Economie

Quelles opportunités à saisir pour les entreprises en 2017

2017 s’annonce comme l’année de la reprise économique pour le Royaume. Selon les prévisions, la croissance devrait se situer entre 3% et 4% portée par une campagne agricole prometteuse. Les différents chantiers lancés dans le cadre de la stratégie d’accélération industrielle et leurs aboutissements encouragent également cette reprise de l’économie nationale. Concernant les facteurs exogènes, on note la bonne dynamique des principaux marchés subsahariens sur lesquels les entreprises marocaines sont présentes, et aussi la mise en œuvre des multiples conventions de partenariat conclues par le Maroc sur le continent. De même, la reprise de l’économie mondiale vient conforter cette tendance. Ainsi, pour décrypter la situation, l’Association pour le progrès des dirigeants (APD) a organisé le 24 janvier à Casablanca une rencontre haute en couleurs, qui a réuni d’éminentes personnalités du monde économique notamment. Les intervenants, au rang desquels on peut citer Driss Benhima, ex-PDG de la Royal Air Maroc, Mehdi Tazi, entrepreneur et ex-PDG de Saham Assurance, Amine Benkirane, président de Kitea, Mohamed Ben Aouda, directeur général de la Société nationale des Transports et de la Logistique (SNTL) ou encore Moncef Belkhayat, PDG du groupe Dislog, ont livré leurs analyses de la situation économique, et évoqué les perspectives et défis qui s’imposent au secteur privé en 2017.


Driss Guerraoui, secrétaire général du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE)

« Il faut mettre l’accent sur le capital immatériel »

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Il est important de prendre en compte la situation singulière nationale et internationale. Les économies et les sociétés sont rentrées dans une période charnière qui aura des conséquences, à la fois, sur notre pays, ses entreprises, et sur le monde. Ceci nous incite à réellement changer de paradigme pour comprendre l’environnement dans lequel évolue aujourd’hui notre économie. Selon les experts et les économistes, la relance de la croissance devient déconnectée des mesures de politique économique classiques. Ce qui fait de plus en plus la différence, ce sont les composants du capital immatériel, à savoir le capital humain, le capital social et le capital institutionnel (Education, Formation, Innovation, la confiance et la gouvernance).


>> Moncef Belkhayat, PDG du Groupe Dislog

« Il faut encourager l’investissement »

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D’abord, il faut mettre les choses dans leur contexte. Nous sortons de trois années difficiles. Je pense que 2017 s’annonce sous de bons auspices, et permettra au Maroc de redémarrer avec un taux de croissance entre 4 et 5%. Maintenant, il faut encourager l’investissement. On a besoin très rapidement d’un gouvernement avec une Loi de finances incitative. Le travail qui a été fait par notre ministre de l’Industrie pour relancer l’investissement au niveau de l’industrie, notamment l’aéronautique et l’automobile, doit être poursuivi pour attirer les grands mondiaux de ces deux secteurs au Maroc. Ces derniers vont créer un écosystème de bons de commandes autour d’eux. Il faudrait donc que les entrepreneurs se préparent par rapport à ces écosystèmes qui sont en train d’arriver.


>> Patrick Dupoux, Managing partner de BCG Casablanca

«Il faut un choc de confiance»

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En termes de conditions à réunir pour se développer, le Maroc est très bien parti. Au niveau des infrastructures, le Maroc a déjà franchi cette étape avec les réalisations qui sont déjà là et celles qui sont en cours. On a un niveau de développement des infrastructures qui est complètement au-dessus de ce qu’on trouve dans les pays ayant le même PIB que le Maroc. En ce qui concerne la compétitivité, le classement du Doing Business montre que le niveau évolue. Je pense qu’il y a, néanmoins, nécessité de réinvestir dans le soft, c’est-à-dire dans l’éducation, dans la fiscalité comme un outil de compétitivité des acteurs marocains. Il y a aussi nécessité de réfléchir sur les accords de libre-échange pour qu’ils soient au service de la compétitivité et du développement du pays. Il faut également réfléchir sur les réglementations.


>> Amine Benkirane, président de Kitea

«Les entreprises marocaines doivent aller à la conquête de nouveaux marchés en Afrique»

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Il est vrai que tout n’est pas rose, mais ce qui est fait est déjà très bon. En tant qu’entrepreneur, il y a une seule question qui me préoccupe en ce début d’année : Quels sont les marchés à saisir ? Etant au Maroc, nous nous fixons sur le marché marocain. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’aujourd’hui, nous sommes en train de voir une société marocaine en mutation. Et elle continuera de changer comme toutes les autres sociétés. On dit aujourd’hui que la moitié de la population marocaine a moins de 21 ans, cela veut dire que dans les dix prochaines années nous allons assister à la plus grande création de foyers au Maroc. Cela engendre donc un certain nombre d’opportunités.


>> Driss Benhima, ancien ministre et ex-PDG de la Royal Air Maroc

«Réduire les charges fiscales et les charges sociales pour les entreprises»

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Je dois dire que la situation économique de notre pays est totalement alarmante. La croissance industrielle est en baisse tendancielle à cause de la mondialisation naïvement négociée, sans s’intéresser à la dissymétrie entre les environnements sociaux et fiscaux des deux côtés de la méditerranée. Quelle bonne façon d’entrer dans la mondialisation que de dire qu’on ouvre ses frontières pour pouvoir exporter, sans vérifier l’environnement fiscal, social, administratif de ceux qui sont plongés dans le marché mondial. Nous sommes dans un pays qui a une grande protection sociale. Le poids fiscal sur les salaires reste important. Même si les salaires demeurent inférieurs à ce qu’on peut trouver ailleurs, le coup des charges pour les entreprises est quasiment au même niveau que ce qu’on peut trouver en Europe.


>> Mohamed Ben Aouda, directeur général de la SNTL

«Mettre un accent sur la valorisation du capital humain au sein de l’entreprise »

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En tant qu’entrepreneur, nous agissons sur un marché. Nous avons des contraintes réglementaires et nous sommes aussi couplés à la politique, parce que la Société nationale des transports et de la logistique est sous tutelle d’un ministère. La SNTL a fait 15% de croissance en 2015 et 20% en 2016, grâce à la libération et la valorisation du capital humain, à travers la formation… Parmi les principaux résistants au changement au sein des entreprises, il y a souvent le comité de direction, parce que nous nous accrochons à un statut, et nous devenons prisonniers de nos égoïsmes. La valorisation du capital humain a permis de donner de l’impulsion au dynamisme de l’entreprise.


>> Mehdi Tazi, entrepreneur et ex-PDG de Saham Assurance

« Les entrepreneurs marocains doivent avoir une vision plus large du marché africain »

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En termes d’opportunités, je pense à l’Afrique. Le continent est un marché immense, et il faut y aller avec beaucoup de tact. De mon point de vue, il faut y aller aussi avec une approche différente de celle que nous avons aujourd’hui en tant que Marocains, en tant qu’opérateurs économiques de ce pays. Pour le Marocain, l’Afrique, c’est le Sénégal, le Mali, la Guinée, un peu la Côte d’Ivoire, le Burkina-Faso. En réalité, l’Afrique c’est le Nigéria avec près de 200 millions d’habitants, l’Ethiopie avec 80 millions d’habitants et une croissance au-delà de 8% depuis cinq ans, c’est la Tanzanie avec ses 45 millions d’habitants, ce sont aussi les pays de l’Afrique de l’Est.


>> Hassan Laaziri, PDG de CDG Capital

«L’acte d’investissement est pénalisé»

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Le Maroc s’est inscrit dans une économie de marché, et c’est la seule économie qui nous permet aujourd’hui de développer un écosystème entrepreneurial, parce que les mouvements de la mondialisation permettent de créer de nouvelles opportunités. L’économie de marché permet de faire bouger les chaînes de valeurs. Beaucoup s’alarment à cause du Brexit, de l’Inde, de la Chine, de l’élection de Donald Trump, mais avec le temps on apprend à relativiser ces événements.


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