DossierInterview

Pour un contrat-programme pour les exportations

l’Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX) est un acteur incontournable pour le renforcement de notre position sur le marché international. Elle souhaite être plus impliquée dans la préparation de la nouvelle stratégie et d’élargir le champ de la convention la liant au ministère du Commerce extérieur.  propos recueillis Par  A.A.

Quel est le degré d’implication de l’ASMEX dans la préparation de la stratégie relative au plan national pour le développement et la promotion des exportations ?
L’ASMEX a été impliquée dans la stratégie Maroc Export Plus, arrivée à son terme à la fin de l’an passé. Le ministère du Commerce Extérieur prépare actuellement une nouvelle stratégie par le biais du cabinet Baker & McKenzie. L’étude est bien avancée et ses résultats seront connus prochainement.
Bien que l’ASMEX représente les secteurs exportateurs marocains, celle-ci n’a été ni associée, ni consultée dans la réalisation de cette étude.


Le secteur des exportations est quasiment le seul qui ne dispose pas de son contrat-programme. Quelles explications-donnez-vous à cet anachronisme ?
Nous avons signé avec le ministère du Commerce Extérieur, une convention pour le développement et la promotion des exportations marocaines. Néanmoins, cette convention est limitée par rapport aux attentes et défis auxquels sont confrontés les exportateurs du Royaume. Nous souhaitons ainsi élargir son champ d’application afin de mieux accompagner nos membres et contribuer à augmenter la valeur ajoutée de leurs produits et services sur les marchés internationaux. Par ailleurs, l’ASMEX est disposée à signer un contrat-programme avec l’Etat pour développer les exportations à l’occasion des prochaines Assises Nationales de l’Exportation, un événement programmé par l’ASMEX.

Que pensez-vous des programmes d’audit à l’export et des contrats de croissance, pour lesquels l’ASMEX se positionne afin de les vulgariser à l’extérieur ?
Le succès du programme d’audit a été mitigé pour différentes raisons. Les entreprises n’ont pas souhaité recourir à cet audit et son coût relativement faible n’a pas été attractif auprès des consultants.
A contrario, les contrats de croissance ont rencontré un franc succès et permis d’accompagner 274 entreprises. Ces derniers ont toutefois quelques faiblesses, notamment la nécessité de réaliser un chiffre d’affaires additionnel de 15% chaque année pour toutes les entreprises inscrites au programme. Cette exigence a constitué un réel handicap pour plusieurs sociétés.
La liste réduite des rubriques éligibles au financement et la non-notification aux services concernés de tout changement du plan d’actions, ont également empêché un certain nombre d’entreprises d’être maintenues dans le programme.
Je rappelle à cette occasion que l’ASMEX n’a pas cessé, depuis le lancement de ce programme, de réclamer sa domiciliation auprès de l’association en vue de fluidifier et simplifier sa gestion.

Quels sont les principaux axes qui font partie du programme d’action de l’ASMEX ?
Plusieurs chantiers ont été lancés par l’ASMEX pour accompagner efficacement ses membres, notamment le projet de création d’une plate-forme virtuelle afin d’exposer les produits et services marocains 7j/7 et 24h/24. Cette initiative vise à accompagner et suivre les efforts des organes de promotion commerciale dans l’organisation des foires et salons physiques.
Un autre chantier majeur concerne le développement de l’offre exportable régionale via la mise en place d’antennes et l’élaboration de plans d’actions pour accompagner les exportateurs régionaux.
Citons aussi l’accompagnement des primo-exportateurs à travers l’Accélérateur de Commerce Extérieur pour contribuer à renforcer la liste des exportateurs réguliers, la prospection de nouveaux marchés pour nos exportations vers l’Afrique de l’Est, l’Asie et le Canada, entre autres, ou encore le développement des exportations de produits marocains halal qui connaissent une croissance importante à l’échelle mondiale. Par ailleurs, d’autres chantiers clés sont en cours de programmation et nous ne manquerons pas de les présenter prochainement.

Article précédent

Jawad Sqalli, nouveau PDG d’Aluminium du Maroc

Article suivant

Marsa Maroc dope ses ambitions