Sport

Ahizoune : victime collatérale des clans de l’athlétisme national

Cet article est indépendant de celui publié au verso (Les points sur les « i », Challenge numéro 686)<;


Mais il peut être lu comme une suite logique ou comme un acte de justice rendu à une personne qui, quoique citée à tort et à travers, n’est pour rien, mais absolument pour rien dans les fâcheuses querelles qui secouent le monde de l’athlétisme, même s’il est le président de la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme (FRMA) depuis maintenant plus de 13 ans.

Abdeslam Ahizoune a gardé un calme olympien malgré les récentes sorties d’Hicham El Guerrouj (voir « les points sur les « i », Challenge numéro 686) qui l’exhortaient à intervenir contre le sieur Yahia Saïdi.

Au contraire du ministre de tutelle, si Talbi Alami qui lui a réagi très vite, le président Ahizoune ne s’est pas exprimé. Du moins publiquement et officiellement.

Mais on parlait de rendre justice au patron de la FRMA et partant, on va expliquer le pourquoi et le comment de ce silence face aux injonctions du champion Guerrouj.

Ahizoune, bien avant qu’il ne devienne président de la FRMA, était déjà un fan absolu des courses et épreuves de l’athlétisme.

Passion qu’il partage avec un autre monsieur haut de gamme, Fayçal Lahraïchi actuel boss du Comité National Olympique Marocain (CNOM) et de la SNRT (les radio et télévision nationales).

Les deux hommes connaissent bien les Guerrouj, Aouita, Nawal, Bidouane, ils les ont admirés en tant que champions universels et souvent soutenus.

Devenu en 2006, président de la Fédération d’Athlétisme, Ahizoune est entré dans une fédération où les polémiques et de sordides campagnes de presse sévissaient.

Dans cette ambiance de règlements de comptes à tous les étages, Ahizoune a voulu être le pacificateur. Il a multiplié les réunions, les engagements, les promesses.

Il fut vite entouré de tas de conseillers, par l’odeur alléchés, et il se mit à penser aux futurs succès qui ne manqueraient pas d’arriver, comme ce fut le cas dans la splendeur parisienne de 2003 et du championnat du monde.

À Paris, où Abdeslam Ahizoune a suivi les exploits, en spectateur privilégié des 1500 m, 5000 m et marathon.

Trois ans après Paris, le voici donc en pleine mission fédérale, mais à la place d’exploits et de pistes glorieuses, il se retrouve dans un marigot d’intrigues, où tous se détestent cordialement, où « X » ne veut pas travailler avec « Y » et où le maestro « Z » veut bien en être, mais à condition d’être tout seul et que personne ne vienne intervenir dans ses affaires.

Last but least, des affaires de dopage s’amoncellent, des licences falsifiées réapparaissent. Les hommes de confiance d’hier vous trahissent aujourd’hui, et de conflits en procès, le temps s’égrène et les triomphes attendus ne se pointent pas à l’horizon.

Alors quand Guerrouj crie au scandale, ce n’est plus que péripétie anodine pour Ahizoune. Il en a vu d’autres et avalé plus de couleuvres qu’à son tour, il est revenu de tout.

Surtout d’avoir cru que l’athlétisme national serait un long fleuve tranquille et non pas le fétide marigot où des intérêts particuliers divergents se bousculent et se bagarrent, au risque de faire couler l’équipage.

Mais non, il faut garder l’espoir, notre sport national en a vu d’autres. Et il s’en est toujours remis.

Alors du haut de sa tour, Ahizoune continue d’espérer et de rêver au jour où tout deviendra meilleur.

Ce jour où la sagesse l’emportera sur les … caprices.  

Challengenews
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