Economie

Agro-industrie Les plats prêts à consommer gagnent les Marocains

Adressés surtout à l’export, les plats cuisinés prêts à la consommation commencent à peine à percer le marché local, ce qui fait de ce segment de l’agroalimentaire une niche d’avenir. PAR  Hayat Gharbaoui


Al’heure où le scandale des lasagnes à la viande de cheval fait ravage sous d’autres cieux avec des effets collatéraux sur le Royaume, de plus en plus d’opérateurs se lancent sur le marché des plats cuisinés. Le dernier connu en date n’est autre que Cartier Saada. Le spécialiste de la conserve de fruits et légumes s’est lancé en novembre dernier dans la production de plats prêts à la consommation avec quatre nouvelles recettes en conserve : tapenade noire, salade d’aubergine, tomates confites et harira. «En se lançant sur cette niche nous cherchions à sortir des sentiers battus, mais surtout à nous positionner sur un marché qui bouge», explique Hassan Debbarh, directeur général de Cartier Saada. La société cotée en bourse, dont 95% de la production est adressée au marché extérieur ne cache pas que cette diversification verse dans le même sens que le reste de son activité. Donc, leurs nouveaux produits sont surtout adressés à l’export. Ce n’est pas là une spécificité de Cartier Saada, loin de là. Les producteurs opérant sur ce segment sont pratiquement tous orientés essentiellement vers la demande extérieure. «Lors de notre lancement, notre production était destinée 100% à l’export, quatre ans après, le marché local s’est accaparé 35% de notre chiffre d’affaires», explique Nadia Mabrouk, directrice générale de Salvema, société spécialisée dans la fabrication et l’exportation de plats cuisinés typiquement marocains prêts à être consommés. Il est clair, que même si l’export reste la principale cible des opérateurs, le marché local n’est plus à négliger. «C’est la tendance partout et même au Maroc, aussi minime soit-elle. C’est une vraie niche d’avenir», lâche Hassan Dabbarh. D’ailleurs, quelques mois seulement après avoir investi ce segment, Cartier Saada travaille déjà sur deux nouvelles recettes qu’elle compte bientôt lancer pour étoffer son offre. Il est clair que le mode de consommation favorise l’intérêt de la ménagère moderne à ce genre de produits. Mais pas seulement. «L’évolution du mode de vie influence également la consommation. On retrouve aujourd’hui beaucoup plus de célibataires habitant seuls qu’auparavant. Ces derniers sont intéressés par ce type de produits», explique Nadia Mabrouk. Autre preuve que le marché local est de plus en plus demandeur, et l’accueil que réservent les opérateurs marocains de la grande distribution à ce genre de produits. Pas plus tard que l’an dernier, les GMS (Grande et moyenne surface) telles que Marjane ou Carrefour n’avaient pas de rayons dédiés à ce type de produits qui était finalement dilué dans le rayon conserves avec le maïs et autres. Cette année, les choses peuvent changer. «Nous sommes en négociation avec certains opérateurs de la grande distribution pour qu’ils mettent en place un rayon dédié», explique Nadia Mabrouk.

L’offre n’est pas la même !

Par ailleurs, il est important de signaler que la demande à l’export est différente de celle du marché local. En s’adressant aux marchés étrangers, les producteurs misent énormément sur la gastronomie marocaine comme cuisine connue dans le monde. Un atout qui fait que les plats cuisinés font ravage ailleurs, du fait de la prolifération de la World food et du marché Halal. Par contre, quand on s’adresse au marché local, il est difficile de faire acheter à une marocaine un tagine de viande surgelé. Par contre, «elle serait plus intéressée par la cuisine internationale qu’elle n’a pas l’habitude de préparer chez elle», explique Nadia Mabrouk. Si ce n’est pas le cas de Salvema ou de Cartier Saada qui écoulent la même production à l’étranger et au Maroc, misant toujours sur la gastronomie marocaine, Paty’s lui, a misé sur la cuisine internationale. En effet, en se lançant sur ce marché en 2009, Paty’s adresse aux ménages des produits tels que les boulettes en sauce, le hachis parmentier, la pizza, les lasagnes, les hamburgers,… Qu’il soit une niche d’avenir est une certitude, mais y accéder n’est pas facile. «C’est un marché qui demande beaucoup d’investissement en matière de recherches et développement et en matériel», explique Hassan Dabbarh. Donc le maitre mot, c’est l’innovation! 

 
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