va quitter», souligne David Bendelac, responsable administratif de la société Or Cash, spécialisée dans le rachat des bijoux en or et autres pierres précieuses auprès des particuliers. Même si le concept développé par l’entreprise, basé sur la transparence, et permettant aux particuliers de débloquer rapidement de l’argent(du cash) en toute légalité, attire beaucoup la clientèle, David Bendelac reconnaît néanmoins, un contexte difficile actuellement. La preuve, et même s’il n’a pas voulu dévoiler le chiffre d’affaires de l’entreprise, il avoue quand même qu’il s’est un peu contracté, compte tenu de la conjoncture qui règne dans le secteur.
A tel point, que l’entreprise a dû fermer sa boutique à Marrakech. Mais, David Bendelac attribue cela à un manque de personnel qualifié sur place. «Dans ce métier, il faut des gens de confiance et bien qualifiés, parce que ce qui est en jeu est énorme », soutient-il. Or Cash a dû également mettre fin à son partenariat avec Carrefour, qui lui permettait de disposer de locaux à Rabat et Salé pour son activité. L’objectif désormais est de, principalement, se recentrer sur Casablanca selon le management, alors qu’au départ, Or Cash voulait étoffer son réseau avec l’ouverture prévue de 25 nouveaux magasins à travers le Maroc, l’achat de deux camions lui permettant de parcourir le pays à la recherche de pierres précieuses et aussi élargir son partenariat à Marjane. En effet, après trois ans d’existence dans le Royaume, l’entreprise repense sa stratégie de développement.

Repositionnement

« On veut dorénavant, se développer à travers une stratégie de concessions. Cela veut dire que nous sommes prêts à fournir la formation et tout l’accompagnement nécessaire à la personne qui souhaite ouvrir une concession », explique le responsable administratif de Or Cash, qui ajoute que ce repositionnement n’est pas le fait d’une quelconque conjoncture dans le secteur, mais plutôt, réflète la nouvelle vision de l’entreprise dans le Royaume. Or Cash vise également à diversifier son offre pour mieux satisfaire sa clientèle. Au lieu de se concentrer uniquement sur le rachat de l’or, la société propose désormais aux particuliers, à qui elle ne peut pas racheter les bijoux, de leur fournir une aide pour la vente.
Or Cash vient donc de créer une page Facebook sur laquelle elle poste les photos de ces bijoux. Ainsi, lorsqu’une personne se montre intéressée, l’entreprise établit le lien entre le vendeur et l’acheteur. « Au fil du temps, nous avons réussi à générer une clientèle haut de gamme, notamment la bourgeoisie casablancaise, qui nous fait confiance », se réjouit David Bendelac. Soulignons que l’entreprise est aussi confrontée à un autre problème, concernant la qualité de l’or marocain qu’elle juge très moyenne. « La plupart des 18 carats n’est pas du 18 carats. La teneur en or est faible surtout pour l’or marocain. L’or au Maroc ne correspond pas à 750 millièmes d’or pur au gramme. L’or qu’on nous apporte ici est de l’ordre de 600-650 millièmes. Cela fait que nous sommes perdants à l’achat. Du coup, face à cela on essaie de discuter du prix avec nos clients», fait remarquer un collaborateur de David Bendelac. A ce sujet, le management de l’entreprise explique qu’il a envoyé un dossier aux autorités compétentes et qu’il attend la réponse. « Vous savez, on n’est pas des philanthropes. On ne travaille pas pour perdre de l’argent », résume David Bendelac.
Cependant, Or Cash ne baisse pas les bras. L’entreprise mise beaucoup sur une communication intensive pour renforcer sa position sur le marché. Selon le responsable administratif, un budget de 100.000 DH est trimestriellement réservé pour la publicité.


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