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« Ach Waqe3 » : l’actualité décryptée par Jamal Berraoui

 « Ach Waqe3 » est l’une des émissions phares de MFM Radio traitant  des faits saillants de l’actualité du jour. Elle est décryptée par le journaliste politique et économique Jamal Berraoui.


Le débat de l’émission de ce mardi 10 décembre porte sur :

– Algérie : condamnation des deux anciens premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ce mardi, à quinze et douze ans de prison ferme par le tribunal de Sidi M’hamed, à l’issue du procès relatif à l’affaire de l’industrie du montage automobile et au financement occulte de la campagne électorale de Bouteflika. Plusieurs ministres et hommes d’affaires ont également écopé de lourdes peines dans ce même procès. L’ex-ministre Abdeslam Bouchouareb, en fuite à l’étranger, a été condamné par contumace à vingt ans de prison ferme et un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre. Les ex-ministres de l’Industrie Youcef Yousfi et Mahdjoub Bedda ont été condamnés à dix ans de prison ferme.

Pour l’analyste de MFM, on est en présence d’un procès politique. Je ne vais pas défendre le régime corrompu algérien mais du point de vue du droit, c’est un procès expéditif et marathon enveloppé en 48 heures. Le procès de Saïd Bouteflika n’a pris que 24 heures. Les avocats et les procureurs n’ont pas eu le temps de plaider. Les personnes condamnées ne sont que des boucs émissaires pour dire à l’opinion publique algérienne que la justice fait son travail et n’innocente pas les corrompus. Or tout le monde sait que le régime est corrompu et voleur depuis l’indépendance en 1962. L’objectif est politique destiné à la rue. Mais ces peines ne vont pas calmer la rue qui tient à faire table rase sur tout le système, souligne Jamal Berraoui. Pour ce qui est des élections présidentielles, elles auront lieu comme prévu ce jeudi 12 décembre, mais à quel prix et surtout avec quelles perspectives de sortie de crise et quelle alternative avec un président élu par une minorité et rejeté par l’écrasante majorité du peuple algérien? S’interroge l’analyste. Il estime que le Hirak a commis l’erreur de ne pas se doter d’une direction et de ne pas présenter une alternative dans ce long bras de fer pour en finir avec le système. Le même scénario égyptien pourrait se produire aussi bien en Algérie qu’au Liban. La jeunesse qui a déclenché la révolution égyptienne a été broyée. Au Liban, le soulèvement a commencé contre les quotas partisans, les tiraillements confessionnels et pour un état civil et aujourd’hui, on voit les Libanais tomber dans la surenchère confessionnelle avec tous les dangers sur la paix civile et la concorde. Il n’y a aucun mouvement révolutionnaire dans le monde sans leadership et porteur d’un projet de société et une alternative et des horizons politiques. Le drame de l’Algérie est le système a fait le vide autour de lui depuis 1962 et n’a jamais arrêté d’exclure ses opposants et l’opposition de façade qui existait, était instrumentalisé par le système et roulait pour lui.

-Le Maroc accueille des dizaines de milliers de Subsahariens. Certains ont réussi à s’intégrer mais vu le nombre des migrants clandestins qui survivent dans la précarité, on les voit partout dans les artères et ronds-points des villes s’adonnant à la mendicité. Des problèmes et des tensions  ont surgi à l’instar du camp clandestin de la gare routière d’Ouled Ziane et qui a pris feu à deux reprises. A Tiznit, la population locale tire aujourd’hui la sonnette d’alarme face à la vague de migrants clandestins qui déferlent sur la paisible cité. Ils ont été chassés des villes du nord créant un climat de tension au sein de la population en raison de la  mendicité et de petits divers délits. En matière de politique migratoire, l’analyste de MFM, rappelle d’abord la position humaniste prise par le Maroc, jugée honorable toutefois et vu le nombre de ces migrants clandestins, on risque d’avoir des tensions sociales, avertit Berraoui. Soit on doit reconnaître que nos capacités d’accueil sont limitées pour faire face à ces vagues déferlantes. La tolérance et l’hospitalité du Maroc sont indiscutables et il n’y a pas de place au racisme. L’élan de solidarité des Marocains envers eux est incontestable. 90% des Subsahariens n’attendent qu’à immigrer vers l’Europe. Pour eux, le Maroc est un pays de transit bien que plus de 50.000 ont été régularisés et s’intègrent de plus en plus dans les circuits socio-économiques. Néanmoins, certains dérapages et délits sont à déplorer de temps à autres. Pour Berraoui, les Africains et en particulier les Sénégalais qui ont étudié ou étudient au Maroc sont bien intégrés dans la société et dans le marché du travail et ne posent pratiquement aucun problème. Il souligne qu’en raison de la pression de ce flux migratoire, il est à craindre une réaction de la population marocaine.

#آش_واقعالصقلي: حيلة "زواج الفاتحة" تُساهم في تفشي الأمراض والانتحار.الصيادلةيطالبون رئيس النيابة العامة، محمد عبد النباوي، بالدخول على خط تأمين صرف أدوية الأمراض النفسية.الإعفاء الكلي للمعاشات من الضريبة على المحكمة جزائرية تقضي بسجن أويحيى وسلال 15 و12 سنة بتهم الفساد.رفقة ماء العينين عيناني والخبير السياسي والإقتصادي جمال براوي مباشرة على إم إف إمwww.mfmradio.ma#instagram : radiomfmofficiel#achwa9a3 #mfm #mfmradio #carte_blanche #inanimaelainine

Publiée par RADIO MFM Officiel sur Mardi 10 décembre 2019

-Le mariage des mineures. Nouzha Skalli, ex ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité est revenue au cours d’une conférence cette semaine sur le fléau du mariage des mineures et les stratagèmes employés pour contourner la loi. Elle dénonce le recours à ce qu’on appelle le mariage par la simple lecture de la Fatiha ou le mariage coutumier avec tout le lot des désastres qui l’accompagnent notamment dans le milieu rurale : divorces, suicides, débauche, prostitution, etc. Elle dénonce la violence faite aux femmes contraire à l’article 30 de la constitution de 2011 et en violation avec les conventions internationales signées par le Maroc. L’analyste de MFM se dit entièrement d’accord avec Nouzha Skalli. La loi au Maroc est claire et stipule que l’âge légal du mariage est fixé à 18 ans. Or pour contourner la loi, les gens ont recours au mariage de la Fatiha. Une fois l’enfant est enceinte, ils vont voir le juge pour établir un contrat de mariage civil, mettant les juges devant un fait accompli et malheureusement les juges épousent cette situation, déplore Berraoui. Il relève que ces régions rurales enclavées, on enregistre le taux le plus élevé de divorces et la mineure se trouve généralement avec un enfant sur les bras et sans ressources, obligée de recourir à la débauche et à la prostitution pour subvenir à ses besoins. L’analyste tient en premier lieu les parents pour responsables de cette situation et voient dans le mariage forcé de leurs filles une planche de salut pour échapper soi-disant aux vicissitudes de la vie. Il qualifie cet acte de crime contre l’enfance. Il renvoie la balle au législateur et demande qu’on applique la loi et aux juges de jouer leurs rôles. On a promulgué la loi en 2004 et on est aujourd’hui au même point. On a fait des lois progressistes mais qu’on n’applique pas. La pauvreté n’est pas une excuse. On doit la combattre et ne rien justifier en son nom, conclut Berraoui.

-Le ministre de l’intérieur libyen du gouvernement de Faez el-Sarraj, reconnu par la communauté internationale, a annoncé l’alerte générale maximale à Tripoli suite à des informations faisant état de la mise en échec d’un plan d’invasion imminente des forces du maréchal Haftar soutenu par des forces étrangères. De son côté, le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Tahar Sayala, a déclaré qu’avec l’intervention de forces russes à côté de Haftatar, ce dernier pourrait s’emparer de la capitale. Pour sa part, l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Ghassan Salame, a déclaré que depuis l’entrée en scène des mercenaires russes et la recrudescence de leurs attaques, la balance penche en faveur du Maréchal Haftar. L’analyste de MFM relève que plusieurs acteurs agissent dans le bourbier libyen. Des puissances régionales ou internationales. On trouve, entre autres, les Emirats arabes-unis, l’Egypte et la Russie qui jouent la carte Haftar. Le Qatar et la Turquie soutiennent à fond el-Sarraj. La France joue sur les deux tableaux et on risque de voir un remake à la syrienne. Les étrangers interviennent en Libye pour son pétrole et autres richesses de son sous-sol. Pour sa part, l’Italie veut que la Libye ferme le robinet des migrants clandestins. La Turquie vient de signer avec le gouvernement d’union national de Serraj un accord de coopération militaire et Erdogan pourrait envoyer ses troupes s’il est sollicité. Berraoui pense que la chute de Tripoli entre les mains de Haftar est inévitable. Ce dernier ne sera pas en mesure de pacifier et unifier ce pays composé d’une mosaïque de tribus et on assistera à un embrasement doublé de terrorisme avec toutes les conséquences sur le peuple libyen et les états voisins.

Carte Blanche : Berraoui revient ici sur la loi de Finances 2020, l’exonération de l’impôt sur le revenu relative à l’indemnité de la recherche scientifique accordée aux universitaires et chercheurs et oscille entre 3.000 et 3.500 dirhams. L’analyste de MFM la trouve modeste pour ne pas dire insignifiante. Il souligne que les livres scientifiques et spécialisés coûtent énormément cher. Le chercheur doit assister à des conférences internationales, et le Maroc se doit d’encourager la recherche scientifique. Il cite le cas de la Corée du Sud qui est déjà dans l’intelligence artificielle. Au Maroc, les compétences et les chercheurs de qualité existent mais sont dépourvus des moyens adéquats. On est encore au stade de l’interrogation : comment ouvrir l’université sur l’entreprise ? On ne s’accorde pas sur les moyens à octroyer à la recherche scientifique pour que le Maroc devienne réellement un pays émergent et assurer son décollage économique et social.

« Ach Waqe3 » est une émission incontournable. Elle est diffusée sur les ondes de MFM Radio du lundi au vendredi à partir de 12h30 et est rediffusée les mêmes jours à 19h30.

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