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« Ach Waqe3 » : l’actualité décryptée par Jamal Berraoui

« Ach Waqe3 » est l’une des émissions phares de MFM Radio traitant  des faits saillants de l’actualité du jour. Elle est décryptée par le journaliste politique et économique Jamal Berraoui.


L’émission de ce lundi 23 décembre 2019 porte sur :

– Le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah, a tiré sa révérence ce lundi à l’âge de 79 ans. Selon un communiqué officiel, il a succombé à une crise cardiaque chez lui à 3 heures du matin. Un autre général, Saïd Chengriha, a été désigné par le président Abdelmajid Tebboune pour assurer l’intérim.

L’analyste de MFM estime que rien ne changera à la suite de la disparition soudaine de Gaïd Salah. Ce dernier a joué un rôle au nom de l’institution militaire dominée et contrôlée par le Département du renseignement et de la sécurité militaire. C’est cette dernière qui a fait le putsch contre la légalité électorale sous la houlette du général Mohamed Lamine Médiène dit Toufik et le général Athmane Tartag.  A un moment, l’ex-président Abdelaziz Bouteflika voulait renverser les rapports de force au sein de l’appareil militaire au profit du commandement général de l’armée. C’est ce qui a ramené Gaïd Salah au-devant de la scène mais l’institution militaire restera toujours la même. L’organisation de la dernière présidentielle et l’élection de Tebboune ont été initiées et assurées par l’armée. Aujourd’hui la question est de savoir si le Hirak va continuer ou pas ? Vendredi dernier, les Algériens sont encore une fois descendus dans la rue pour réclamer le changement tant attendu. Quelles seront ou seraient les concessions que l’armée pourrait accorder au Hirak pour arriver à une sortie de crise ? Pour le moment, on est dans le flou le plus total, conclut l’analyste de MFM.

– En Arabie saoudite, un tribunal de Ryad a condamné à mort ce lundi 5 personnes pour leur implication dans l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi le 28 octobre 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par une équipe de 15 hommes. Mais le tribunal a disculpé les deux principaux suspects à savoir le conseiller du prince héritier Mohammed Ben Salmane et le chef du renseignement. Des représentants de la Turquie, des Etats membres du conseil de sécurité de l’Onu et de la famille du défunt ont suivi ce procès.

Jamal Berraoui parle d’un assassinat politique dans lequel est impliqué directement le prince héritier Mohammed Ben Selmane et l’Etat saoudien, relevant que cette affaire renvoie à du déjà-vu sous d’autres cieux comme l’affaire de Mehdi Benbarka au Maroc. C’est un crime d’Etat. Les exécutants ont été condamnés mais pas les commanditaires. Toutes les preuves sont connues et entre les mains des Turcs.

– Saâdeddine El Otmani, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), a déclaré lors de la tenue de la session ordinaire du conseil régional de son parti pour la région de Rabat- Salé- Kénitra que  «  son parti n’aura jamais recours à la voyouterie (El Baltaja) dans l’action politique. Nous ne pratiquons jamais ce genre de procédé car le respect de loi et des institutions est quelque chose de nécessaire et il n’existe pas de démocratie sans le respect des institutions et des lois respectables ajoutant qu’il n’y a pas de démocratie hors de la loi. L’anarchie c’est l’anarchie. La loi c’est la loi et point de liberté sans responsabilité. Pour Berraoui, el Otmani a raison. L’anarchie dans la contestation ne conduit à rien et se retourne contre la démocratie. On n’avancera pas avec des pratiques. Actuellement, on assiste à de tristes spectacles dans l’arène politique et partisane. On peut ne pas s’entendre sur un projet au sein d’un conseil municipal ou régional mais de là à recourir à la baltaja et à la violence comme argument, c’est immoral, irresponsable et destructeur. La responsabilité des partis est engagée dans la qualité de choix de leurs candidats. Comportement qui n’encourage pas les citoyens à s’engager dans la vie politique. Il faut revoir la loi sur les partis qui doivent être comptables devant l’Etat et les citoyens. On a remarqué une absence totale sur le terrain des partis politiques lors des mouvements sociaux pour encadrer les gens. La tournure prise par la mondialisation s’est faite au détriment de la classe ouvrière. Cette dernière poussée dans ses derniers retranchements pourrait se soulever, conduisant à l’affrontement. On est en pleine discussion byzantine. Seul le Roi est à même de résoudre cette situation en révisant la loi sur les partis et le code électoral pour avoir une vie politique de qualité en imposant aux partis des alliances avant la tenue d’élections, portant sur des programmes et des projets et non pas sur des personnes et leurs  comptes en banque ! Les intellectuels désertent l’action politique. La relation de proximité entre l’élu et le citoyen est le maillon faible. Il cite l’exemple  du mariage contre nature entre le PPS et le PJD

– Le Conseil régional de la ville de Kénitra  a annoncé qu’il compte prendre en concertation avec le ministère de l’Intérieur les mesures idoines contre la société de transport urbain suite la détérioration de la prestation de ses services depuis quelque temps. Situation qui a atteint son paroxysme ces derniers jours au grand dam des citoyens qui vivent un calvaire quotidien avec en prime la disparition pure et simple de certaines lignes en dépit des mises en demeure sous diverses formes, le tout dans la violation totale des termes du contrat.

Pour Berraoui, cette société a été choisie par Aziz Rabbah, président du Conseil régional de Kénitra, suite à un appel d’offre et un cahier de charges. Il existe une commission de contrôle et de  suivi. Pourquoi elle n’a pas tiré la sonnette d’alarme dès le premier dysfonctionnement ? Un ensemble d’interrogations qui exigent réponses. Pourquoi on ne fait pas une évaluation objective des gestions déléguées qui ont 25 ans d’âge surtout qu’on y a recouru pour améliorer la qualité des services fournis aux citoyens qui se trouvent plus d’une fois « pris en otage » par le comportement irresponsable  de cette société ? On doit revoir l’option de la privatisation entre autres. C’est au ministère de l’Intérieur de mettre à plat le problème du transport urbain dans les villes surtout qu’il a été l’initiateur de cette gestion déléguée et il a les moyens et les cadres pour le faire, souligne l’analyste de MFM.

– Une conférence nationale organisée à Agadir autour de l’enseignement privé qui fait débat au sein du parlement et de la société marocaine. Saïd Amzazi, ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a affirmé que l’enseignement privé est un partenaire fondamental et un prolongement de l’enseignement public. Il représente 13% des scolarisés au Maroc et avec l’application des nouvelles dispositions juridiques et de la loi-cadre, il aura une meilleure place. Les frais de scolarité, la police d’assurance, la formation des enseignants et les critères de leur recrutement seront discutés et revus. Un certain nombre de contraintes doit être clarifié pour les familles marocaines.

Berraoui ne partage pas l’avis du ministre quand il affirme que l’enseignement privé est un partenaire essentiel et constitue un prolongement au secteur public. Quant à la supervision et le contrôle de ce secteur, il suffit d’appliquer la loi et respecter  les cahiers de charge. On n’a pas considéré l’enseignement comme étant un partenaire mais plutôt une alternative au secteur public.

Sur la question des enseignants, l’analyste de MFM souligne que ce sont pratiquement les mêmes qui enseignent dans le public et le privé. Pour ce qui est de la formation, seul l’Etat est habileté à le faire et non pas impliquer le privé. La question des programmes est une question délicate et dangereuse. Le seul point positif dans le privé reste l’apprentissage des langues étrangères et les techniques de la communication, conclut Berraoui.

Carte Blanche : Jamal Berraoui revient sur le rapport de la Cour des comptes présidée par de Driss Jettou et consacré à l’OCP. Tout a été contenu dans le rapport avec les remarques et les reproches sauf ce qui touche à l’intérêt suprême du groupe, sa sécurité et ses secrets de production qui n’ont pas été dévoilés. Chose tout à fait normale en raison de la farouche concurrence à l’international. Le patron du groupe, Mostafa Terrab, a fait un exposé magistral sur la situation au parlement. L’analyste rappelle qu’en 2006, l’OCP perdait de l’argent pour diverses raisons. Il avait un endettement de l’ordre de 32 milliards de DH d’arriérés dus à ses retraités. En 2018, l’OCP a donné à l’Etat 5 milliards de DH alors qu’auparavant, il lui accordait que 700 millions de DH par an. Le capital du groupe a quadruplé. Idem pour le chiffre d’affaires qui a connu une hausse vertigineuse sans oublier le programme des investissements et la création de milliers d’emplois. Ses parts de marché à l’international sont passées de 9% à 22%. Berraoui reproche aux politiques et aux élus de jeter la pierre à l’OCP et à Mostafa Terrab sans connaissance de cause alors que ces chiffres sont publiés par le Conseil du groupe dans lequel avait siégé le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane et aujourd’hui son successeur, Saâdeddine El Otmani.

« Ach Waqe3 » est une émission incontournable. Elle est diffusée sur les ondes de MFM Radio du lundi au jeudi  à partir de 12h30 et le vendredi de 12h à 13H  et rediffusée les mêmes jours à 19h30.

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