Interview

Volvo reste un précurseur de la sécurité et garde une longueur d’avance

À l’occasion du lancement du nouveau SUV compact Volvo XC 60, Wahid El Kadiri, directeur général de Scandinavian Auto Maroc, importateur exclusif de la marque Volvo, a bien voulu répondre à nos questions sur son produit phare, sa marque et le passage, dans un avenir assez proche, aux motorisations propres. Morceaux choisis.


Challenge : Pour 2020, Volvo a annoncé aucun mort dans ses voitures à la conduite. Pensez-vous que l’on peut y parvenir ici au Maroc ?   

Wahid El Kadiri : Lorsqu’on parle de zéro mort, on parle du monde entier en prenant en compte une réalité. Certains pays, comme l’Inde par exemple, sont beaucoup plus critiques en matière de circulation. Cet objectif est atteignable au Maroc, vraiment je ne m’inquiète pas. Et je tiens à préciser que lorsqu’on parle de zéro mort, c’est en termes d’accident et donc d’accidents entre voitures, c’est-à-dire dans une situation de circulation.

Quels sont les arguments forts qui font que l’on achèterait une Volvo plus qu’une marque concurrente ? La sécurité ?

Lorsqu’on achète une voiture, c’est l’émotionnel qui joue et l’effet coup de cœur. On parle donc de design. Certains vont préférer celui du Volvo XC 60, d’autres opteront pour celui BMW X3 alors que le design du XC 60 vient d’être entièrement renouvelé… Affaires de goût. Reste que si l’on se focalise sur la mécanique et l’aspect sécurité, Volvo reste un précurseur en la matière. Dans ce domaine, on était sur ce créneau avant tout le monde et l’on garde une longueur d’avance.

Le Volvo XC 60 vient d’être lancé au Maroc, quelles sont vos ambitions avec ce nouvel opus en termes de volume ou de parts de marché ?

En vitesse de croisière, on va s’approcher de l’ancien XC 60 avec environ 500 unités par an quoique, pour la période de lancement, on reste un peu limité par les quotas car il s’agit d’un nouveau modèle. Forcément, il y a une incidence sur le prix par rapport à l’ancienne génération. Elle se chiffre aux alentours de 100.000 DH, voire plus.

Ne pensez-vous pas que cela puisse être un handicap pour la réussite du lancement commercial du nouveau XC 60 ?

Non, car il y a toujours l’effet nouveauté qui joue et les technologies dernier cri restent un plus. Prenez l’ancien modèle par exemple, il existait aussi des écarts de prix. Les acheteurs de l’ancienne génération qui, par le passé, ont fait l’acquisition d’un modèle à 500 000 DH, basculeront certainement sur la nouvelle génération. En revanche, je ne suis pas sûr de retrouver ceux qui «up-gradaient» d’un généraliste vers un XC 60 de 400 000 DH, car nous avons une nette inflation de prix.

Est-ce que vous pensez incarner aujourd’hui un nouveau premium et non un premium par défaut, comme à une certaine époque lorsqu’on se rabattait sur Volvo à défaut de pouvoir accéder aux produits allemands ?

Oui, aujourd’hui la philosophie a complètement changé : on attaque désormais en frontal. Et l’on se positionne d’égal à égal, voire au-dessus. Sous l’influence de notre actionnaire chinois Geely, c’est par le haut de la gamme que Volvo a débuté son offensive avec le renouvellement de la famille 90, berline et break puis de notre gros SUV XC 90. Ce dernier a commencé à faire ses preuves, le succès est là, les usines sont en pleine capacité….

Vous n’avez pas de délai d’attente ici au Maroc ?

Non, nous sommes bien lotis et l’on s’y prend à temps pour faire nos demandes à la maison mère. Ce n’est pas non plus dans la politique de Volvo de favoriser certains marchés ou certains pays par rapport à d’autres.

La volonté annoncée de Volvo de mettre fin à la commercialisation de modèles Diesel d’ici 2020 et de passer à l’hybride, vous parait-elle réalisable ici au Maroc ?

Avec le ministère, nous sommes en train d’y travailler activement pour pouvoir y passer. Cela ne pourra se réaliser que lorsque le différentiel de prix entre un hybride et un diesel se limitera à 5 % et non à 35/40 % comme aujourd’hui. Nous devons rendre l’hybride économiquement viable, car tous les constructeurs disposent de produits hybrides dans leur catalogue.
Nous essayons donc avec les autorités de faire avancer des projets : soustraire une partie de la TVA, travailler sur la taxe carbone, sur des bonus-malus. Il s’agit d’initier les incitations fiscales qui permettront au marché de basculer du diesel à l’hybride.

On pourrait donc impulser une amorce sur le véhicule propre ici au Maroc ?

Oui, quel que que soit le type de motorisation : hybride ou électrique. Pour commencer, je pense que cela passera par de l’hybride car l’électrique demande des bornes et des infrastructures pour lesquelles une intervention de l’Etat est indispensable.


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