Blog de Jamal Berraoui

Que faut-il faire des Adlistes ? par ( Jamal Berraoui )

« Al Adl Wal Ihsane » est officiellement une organisation interdite mais tolérée, c’est un non sens du point de vue de l’Etat de droit. Cette organisation a pignon sur rue. Son organigramme, ses responsables sont connus publiquement.


 C’est une organisation qui ne veut pas reconnaître la commanderie des croyants et considère les institutions comme illégitimes. C’est en s’appuyant sur un mélange de mysticisme, d’associations d’entraide qu’elle fait de la politique.

Nous savons tous qu’elle est dans un projet à l’Iranienne. C’est-à-dire une révolte populaire. Sauf que le 20 février est passé par là. Les Adlistes n’ont pas pu entraîner les jeunes, les autres courants politiques, dans une contestation de la monarchie. En se retirant, ils ont tué le mouvement du 20 février, parce qu’ils constituaient l’essentiel des troupes. Ce faisant, ils ont démontré un certain sens politique. Ils ont pris acte du fait que les marocains, même excédés par les défaillances de la gouvernance, n’étaient pas prêts à une aventure où les violences prendraient le dessus.

Cette organisation vit une transition difficile. L’aspect mystique est très fortement ébranlé. Cheikh Yassine, a été remplacé par un homme qui n’a pas son charisme. Le leader défunt était pour ses ouailles presque un nouveau prophète. On lui prêtait la capacité de traverser les murs, de se faire téléporter par les anges. Cet aspect de la confrérie est fini. El Abbadi est loin de susciter la même passion irrationnelle.

Sur le plan politique, « Al Adl Wal Ihsane » est fortement présent dans les syndicats, en particulier le CDT et au travers des associations qu’elles soient professionnelles ou caritatives.

Le fantasme qui consiste à croire qu’ils sont la première force du pays ne s’appuie sur aucun élément objectif. Ils perdent du terrain, enregistrent des défections et ont du mal à se situer entre le PJD, la Salafya Jihadia.

La situation actuelle est anormale. Le meilleur moyen politiquement de les mettre face à leur responsabilité, c’est de les légaliser, malgré leur refus d’obtempérer aux règles administratives.

Cela aura pour impact direct de les mettre  en pleine lumière, mais aussi de les priver de l’argument de communication d’une organisation réprimée. Annahj, est légal, sur les mêmes positions politiques. Les institutions marocaines sont assez fortes pour supporter ces aspérités. Légalisons-les et laissons le débat public faire son œuvre. Ils sont en perte de vitesse, c’est le meilleur moment.

Challengenews
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