Interview

Adeline Carton: «l’UM6P lance de nouvelles formations pour la rentrée 2021-2022»

L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) est une université à but non lucratif, portée par la Fondation OCP, une institution d’utilité publique. L’UM6P est une université multisites, ayant son premier campus à Benguerir, un centre de recherche à Laâyoune, et aura à la rentrée prochaine un nouveau campus à Rabat, qui accueillera sa Faculté de Gouvernance, des Sciences Economiques et Sociales et des Masters de l’Africa Business School. Dans cette interview, sa responsable des Affaires Académiques – Pôle Science & Technologie, Adeline Carton évoque l’offre de l’UM6P pour les classes prépa, l’avènement du Bachelor, les nouveautés, les coûts de formation…


Challenge : Quelle est l’offre de l’UM6P pour les classes prépa ? 
Adeline Carton : L’offre «classes préparatoires» se décompose en trois volets au Maroc : D’abord, on retrouve les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) publiques ou privées et les classes préparatoires intégrées. Il est à noter avec fierté, que les étudiants des CPGE marocaines arrivent à se positionner très honorablement aux concours d’entrée des grandes écoles, qu’il s’agisse des prépas scientifiques ou économiques. En ce sens, le Lycée d’Excellence de Benguerir (lycée fondé par la Fondation OCP, proposant du secondaire qualifiant et des CPGE) a su en quelques années, s’installer parmi le peloton de tête des meilleurs lycées préparant aux concours des grandes écoles scientifiques. Au niveau de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), nous proposons deux circuits pour les classes préparatoires intégrées : la classe préparatoire au cycle ingénieur en Management Industriel proposé par l’Emines, première école d’ingénieur de l’UM6P créée depuis 2013 et qui compte aujourd’hui déjà de nombreux lauréats sur le marché, et le cycle préparatoire au cycle ingénieur en numérique de la School of Computer Sciences (UM6P-CS) qui accueillera sa première promotion en septembre 2021 et qui a pu d’ores et déjà générer l’intérêt de nombreuses candidatures d’excellence. Ces deux prépas permettent de poursuivre ses études en cycle ingénieur à l’UM6P.

Challenge : Selon vous, quel est l’état de l’enseignement supérieur au Maroc ?
Adeline Carton : Mon regard sur le secteur de l’enseignement supérieur au Maroc est très positif et empli d’espoir pour la jeunesse méritante. C’est un secteur en pleine transformation, plus développé, accueillant davantage d’acteurs. La diversification de l’offre de formation au niveau des universités publiques et privées et l’appui de cette offre à travers la mise en place de partenariats internationaux plus étoffés ne peut qu’être au bénéfice des étudiants, puisqu’ils permettent d’accélérer des opportunités d’échange, de double diplomation, etc. Au Maroc, le secteur a le mérite d’être très attractif pour les étudiants de l’ensemble du continent. Cette transformation, le secteur privé y contribue fortement en apportant notamment de nouvelles filières porteuses d’emplois et pertinentes pour l’avenir, des relations plus étroites avec les entreprises, et des partenariats internationaux. Au niveau des universités publiques, plusieurs efforts sont faits pour multiplier les établissements et les rapprocher un maximum des étudiants, l’ouverture de filières innovantes, la réforme du Bachelor en cours, la digitalisation, etc. Dans le cas de l’UM6P, une université à but non-lucratif, cela est également complété par des contenus d’enseignements alimentés et émanant de la recherche appliquée et complétés par l’expérimentation terrain et l’apprentissage par projet (Learning By Doing).

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Challenge : Quelles sont les nouveautés que vous réservez pour la rentrée prochaine ?
Adeline Carton : Pour la rentrée 2021-2022, l’UM6P lance de nouvelles formations. L’Africa Business School se lance sur la formation initiale cette rentrée, en proposant deux Masters en langue anglaise : «Financial Engineering» et «International Management». Ce sont donc les premiers pas en formation initiale de l’ABS, un établissement jusqu’à présent positionné sur la Formation Continue avec notamment un Executive MBA en partenariat avec Columbia Business School depuis 2016 (5ème promotion en démarrage).  Au-delà de leurs disciplines respectives, ces deux programmes permettront d’apporter aux étudiants des compétences quantitatives (Business Analytics, Data Sciences, …), des Soft Skills et une perspective internationale, nécessaires aux futurs leaders d’une Afrique entreprenante.

Nous lançons également, comme mentionné, un cycle d’ingénieurs spécialisés dans le numérique porté par la School of Computer Sciences (UM6P-CS). Enfin, le lancement d’une filière en Sciences Infirmières (Institut Supérieur des Sciences Biologiques et Paramédicales) pour accompagner la revalorisation au Maroc de cette profession clé du secteur de la Santé. Ceci étant, la nouveauté attendue et sur laquelle une grande partie de l’UM6P est mobilisée, est le lancement des Bachelors pour la rentrée 2022-2023.

Challenge : Quelle filière pour quel coût de formation ?
Adeline Carton : Je rappelle tout d’abord, que notre premier critère de sélection des étudiants est l’excellence académique, et que tout étudiant excellent qui n’aurait pas les ressources personnelles pour rejoindre l’UM6P, serait pris en charge par notre dispositif de bourse. A l’UM6P, le coût moyen annuel est de 50.000 à 65.000 DH pour une licence, 75.000 DH pour un Master, 70.000 à 75.000 DH pour un cycle Ingénieur. A cela, s’ajoutent les droits d’inscription et les frais de vie sur nos campus. Tous nos étudiants sont en effet logés sur nos campus afin de leur offrir un cadre de vie propice aux apprentissages, à la vie en collectivité et à l’épanouissement personnel. Le dispositif de bourse est très attractif et permet de prendre en charge les étudiants brillants ne disposant pas des ressources personnelles nécessaires pour leurs études. Ce dispositif peut couvrir tout ou partie des frais de scolarité et des frais de vie. Il bénéficie à une très large majorité de nos étudiants.

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Challenge : Dans les universités publiques marocaines, le Bachelor va remplacer le système LMD. Quelles conséquences sur les programmes des écoles privées ?
Adeline Carton : La réforme du Bachelor répond à quatre enjeux clés de l’enseignement supérieur au Maroc: La question des langues, la question des soft-skills, où la nécessité de former des étudiants aux compétences équilibrées entre leurs expertises techniques, leurs bagages culturels et l’affirmation de leur personnalité, ancrés dans leurs sociétés et conscients des enjeux du monde contemporain. Troisièmement ; la question du positionnement du Maroc comme destination éducative, le Bachelor étant la principale référence à l’international, et enfin, la question de l’individualisation des parcours de formation. La réforme du Bachelor introduisant un minimum de flexibilité et de choix par les étudiants. La réforme semble donc être une très bonne chose, à la fois pour les étudiants et les établissements d’enseignement supérieur privés et publics. Il n’est pas à écarter que ça restera un challenge national assez complexe qui nécessitera collaboration et réactivité, pour certaines structures plus que d’autres, dépendamment des volumétries qui peuvent être plus importantes dans le public que dans le privé.

 
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