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« Ach Waqe3 » : l’actualité décryptée par Jamal Berraoui

« Ach Waqe3 » est l’une des émissions phares de MFM Radio traitant  des faits saillants de l’actualité du jour. Elle est décryptée par le journaliste politique et économique Jamal Berraoui.


Dans l’émission de ce vendredi 10 janvier 2020, le débat porte sur sept sujets :

-Le ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, porte-parole du gouvernement, Hassan Abyaba, a demandé jeudi aux organisations de défense des droits de l’Homme, en réponse aux critiques formulées par des ONG nationales et internationales, après les poursuites judiciaires contre des activistes et des journalistes actifs sur les réseaux sociaux, de distinguer entre liberté d’expression et le fait de commettre des délits, relevant que personne n’est au-dessus de la loi. Il ajouté qu’il n’y a pas de recul dans le respect des droits de l’Homme au Maroc. Il a précisé que le royaume dispose d’une Constitution solide, des lois avancées et des institutions constitutionnelles des droits de l’Homme qui remplissent leurs devoirs. Il a indiqué que le dialogue continue pour faire évoluer les lois.

L’analyste de MFM Radio trouve que ce problème commence à prendre de l’ampleur. La mesure préconisée par l’ancien ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, d’appliquer le code de la presse sur le monde virtuel n’est pas la solution. Il faut faire la distinction entre blogueur et journaliste. Etre journaliste est une profession qui a ses spécificités, ses engagements et sa déontologie. A la limite, on peut appliquer le code qui régit les médias sur les sites d’information qui ne se sont pas conformés à la loi les régissant. Les jeunes condamnés récemment ont fait dans la provocation, comme le cas de l’élève de 18 ans. Il partage « Ach Echaab » après la condamnation à la prison de son auteur. Nous sommes devant une problématique juridique, souligne Berraoui tout en relevant qu’on doit réviser la loi, bien que tous ceux qui ont essayé de réguler le monde digital et de l’internet ont échoué. Facebook, par exemple, dit qu’il lui faut 24 heures pour enlever un post ou une vidéo faisant l’apologie du terrorisme, la haine ou l’islamophobie mais entretemps, les publications incriminées ont été largement partagées. On doit légiférer et communiquer sur la loi. Par ailleurs, si les défenseurs des droits de l’Homme estiment que la liberté d’expression doit être totale, cela signifie l’anarchie. Sinon, ils doivent accepter d’être insultés et accusés de divers penchants sexuels, d’être des agents au service de puissances et Etats étrangers, fait observer l’analyste. Il trouve que le problème vient des rapports de ces organisations  avec l’institution monarchique. La Constituions de 2011 donne le droit de discuter et de débattre des décisions royales, qu’on soit pour ou contre, mais dans le cadre du respect dû à l’institution et par conséquent à la personne qui la représente. Idem pour le reste des institutions, affirme l’analyste de MFM Radio en notant que la personne qui traite tous les parlementaires de voleurs doit être poursuivie en justice. Il prévient contre le risque de tomber dans le tourbillon des procès. Nous devons travailler en collaboration avec les défenseurs des droits de L’Homme sur une  loi plus claire et bien précise, accompagnée d’une vaste campagne de prévention, de sensibilisation et de vulgarisation quant aux dommages de l’usage immodéré de l’internet. Les juges ne font pas la justice mais appliquent la loi. La Constitution de 2011 permet par voie de pétitions aux associations de la société civile de présenter un projet de loi au parlement pour changer le cadre juridique. Or force est de constater que personne ne l’a fait.

-Hespress rapporte le calvaire quotidien des habitants des douars et villages de la province de Berrechid à cause de la rareté de l’eau et de la surexploitation de la nappe phréatique par les grandes fermes et exploitations agricoles. Ils accusent les grands fermiers de recourir aux puits profonds au grand dam de la population et des petits fellahs et mettent en garde contre une catastrophe surtout avec la sécheresse qui sévit.

Jamal Berraoui met au banc des accusés les responsables qui ont accordé trop d’autorisations pour les sondages de puits, ce qui a conduit au stress hydrique et à la surexploitation de la ressource souterraine. Les grands exploitants disposant de gros moyens financiers et matériels creusent entre 4 et 6 puits. Les autorités locales ont arrêté l’octroi d’autorisations. Le petit paysan s’est trouvé de fait pénalisé. L’eau est devenue rare et un fonds de commerce. On l’a vend aux voisins. Il faut revoir cette situation qui devient grave surtout que l’eau constitue un secteur stratégique de premier ordre.

#آش_واقععبيابة يطالب حقوقيين بالتفريق بين حرية التعبير وارتكاب جناياتعبيابة : فرق مسرحية تتلقى دعماً بالملايين دون أن تبيع تذكرة واحدة عفاء الأبناء المعاقين من مسطرة طلب مواصلة الاستفادة من خدمات التأمين الإجباري عن المرض بالقطاع العام (بلاغإحداث نظام البكالوريس الجديد من شأنه الاستجابة لانتظارات سوق الشغل (السيد أمزازيالطائرة الأوكرانية: قادة غربيون يقولون إن الأدلة تظهر إصابتها بـ"صاروخ"، وطهران تحذر من "حرب نفسية" www.mfmradio.ma#instagram : radiomfmofficiel#achwa9a3 #mfm #mfmradio #carte_blanche #inanimaelainine

Publiée par RADIO MFM Officiel sur Vendredi 10 janvier 2020

-Le ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saïd Amzazi, a annoncé à Marrakech que le Maroc a adopté le système de « Bachelor ». Il démarrera en septembre prochain dans les établissements d’enseignement supérieur marocains. L’adoption de ce nouveau système permettra de s’ouvrir davantage sur les systèmes éducatifs internationaux, qui colle aux besoins du marché du travail et de l’entreprise et que le système de la licence est dépassé. L’annonce a été faite par le ministre à l’ouverture de la conférence maroco-américaine, organisée sous le thème “Réforme pédagogique nationale de l’enseignement supérieur: Préparation de la mise en œuvre du Bachelor”.

Pour Berraoui, cette question des formations qualifiantes soulève la problématique de l’enseignement qui doit être tranchée par la société et non pas un ministre. On doit se demander si l’université doit être sous l’emprise du  marché de l’emploi ou bien un endroit pour produire des idées. C’est un débat à ouvrir, souligne l’analyste de MFM Radio en ajoutant qu’on opte pour ce type de diplôme mais que le ministre nous fasse un bilan et une évaluation. On doit toutefois sortir des effets d’annonces, déplore Berraoui. Il fait observer à cet égard que demain viendra un autre ministre qui proposera autre chose. L’enseignement est devenu un laboratoire et les étudiants des cobayes. Il faut sensibiliser et expliquer. Quand Amzazi dit que les licenciés chôment, ce n’est pas la faute du cursus de ce diplôme mais en raison de la faiblesse du système de l’enseignement.

-La guerre pour la libération du domaine public se poursuit à Casablanca, écrit le quotidien L’Economiste. Il indique que la police administrative travaille sans relâche, mettant la pression sur les contrevenants dans les diverses préfectures et arrondissements. La dernière en date est celle qui a ciblé le quartier de Lissasfa avec la démolition de pas moins de 70 terrasses. Par ailleurs, une décision vient d’être prise pour que les bars et restaurants sis à Anfa baissent le rideau à 23 heures. L’analyste rappelle d’abord que l’horaire de fermeture à 23 heures, existait auparavant mais il y avait de la tolérance dans l’application de la loi. Les cafés qui occupent les terrasses doivent être sanctionnés mais il faudra aussi empêcher les marchands ambulants de s’octroyer le domaine public qu’ils transforment en marchés. Pour Berraoui, les campagnes ne doivent pas être périodiques mais doivent s’inscrire dans la durée. On a près de 100.000 marchands ambulants. Il faut les organiser avec des points fixes, le paiement de taxes aux collectivités locales. L’argent généré permettra aux collectivités locales d’investir dans des infrastructures pour améliorer la qualité de vie de ses administrés.

-Le ministre de la culture, Hassan Abyaba a déclaré que certaines troupes théâtrales bénéficient de subventions de l’Etat pour  réussir à vendre le moindre ticket ou des spectacles présentés dans des salles quasi vides. Il a fait remarquer l’engouement des Marocains pour les productions étrangères au détriment des nationales. Il critique le manque de créativité et d’ouverture des troupes nationales. Cette déclaration a mis en colère les femmes et les hommes du quatrième art marocain. Le ministre a également précisé que son département est en train de revoir la politique des subventions soulignant que toute subvention ne doit pas dépasser 30% du coût de la production d’une pièce de théâtre.

L’analyste de MFM Radio estime que le ministre doit être prudent dans ses déclarations et affirmations. Il existe au Maroc de la créativité et des  pièces de théâtre qui ont vu le jour sans soutien et réussissent à attirer un grand public marocain. Le ministre doit interpeller la commission des subventions qui encourage par ses choix la médiocrité. Elle doit être responsable. Il faut tout revoir à ce niveau. Si on veut un théâtre professionnel, on doit l’encourager. Les médias doivent jouer également leur rôle. Idem pour les chaînes de télévisions nationales qui ont dans leurs placards des pièces de théâtre qui dorment. Le secteur audiovisuel public est tenu à assumer ses responsabilités culturelles. Il faut revoir toute la politique théâtrale, penser à améliorer la situation matérielle et morale du professionnel du théâtre et aider les troupes à bénéficier gratuitement des salles existantes qui sont fermées. L’analyste demande au ministre de procéder à une évaluation des subventions. Les collectivités doivent faire des partenariats avec les troupes de théâtre en leur ouvrant les espaces et salles en veilleuse, conclut Jamal Berraoui.

– L’Economiste écrit que les ministères et leurs divers départements arrivent au premier rang dans les procès intentés à l’Etat qui a été condamné à payer la bagatelle de 13 milliards de dirhams entre 2014 et 2018. Il précise que 96% des condamnations ont été prononcées par les juges administratifs en 2018. Pour l’analyste de MFM Radio, le problème a trait à l’expropriation pour utilité publique. Il est temps de revoir le cadre juridique de l’expropriation. Normalement avant de commencer un projet, on procède à une étude et on doit faire une évaluation du prix à verser aux propriétaires pour les compenser. Or, entre le temps de la mise au point du  projet et sa réalisation, les prix augmentent, mais on n’en tient pas compte et on impose le prix au propriétaire qui recourt au tribunal administratif pour contester l’offre. Une longue procédure qui pourrait durer jusqu’à cinq ans. Le tribunal administratif rend son verdict en s’appuyant sur le prix du marché. Reste maintenant que l’Etat doit payer les 13 milliards ce qu’il doit aux citoyens. Le problème doit être résolu. Le prix de l’expropriation doit être fixé sur la base du prix du marché.

Carte blanche : Jamal Berraoui évoque le rôle des médias dans la culture. Les pages people sont « léchées » mais celles consacrées aux événements culturels sont généralement en noir et blanc avec une mise en page repoussante, même si le contenu est riche. Berraoui revisite le temps où des quotidiens comme Al Alam ou Al Ittihad Al Ichtiraki avaient un supplément culturel hebdomadaire sans compter les pages quotidiennes. Aujourd’hui, les responsables des médias estiment que la culture ne rapporte ni argent ni publicité alors qu’elle est un des piliers du développement d’un pays.

« Ach Waqe3 » est une émission incontournable. Elle est diffusée sur les ondes de MFM Radio du lundi au jeudi à partir de 12h30 et le vendredi de 12h à 13h et rediffusée les mêmes jours à 19h30.

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