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« Ach Waqe3 » : l’actualité décryptée par Jamal Berraoui

« Ach Waqe3 » est l’une des émissions phares de MFM Radio qui traite des faits saillants de l’actualité du jour. Elle est décryptée par le journaliste politique et économique Jamal Berraoui.


Le débat de l’émission de ce mardi 3 décembre porte sur les sujets suivants :

-Le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, a dévoilé, d’après le quotidien Al Ahdah Al Maghribia, des chiffres choquants des secteurs et entreprises qui s’acquittent de leurs impôts et taxes. Le ministre a refusé d’accorder à certains secteurs des exonérations ou privilèges fiscaux à la demande de certains parlementaires qui ont présenté des amendements, comme le secteur du tourisme ou celui de l’agriculture, portant sur l’impôt sur les sociétés ou bien à l’export. Il a révélé que seules 20 entreprises sur l’ensemble des entreprises agricoles au Maroc paient les taxes sur les sociétés et les impôts sur le revenu. Il a également épinglé le secteur du tourisme qui, bien qu’il contribue à plus de 6% dans le produit intérieur brut couvrant 3.500 établissements touristiques, faisant travailler plus de 60.000 personnes, il ne contribue qu’à concurrence de 0,5% sur l’ensemble des impôts sur les sociétés, soit l’équivalent de 800 millions de dirhams.

Pour l’analyste de MFM Radio, lorsqu’on dit que l’Etat a des difficultés à boucler son budget, Benchaâboun nous montre où il faut aller piocher l’argent. Il estime qu’il n’est pas raisonnable qu’au Maroc seules 20 sociétés paient les impôts alors qu’il en existe plus de 700 concernées qui brassent de gros chiffres d’affaires et ne déclarent même pas leurs salariés et il se trouve que même le SMAG (Salaire minimum agricole garanti) n’est pas respecté. Il faut taxer les gros agriculteurs et aider les petits. Idem pour le tourisme, secteur plus facile à superviser et contrôler. Berraoui s’étonne pourquoi ce secteur rechigne à honorer ses redevances fiscales. Certains hôtels ne déclarent que le nombre des nuitées et non les recettes des bars, restaurants et autres activités. On ne peut pas demander des droits sans accomplir ses devoirs de citoyen, souligne Berraoui, qui  précise que payer ses taxes et impôts constitue un véritable acte citoyen. L’analyste salue la franchise de Benchaâboun qui ne verse pas dans la politique politicienne mais fait parler les chiffres.

#آش_واقعالأمطار والأشغال تكشفان هشاشة البنيات التحتية.المجلس العلمي الأعلى: لا تغيير في المقتضيات المنصوص عليها في القانون الجنائي بخصوص قضية الإجهاض "إلا بقدر ما تستدعيه المصلحة ويسمح به الاجتهاد".لجنة المالية بمجلس المستشارين تصادق على الجزء الأول من مشروع قانون المالية لسنة 2020.وزارة الصحة وافقت على أربع طلبات استقالة من أصل 183 طلب تقدم بها أطباء خلال السنة الجارية.رفقة ماء العينين عيناني والخبير السياسي والإقتصادي جمال براوي مباشرة على إم إف إمwww.mfmradio.ma#instagram : radiomfmofficiel#achwa9a3 #mfm #mfmradio #carte_blanche #inanimaelainine

Publiée par RADIO MFM Officiel sur Mardi 3 décembre 2019

-La Commission  des finances de la Chambre des conseillers a approuvé à la majorité lundi soir la première partie du projet de loi de Finances pour 2020, l’article 9 qui a fait couler beaucoup d’encre sur l’insaisissabilité des biens de l’Etat. Le ministre Benchaâboun a expliqué aux élus que le gouvernement ne cherche pas à se dérober de ses responsabilités ; c’est une mesure pour la continuité du service public. Il a précisé que le gouvernement ne cherche ni à violer la constitution ni à vider les jugements contre l’Etat de leurs contenus. Berraoui trouve curieux la versatilité de l’attitude et de la position du PJD dans cet article controversé. L’analyste pense que si le ministre justifie sa position par le principe du maintien de la bonne marche du service public, il y a un autre principe constitutionnel : celui de l’égalité. Pourquoi  l’Etat doit attendre quatre ans avant d’honorer ses dettes alors que faute de liquidités, des entreprises risquent la faillite ?  S’interroge Berraoui  qui propose la création d’une caisse spéciale pour couvrir les impayés. Et l’Etat doit donner l’exemple surtout que la majorité des jugements portent sur l’expropriation.

-Un communiqué du Conseil Scientifique des Oulémas (CSO) affirme qu’il n’y a pas de changement dans les dispositions du droit pénal relatives à la question de l’avortement « sauf ce que cela requiert l’intérêt et autorise l’ijtihad », estimant que le volet de l’avortement contenu dans le code pénal est le fruit de consultations avec la participation de plusieurs institutions dans son élaboration et le débat est clos ! Il estime qu’il n’a pas à être impliqué dans un débat politique comme si le CSO se dérobe de ses responsabilités.

L’analyste relève que personne n’a consulté le Conseil supérieur pour qu’il parle d’implication. Nous avons demandé à ne pas criminaliser l’avortement et nous ne sommes pas partis d’une approche religieuse. Personne au Maroc n’a déclaré que l’avortement est  Halal (licite) ou Haram (illicite). Personne n’a impliqué le Conseil supérieur dans ce débat qui ne le concerne pas. On ne lui y a pas demandé son avis sur ce que dit le texte coranique ou la Charia. Nous avons aujourd’hui une constitution et des lois et on doit débattre de cette question dans le calme et la sérénité, affirme l’analyste de MFM Radio.

-Le ministre de la santé, Khalid Aït Taleb a déclaré au parlement que son département a reçu en 2019, 183 demandes de démission de médecins exerçant dans le secteur public. Seules quatre ont été acceptées et 7 autres pour des raisons judiciaires contraignantes. Il a parlé également de la nécessité de réorganiser les ressources humaines et de réviser la politique d’achat des médicaments qui ne correspond pas aux besoins du citoyen. Le ministre de la Santé a aussi abordé le dysfonctionnement dans la gestion et la distribution des médicaments, ainsi que l’épineuse question des passations des marchés.

Dans son commentaire, Berraoui évoque le problème de la gestion des ressources humaines, des désignations et nominations dans les hôpitaux et centres de soins et des mutations. Il cite le cas du dossier des infirmiers et infirmières qui sont sous payés et font des heures supplémentaires dans le privé. Idem pour les médecins. L’analyste souligne que ces derniers doivent garder leur professionnalisme. Il préconise l’ouverture d’un véritable débat public sur le secteur névralgique de la santé. Il tire la sonnette d’alarme en affirmant que dans les années à venir le secteur public fera face à une pénurie de médecins et aura du mal à recruter des docteurs qui préfèrent exercer dans le privé en raison des salaires et des conditions de travail.

-Les  pluies diluviennes et les travaux révèlent la fragilité des infrastructures à l’instar de la ville de Martil. Les photos et les vidéos montrent l’étendue des dégâts dans plus d’une ville marocaine à l’image de Casablanca. Pour Berraoui, on a un problème de compétences dans la gestion des inondations. Les infrastructures idoines exigent des milliards de dirhams et les moyens de l’Etat sont insuffisants. Ce problème n’est pas propre au Maroc. En France, il y a eu récemment des inondations dans le département du Var causant la mort de 6 personnes. On a un problème de prévention. Les responsables de la météo doivent être secondés par la protection civile et les ingénieurs et assurer le suivi des alertes de la météo. On a besoin de la pluie mais des mesures préventives sont à prendre, souligne l’analyste.

-Des dirigeants du Mouvement populaire affirment, lors d’une session de formation de ses cadres organisée à Béni Mellal que leur formation va enregistrer une percée fulgurante lors des prochaines élections et la participation en force de la femme. Berraoui estime que les partis politiques doivent parler de leurs programmes et attendre le verdict des urnes. Les partis sont marqués par l’immobilisme et ne tiennent pas compte des ambitions des jeunes et des femmes pour renouveler l’élite politique. Ils seraient bien inspirés d’éviter de présenter les mêmes visages et les mêmes profils, conseille l’analyste de MFM Radio. Il relève le manque pour ne pas dire l’absence d’encadrement à l’échelle locale et régionale de la part des hautes instances des formations politiques. Berraoui pense que le jour où une femme sera nommée à la tête d’un ministère de souveraineté, on pourra dire ce jour-là qu’on a vraiment avancé dans l’implication de la femme dans la gestion de la chose publique surtout que le pays regorge de compétences féminines.

Carte Blanche : Berraoui la consacre à la journée mondiale des personnes  handicapées, le 3 décembre de chaque année. Nous avons 3.600.000 millions de cas d au Maroc et aujourd’hui encore, on parle de problème d’accessibilité dans les lieux publics. On a un problème d’intégration dans l’emploi. Il y a une loi qui stipule depuis 21 ans que 7% des emplois doivent aller aux handicapés. Au quartier d’El Fida de Casablanca, 7 associations ont scellé un partenariat avec l’Académie pour l’intégration des élèves handicapés. 102 élèves ont été admis. Les familles ne suivent pas. Berraoui soulève le problème de l’encadreur qui manque de formation et du problème de l’intégration des diplômés de la formation professionnelle. On doit changer de comportement et de regard sur le handicap. Le plus malheureux, c’est que des parents ont fait un sit-in pour empêcher des enfants handicapés d’être dans la même classe que leurs rejetons, s’indigne l’analyste.

« Ach Waqe3 » est une émission incontournable. Elle est diffusée sur les ondes de MFM Radio du lundi au  vendredi à partir de 12h30 et rediffusée les mêmes jours à 19h30.

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