Nécrologie

Abdallah Chaqroun : un grand artiste qui part

Son nom a déjà habité le cœur et la mémoire des marocains depuis des décennies. Ses travaux ont contribué à l’élévation du gout artistique collectif de plusieurs générations dans notre pays, ses créations ont été jouées dans les studios des radios et sur les planches des théâtres avec amour par ceux qu’ils ont toujours considéré comme un père, un maître et souvent comme un ange gardien. Son sourire exprime la beauté de son âme et le contact avec lui ne produit que les énergies positives. Les grands intellectuels sont souvent des vrais modestes dans leur relation à autrui, à la culture et aussi à la beauté des expressions. Ils ne parlent jamais de leur personne avec un Gand « Je », ils laissent leurs travaux créatifs et ceux qui les ont connus parler d’eux. C’est ainsi que cet homme dont le nom a habité notre mémoire a vécu parmi ses concitoyens et les a quittés en leur laissant un patrimoine culturel d’une très haute valeur. Ce sont des centaines de créations théâtrales que Abdallah Chaqroun a laissé vivantes, toujours actuelles et devant meubler les programmes des radios et télévisions pour contribuer à la formation des générations actuelles et futures. Le nombre d’années qu’il a passé dans les studios et devant des pages blanches qui finissent par recueillir les essences que son esprit produit ont émerveillé ses camarades et ses élèves. Sa fidèle accompagnatrice et grande artiste, Amina Rachid connaît ce grand artiste et ne peut cacher son chagrin. Elle perd un ami, un maître, un doux mari et un grand fidèle aux principes de l’engagement nationaliste et culturel.


Ce natif de Salé a fait des études au Maroc et en France pour asseoir son savoir et bâtir un socle professionnel qui allait faire de lui une source intarissable en matière de création pour le théâtre. Il aussi dirigé d’une manière artistique et hautement humaine beaucoup de services, de divisions et de directions avant de prendre la tête de l’union des radios et télévisions arabes attachée à la Ligue des États Arabes à Tunis. Au Caire, les fonctionnaires et les représentants des États membres de cette ligue lui témoignent un respect et reconnaissent sa grande culture. Celle-ci n’est pas seulement faite de sa capacité à maintenir pendant des années un rythme constant dans la création théâtrale, mais aussi de sa maîtrise d’une plume et de production de plusieurs livres dont le dernier a été publié en 1988 « À l’aube du théâtre arabe au Maroc » et le premier en 1953 « L’art de la radio, Tétouan ». Les autres livres ont porté sur « Le théâtre à la télévision et à la radio » (1984), « Les droits d’auteur à la radio et à la télévision » (1986) et sur « La poésie malhoun à la radio » (1987).

Ses proches qui ont eu la chance d’être nourris au quotidien par son savoir et ses souvenirs ne peuvent que subir une tristesse noble et c’est à eux que Challenge hebdo et son président Kamal Lahlou adressent leurs sincères condoléances ainsi qu’à tous ceux qui ont vécu et partagé avec le défunt une passion appelée théâtre. Nos pensées vont à sa fidèle Amina Rachid, à ses fils et la présidente de la CGEM Meriem Ben Salah-Chaqroun qui a toujours été proche de sa belle-famille Chaqroun.

Challengenews
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