Agriculture

Agriculture : Sauver les petits paysans

La saison est perdue pour de très larges régions. Un fonds d’aide d’urgence est nécessaire. Et le plus tôt sera le mieux.


La sécheresse, alliée à une vague de froid extrême de plusieurs semaines, a eu raison non seulement des cultures céréalières, mais de diverses spéculations et arbres fruitiers. Même s’il devait pleuvoir au printemps, ces cultures-là sont perdues.

Grâce aux efforts institutionnels, une assurance a été proposée aux agriculteurs contre les dégâts de ce genre, liés à la nature. Très peu d’agriculteurs y ont souscrit, parfois pour des raisons financières, mais souvent aussi pour des croyances religieuses. L’idée partagée est que l’on ne peut pas s’assurer contre la volonté de Dieu.

Le résultat est que les paysans ont déjà perdu leur investissement, qu’ils doivent vivre cette année et préparer la saison prochaine. C’est un véritable drame pour les petits paysans et des épisodes à répétition de ce genre renforcent l’exode rural, ou tout au moins la dimension des surfaces cultivées.

Depuis le gouvernement Youssoufi, des mécanismes d’aide sont en place et l’Etat contribue à une forme de subventions stabilisatrices, chaque fois que la situation l’exige.

L’année dernière, alors que les récoltes étaient insignifiantes dans plusieurs régions comme les Oulad Hriz, par exemple, ces mécanismes n’ont pas été déclenchés parce que la situation globale n’était pas désastreuse vu que les récoltes ont été très inégales.

Mais, cette année, nous sommes face à une catastrophe à laquelle seules ont échappé les zones irriguées où souvent les terres appartiennent à des féodaux. D’un point de vue social, il est impératif de soutenir les agriculteurs surtout les plus faibles d’entre eux, ne serait-ce que pour les maintenir sur leurs terres.

Les mécanismes d’aides doivent être déclenchés rapidement. Selon des informations fiables, le ministère de l’Agriculture planche dessus, parce que les différentes délégations régionales, qui ont une véritable expertise, ont tiré la sonnette d’alarme par des rapports sur la sinistralité certaine.

Les éleveurs ont déjà reçu des compensations après l’abattage du bétail malade. Cela a permis d’éviter la faillite à certains d’entre eux. C’est la même célérité que les agriculteurs, les petits paysans sont en droit d’attendre de l’exécutif. Le fait qu’il s’agisse là de besoins financiers beaucoup plus importants, ne peut leur être opposable. Aucune logique comptable ne permet de laisser dans la précarité absolue, des millions de paysans.

Mais au-delà, il faut repenser la question de la gestion de l’eau. Le stress hydrique est une réalité que ne fait que renforcer le réchauffement climatique. C’est la longue sécheresse des années 80 qui a permis au Maroc d’avancer dans cette réflexion.

Aujourd’hui, il n’est pas permis d’attendre une si longue séquence pour avancer. On nous avait annoncé des barrages collinaires, la généralisation du goutte à goutte, la protection de la nappe phréatique, etc. Il a suffi de quelques bonnes années pour que ces chantiers ralentissent. Le Maroc est un pays semi-aride, cette saison nous le rappelle.

Challengenews
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