Sport

A tête reposée

1998 est l’année où Sepp Blatter a été élu à la tête de la FIFA, en lieu et place du sinistre Joao Havelange qui, désormais paye le prix de ses erreurs et compromissions. Il a été écarté l’an dernier de tout mouvement sportif pour faits graves et corruption. On se demandera pourquoi et comment durant son long règne et quatorze ans après son retrait de la présidence de la FIFA, il n’a jamais été inquiété ni sommé de répondre de ses actes.
Quasi nonagénaire, on l’a jugé trop âgé pour être désormais traduit en justice. On l’a donc prié de ne plus se manifester publiquement ce qui, pour un homme habitué pendant près d’un siècle aux honneurs et privilèges, doit être une horrible punition.
Donc en 1998, c’est Blatter qui arrive sur le trône mondial du sport roi.
N’y voyez aucune coïncidence malicieuse, mais 1998 fut aussi l’année de la dernière apparition de notre équipe nationale en phase finale de la Coupe du Monde.
En 2002, nous fûmes éliminés par le Sénégal. A l’époque, le coach des Lions de l’Atlas s’appelait Coelho, célébrissime portugais.
Quatre années plus tard, c’est sous la conduite de Zaki qu’on fut éliminé du Mondial 2006.
Pour l’édition de 2010, celle de l’Afrique du Sud, on s’arrangea pour façonner une élimination en grand. Ils se mirent à 6 coaches nationaux pour signer une piteuse disqualification.
Il y eut d’abord Roger Lemerre secondé par Fathi Jamal, et qui après 3 matchs ratés (Gabon, Cameroun, Togo) furent remplacés par Moumen, Naciri, Sellami et Ammouta…
Arrive l’édition 2013, édition brésilienne lourde de symboles et de fantasmes. Là, notre élimination allait prendre du temps et commencer très loin dans le temps.


Cloué au pilori

En septembre 2010, arriva Gerets, véhiculant avec lui ses terribles mystères sur un salaire que l’on disait mirifique, et qui allait très vite être cloué au pilori.
Lorsque, en mars 2012, commencèrent les éliminatoires pour le Brésil 2014, c’est un Gérets affaibli par une CAN « relativement » ratée, avec une fédération régulièrement questionnée par le Parlement et vilipendée par l’opinion publique qui s’effondrèrent en Gambie sur un score nul qui nous mit d’entrée, derrière la Côte d’Ivoire qui, elle, n’avait pas raté son entrée face à la Tanzanie. Un an plus tard, et alors que les Lions de l’Atlas, selon une formule qui allait faire flores, n’était pas « mathématiquement » éliminés malgré un autre nul (cette fois-ci, contre la Côte d’Ivoire à Marrakech) Gerets rendit son tablier.
En septembre, Rachid Taoussi, préféré à Zaki, Amri et Fakhir, fut choisi pour conduire les Lions de l’Atlas. Le reste appartient à l’Histoire du foot national.

Les leçons et la vision
Un an plus tard… le temps passe vite. Taoussi est en fin de contrat.
Sur le papier, il n’en aurait plus que pour quelques jours avant que de faire ses valises.
Son départ est d’ailleurs réclamé à cor et à cris et les sempiternels débats sur sa reconduction ou son limogeage définitif font rage et divisent ses partisans (rarissimes) et détracteurs (aussi nombreux que les sacs plastique qui encombrent nos paysages).
Ainsi donc, quelques jours après notre élimination de la Coupe du Monde, la quatrième d’affilée, nous voilà retombés dans nos vieux travers qui ne nous ont déjà fait que trop de mal.
Au-delà du maintien de Taoussi, ou de son renvoi, la seule question qui vaille d’être posée est comment trouver l’équipe qui nous requalifierait, dans quatre ans en phase finale de Coupe du Monde.
En 2018, la grande kermesse du foot aura lieu en Russie, les éliminatoires ne reprendrons qu’en 2016 mais ce n’est pas une raison de ne pas commencer à bâtir dès aujourd’hui.
Une ébauche d’équipe épatante a été alignée l’autre samedi à Abidjan. Une équipe qui nous a rendus encore plus amère notre élimination mais qui en même temps, dessine déjà les contours de la future formation des Lions de l’Atlas. Notre équipe nationale va entrer dans un long tunnel, la CAN 2015 étant organisée au Maroc, nous n’aurons aucun match officiel durant deux ans.
Il nous faut donc réfléchir au meilleur moyen de préparer le rendez-vous continental avec le plus grand sérieux.
Pour cela, au lieu de tout recommencer à zéro, avec des cadres nouveaux, il est souhaitable de laisser Taoussi continuer son travail, certes en le recadrant, et en gommant les erreurs et enfantillages qui ont alourdi son bilan.
Force tout de même est de reconnaitre que tout ce qu’a fait Taoussi n’est pas mauvais. Le match d’Abidjan en témoigne et soulignons que la plupart des intéressés (les joueurs de l’équipe nationale) ont souhaité son maintien.
Certes, on peut y voir malice et penser que Taoussi et son staff les auraient poussés, d’une façon ou d’une autre à clamer leur soutien, mais plus logiquement, celà nous parait être la solution la plus sage.
Répétons-le, le temps passe vite, et 2015 c’est demain.
Une bonne CAN, en cette année-là, nous boosterait pour entamer en 2016 la route du Mondial 98.
Un mondial que l’on retrouverait, in chaâ Allah, après 20 ans d’absence.
Une absence anormale, préjudiciable à notre image mais que nous-mêmes, par les mauvaises décisions que l’on sait (changement fréquent d’entraîneur, instabilité, perte de confiance et tutti quanti) avons largement favorisée.
2018, peut être que l’ami Blatter sera encore là, lui qui en 98 avait dit qu’il ne resterait pas président plus de huit années.
Il en est déjà à 15 ans de pouvoir et pour ceux qui ne seraient pas contents, il a annoncé que pour 2022, la Coupe du Monde organisée au Qatar serait «peut-être » une erreur.
2022, c’est dans huit ans, autant dire tout de suite.
Raison de plus pour ne pas perdre de temps et surtout profiter de cette opportunité qui nous permet de travailler à tête reposée.
Avant le grand rendez-vous de la CAN 2015. 

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