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« Ach Waqe3 » : l’actualité décryptée par Jamal Berraoui

« Ach Waqe3 » est l’une des émissions phares de MFM Radio traitant  des faits saillants de l’actualité du jour. Elle est décryptée par le journaliste politique et économique Jamal Berraoui.


Dans l’émission de ce mercredi 15 janvier 2020, le débat porte sur les sujets suivants :

-Le secrétaire général adjoint du Parti de la justice et du développement (PJD), Suleiman Al-Amrani a refusé de lier son parti à toute organisation internationale, en réponse aux commentaires de  Mohamed Cheikh Biadillah, membre du Bureau politique du Parti Authenticité et Modernité (PAM), qui était l’invité de l’émission « Débat en politique », dimanche dernier sur Hespress. Biadillah avait notamment déclaré que la doctrine politique du PAM reposait depuis sa fondation, principalement sur la confrontation avec les islamistes : «Nous voulions nous protéger de l’influence des Frères musulmans au niveau international. Cette organisation internationale a de grands moyens et des opinions différentes des nôtres ». Al-Amrani lui a répondu par un post sur Facebook : « Nous ne perdrons pas d’efforts et de temps et n’entrerons pas dans une mauvaise bataille en niant la relation du PID avec les  » Frères musulmans « , soulignant que cela est  connu auprès des gens honorables, et à travers les documents du parti, et les déclarations de ses organes et les discours de ses dirigeants ». L’analyste de MFM Radio fait remarquer que ce débat a cours depuis l’apparition de l’islam politique au Maroc. Il pense que les fondateurs du PJD étaient proches de l’organisation des « Frères musulmans ». Néanmoins, avec le temps, l’islam politique est devenu marocain. Ils n’ont pas de liens avec les « Frères musulmans » en Egypte ou en Syrie. Berraoui se dit contre la théorie du complotisme et des procès d’intention. Il ajoute que tout le monde connaît ses positions vis-à-vis de l’islam politique. Il préfère que les luttes politiques doivent être imprégnées par l’honneur et le respect de l’adversaire et qu’on cesse de mentir. Il donne l’exemple de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) lorsque ses adversaires l’attaquaient en lui collant l’étiquette de parti communiste alors au sein de son Bureau politique, siégeaient des Oulémas. Il en veut pour preuve la participation de deux membres de ce Bureau à la grande marche organisée par les islamistes à Casablanca et non pas avec les modernistes sur les droits de la femme. Quant à la relation avec les « Frères musulmans », elle serait d’ordre idéologique et non pas organique ou organisationnel. Et toute personne ayant des preuves sur une éventuelle relation organique, elle n’a qu’à les exposer. Bien entendu, les partis islamistes dans le monde arabe partagent le même référentiel religieux et idéologique mais de là à accuser les islamistes marocains d’être liés à l’international des « Frères musulmans ». C’est exagéré, observe Berraoui. 

-Le Haut commissariat au plan (HCP) d’Ahmed Lahlimi met en garde le gouvernement contre le recours à l’endettement étranger estimant qu’il pose problème tant qu’il n’est pas orienté vers des projets productifs générant des apports en devises. Le gouvernement de Saâd Eddine El Otmani a accéléré le rythme de l’emprunt à l’international avec 27 milliards de dirhams en 2019 et 31 milliards au titre la loi de Finances 2020. L’analyste de MFM Radio n’est pas surpris. Il distingue toutefois l’endettement intérieur contracté et remboursé en dirhams et les banques de la place qui n’ont pas l’autorité pour imposer un quelconque changement de politique. Par contre, la dette  étrangère pose réellement problème. Elle est non seulement payée en devises, notamment envers les organisations internationales comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale mais quand l’endettement étranger atteint un certain seuil, ces deux institutions deviennent « partenaires » dans la gestion du pays, ce qui constitue un danger, relève Berraoui. Il craint un scénario à l’égyptienne. Le pays des Pharaons emprunte chaque année et plus de 30% des prêts vont au remboursement des dettes précédentes. En un mot, on contracte un crédit pour rembourser un autre. C’est une voie ouverte sur la faillite surtout qu’on ne maîtrise pas les taux d’intérêts même si en ce moment, ils sont bas sur les marchés internationaux. Bank Al-Maghrib avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur cette question, rappelle Berraoui. Il réclame qu’on nous dise ce qu’ils font avec les prêts étrangers. Il est d’accord si on emprunte à un taux de l’ordre de 4% pour des projets qui rapportent au bout de 3 ou 4 ans ou bien dans des investissements publics. Or si on emprunte de l’argent qui va dans les dépenses de gestion courante de paiement de salaires et pour boucler le budget, cela pose problème. Berraoui estime que l’indépendance de la décision politique du pays est très importante. Tant qu’on ne fait pas des études d’impact et d’évaluations dans tout ce qu’on entame, on n’avancera pas, conclut l’analyste de MFM Radio.

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Publiée par RADIO MFM Officiel sur Mercredi 15 janvier 2020

-Il ressort du dernier rapport annuel du cabinet Euler Hermes, synthétisé par Hespress que le risque de faillite plane sur les entreprises marocaines pour cette année 2020. Il va jusqu’à avancer le chiffre de 9.000 sociétés qui seraient contraintes de baisser les rideaux, contre 8.536 en 2019, 7.944 en 2018 et environ 8.020 en 2017. Il relève que le Maroc est l’un des pays qui enregistrera des taux élevés proches de la moyenne mondiale qui est de plus de 6%. L’analyste de MFM Radio fait remarquer que de nombreux secteurs sont morts ou à l’agonie faute d’avoir opéré leur mue ou bien leur mise à niveau. Quand on parle de 9.000 entreprises, cela signifie qu’on aura une moyenne de près de 80.000 postes d’emploi qui seront rayés de la carte avec toutes les conséquences économiques et sociales surtout qu’on ne crée que 150.000 à 170.000 postes par an. Le secteur du textile est pratiquement à l’article de la mort, soit faute de faire face à la concurrence internationale ou bien par manque de ressources financières. Or les petits entrepreneurs souffrent du non-paiement de leurs prestations par les grandes entreprises ou bien en raison du retard et le non-respect des délais. L’Etat lui-même met quatre ans pour payer ses dettes en dépit des jugements rendus par la justice. Le petit entrepreneur ne peut pas poursuivre en justice les grandes entreprises avec qui il sous-traite. Il est partagé entre deux feux, s’il porte plainte, il perdra son marché traditionnel. S’il se tait tout en essayant de faire face à une crise financière, il finira par faire faillite, conclut Jamal Berraoui.

-La société  de gestion déléguée du transport urbain à Casablanca, Alsa, a annoncé hier dans un communiqué que 700 nouveaux bus entreront en circulation à partir de septembre 2020 et permettra le transport de 350 millions passagers par an. En attendant, cette société qui porte désormais le nom d’Alsa Al Baida, utilisera 250 bus prêts à la casse et récupérés chez l’ancien prestataire M’dina Bus et 400 autres d’occasion de manière progressive. Jamal Berraoui observe qu’on a normalisé avec la médiocrité puisqu’on dit que 250 bus délabrés assureront le service. Le problème est celui des élus de la ville qui ne communiquent pas avec les citoyens. La gestion déléguée et à l’exception de quelques réussites, est une véritable calamité et une catastrophe. L’analyste  pointe du doigt les élus de Casablanca qui ont échoué dans la gestion de ce dossier. Les Marocains demandent un minimum de dignité au niveau du transport, de l’éducation et de la santé. Les militants de la société civile sont toujours occupés ailleurs. Les citoyens n’assistent pas aux réunions mensuelles du conseil de la ville pour défendre leur cause, relève Jamal Berraoui.

Carte blanche : Jamal Berraoui la dédie à l’économie et à l’assurance vie en Europe qui n’est plus rentable. Ces assurances ne sont pas utilisées à leur fin mais par des fonds de trésor en relation avec l’Etat car il y a moins de risques et les compagnies d’assurance ne versent pas de dividendes à leurs assurés. Si les assurés retirent leurs capitaux pour les placer en bourse, c’est risqué. On parle des petits portefeuilles comme le fonctionnaire ou le commerçant. Et comme ils ne sont pas des experts, ils seront orientés vers des fonds de pension et toute l’épargne sera gérée par le capital financier, on va vers la catastrophe. Berraoui souligne que  les 40 actions cotées (CAC 40) à la bourse de Paris , ont réalisé des profits et distribué 34 milliards d’euros à leurs actionnaires. A ce sujet, il cite l’économiste français Daniel Cohen qui met en garde contre l’argent facile et toxique engrangé par les banques estimant que si on continue sur cette lancée, on va directement vers la récession et à une crise semblable à celle de 2008.

« Ach Waqe3 » est une émission incontournable. Elle est diffusée sur les ondes de MFM Radio du lundi au jeudi à partir de 12h30 et le vendredi de 12h à 13h et rediffusée les mêmes jours à 19h30.

 
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