Blog de Jamal Berraoui

Juste de la bêtise humaine

Le jour où les ministres Istiqlaliens ont présenté leur démission, la « Une » a choisi de ne pas en dire un mot dans ses bulletins d’information. Les fantasmes sont ressortis, c’est sûrement un « appel téléphonique » nous dit-on.


Pourquoi est-ce que des proches du Roi voudraient occulter une telle information ? Sont-ils aussi têtus, pour ne pas voir que ladite information, relayée par tous les autres médias, par Internet était connue de tout le monde ? Connaissant la faiblesse de l’impact de la « Une », y a-t-il un seul responsable dans ce pays pour croire qu’une information censurée sur son écran, perd de sa pertinence ?

Je ne crois pas une seule seconde à ces balivernes. Le couple à la tête du pôle public alimente un vrai fantasme qui sert ses intérêts personnels, celui du contrôle de forces obscures. Ils laissent entendre qu’ils ont un cahier de charges particulier, qui les relie au cœur du pouvoir. Nonobstant le débat sur la vocation des Médias publics qui, en démocratie, appartiennent à la collectivité qui les finance, c’est faux. Ce fameux cahier de charges n’a jamais été rendu public. La seule information qu’on a, c’est que concernant les activités royales, la « Une » reçoit un prêt à diffuser, qu’elle n’a pas le droit de modifier. Pour le reste, cela relève de la responsabilité éditoriale des deux chaines.

Reprenons notre question : Quel intérêt y avait-il à censurer l’information sur la démission des ministres de Chabat ? Aucun, sauf si l’on voulait ridiculiser, encore plus, la direction de la SNRT. Même les tenants de la théorie du complot permanent n’arrivent pas à esquisser un scénario, très faiblement vraisemblable.

Le couple en charge de l’audiovisuel public depuis 1999 utilise ce fantasme et l’alimente. Il présente une proximité humaine réelle comme une proximité professionnelle qui est non avérée. Dès lors, ils ne sont responsables de rien, ni du contenu de la programmation, ni des difficultés financières.

Bien sûr que la solution c’est la démocratisation des Médias publics, mais en attendant, rien ne nous oblige à supporter l’incompétence absolue. Car quel que soit le cahier de charges, même occulte, on ne peut l’imaginer comme un blanc-seing pour la manifestation de la bêtise humaine la plus crasse.

Ce problème aurait pu être tranché, quand ces mêmes responsables à géométrie variable se sont soulevés publiquement contre le ministre de la communication, ce ne sont que des commis de l’Etat qui ne peuvent se mettre au niveau d’un gouvernement issu de l’expression de la souveraineté populaire. Au-delà des incohérences du projet de cahiers de charges de Khalfi, de leur conception de l’indépendance des médias, il aurait fallu dénoncer collectivement le coup de force du binôme. Parce qu’on ne l’a pas fait, les télés publiques continueront à saigner le contribuable, à baisser dans les mesures d’audience, à désinformer. Par pure incompétence, et nullement parce qu’il y a un carcan d’instructions, dont l’idée même ne sert qu’à préserver la carrière des responsables. Ils ont tué les deux chaines, le jour où ils ont imposé le pôle public, se créant une situation de rente, au détriment des intérêts du pays.

 
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