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Ahizoune s’en va…Vers où ? Comment ? Et pourquoi ?

C’est sorti comme ça, sur un de ces sites d’infos qui pullulent en ces temps où la Raison a toutes les peines du monde pour survivre face à la désinformation et à la démagogie.


Qu’on se le dise, bonnes gens, et qu’on se le répète à satiété pour bien l’inculquer, désormais l’info va si vite, qu’elle risque de se perdre en route.

Les excès de vitesse ne sont bons ni pour la conduite automobile, ni pour la réflexion et le bon sens.

Alors abreuvés de faits qui sont, parfois, plus bidons qu’un seau sans fond, mais alléchés quand même, parce qu’on boit à ces fontaines de l’info, comme guidés par un malin plaisir, ou aussi peut-être parce que «on ne sait jamais», on succombe à cette mode terrible de la surconsommation de « news ».

L’overdose guette, et si celle-ci ne tue pas, elle peut néanmoins vous endommager le cerveau pour longtemps.

Alors donc, on a découvert l’autre jour, cette « info » qui annonçait que le 22 juillet prochain, lors de l’Assemblée générale de la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme (FRMA), M. Ahizoune rendra son tablier de président.

Pourquoi donc cette info nous choquerait-elle autant, alors qu’il n’y a là rien de plus normal.

M. Ahizoune a été élu à la FRMA en 2006. Une élection suivie d’une audience Royale (privilège et honneur rares pour un président de fédération sportive) qui, d’emblée, placèrent Ahizoune parmi les dirigeants qui comptent. 13 ans se sont passés depuis, et comme si le chiffre 13 était vraiment synonyme de porte malheur, voilà que le départ d’Ahizoune est annoncé comme si une sanction lui serait tombée sur la tête.

C’est que le personnage malgré tout son enthousiasme, sa passion et sa disponibilité pour le travail fédéral, n’a  vraiment jamais eu  bonne presse. Cela peut paraitre paradoxal pour un homme qui, à la tête, d’Itissalat Al Maghrib, a recueilli tous les éloges possibles et imaginables.

Mais, le monde de l’entreprise diffère de celui du sport, par le fait que dans le premier tout est clair, net et précis alors que dans le second, on tombe dans le domaine du subjectif et de l’informel.

La rigueur dans la gestion administrative de la FRMA, n’a pas été considérée par la vox populi qui, elle, réclame des médailles, d’or s’il vous plait, et des records mondiaux comme au temps des Aouita et consorts.

Qui dira que, partout dans le monde, l’athlétisme a baissé et que les performances se sont noyées dans les terribles soupçons de dopage.

Alors il est devenu facile de taper sur Ahizoune pour un oui, ou pour un non.

L’homme, lucidement, nous a dit, un jour, en confidence : «Mon vrai problème c’est que je suis patron de Maroc Telecom».

Comprenez par-là que des médias et personnes mal intentionnés, peuvent l’accabler sous prétexte qu’ils ne figurent pas dans ses campagnes publicitaires.

C’est aussi simple et aussi sordide que cela.

Tout le reste est bavardage.

 
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