Transport urbain

Alberto Pérez : « Nous bataillons pour faire avancer le transport urbain !»

ALSA Maroc, spécialiste en matière de transport urbain, touristique, personnel et scolaire, vient récemment de mettre en circulation deux nouveaux bus panoramiques à vocation touristique animés par la technologie hybride dans la ville de Tanger. L’occasion pour Alberto Pérez, Directeur général de la filiale marocaine du transporteur espagnol de revenir plus en détail sur cette actualité et de lever un coin du voile sur quelques orientations stratégiques futures qui lui tiennent à cœur pour le développement de son groupe. 


Challenge : Vous venez de mettre en service deux bus hybrides à Tanger, une première dans votre flotte de véhicules. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Alberto Pérez : ALSA est consciente du fait que l’activité de transport contribue à augmenter la pollution, surtout en milieu urbain. Quoique la contamination par passagers est beaucoup moindre dans le transport public que dans le reste des moyens de transport ; je pense plus particulièrement aux véhicules privés, aux taxis, aux motos, nous voulons apporter notre contribution à la réduction des émissions à effet de serre par l’introduction de technologies plus propres qui améliorent la qualité de l’air dans la ville où nous opérons des services en matière de transport urbain. C’est l’exemple que nous voulons suivre.

Vous opérez également dans d’autres régions du Royaume avec des bus électriques, notamment à Marrakech. Prévoyez-vous d’investir d’autres villes avec ce type de véhicules ? 

Contrairement aux bus hybrides de Tanger, nous disposons à Marrakech d’une flotte de véhicules 100% électriques, en plus d’un transport touristique avec quatre bus à deux étages. Même si la technologie est différente, l’objectif est le même, à savoir améliorer la qualité de l’air dans la ville et réduire la pollution. Sachez qu’à Marrakech, nous exploitons depuis 2017 dix bus électriques qui circulent dans les couloirs affectés aux Bus à Haut Niveau de Services (BHNS ndlr) de l’Avenue Hassan II.

Des technologies qui présentent tout de même certaines contraintes, notamment l’électrique, en termes d’exploitation au quotidien ? 

Les nouvelles technologies propres, qu’elles soient électriques, hybrides ou autres, ont beaucoup d’avantages. Nous les utilisons en mode de test afin de pouvoir bien comprendre leur fonctionnement en matière d’exploitation. Mais ces technologies ont encore beaucoup de contraintes opérationnelles qui les empêchent d’être généralisées pour l’ensemble du parc d’une ville. Je parle concrètement de l’autonomie des véhicules électriques qui ne réclame pas plus de neuf heures de service, sans parler de la durée de vie des batteries. Malgré ces contraintes, nous sommes convaincus que les technologies électriques ou hybrides constituent l’avenir du transport urbain.

Vous êtes depuis peu délégataire de la gestion du transport urbain au niveau de Rabat et de ses régions. De combien de bus disposez-vous pour mener à bien cette exploitation commerciale ? Qu’en est-il en termes de création d’emplois ?

Nous avons démarré le nouveau service de transport urbain de l’agglomération de Rabat, Salé et Temara le 21 août dernier. Initialement, nous avons commencé avec un parc de 150 véhicules, qui a augmenté jour après jour pour arriver à 255 bus en service actuellement et qui arrivera à 350 engins à la fin de ce mois. Au total, nous allons créer 1 750 emplois directs pour garantir correctement le déroulement du service. Malgré tous les problèmes associés à un démarrage si compliqué, vu la situation critique dans laquelle se trouvait l’ancien opérateur, nous sommes très satisfaits de la réaction des usagers et de l’appui reçu de la part des autorités de la ville et des élus. Nous sommes sûrs que cela a été un très bon démarrage et que, quoiqu’il reste beaucoup de choses encore à faire, nous avons pu garantir une transition douce entre l’ancien et le nouveau service, sans perturbations majeures.

ALSA a essuyé récemment des actes de vandalisme visant les bus. Comment gérez-vous cela ? 

Le vandalisme est un mal qui détériore la qualité de service du transport urbain dans la plupart des villes marocaines. Le manque de civisme de quelques individus cause à leurs concitoyens une augmentation du temps d’attente dans les arrêts de bus, à cause de l’indisponibilité des véhicules endommagés pour réparation. C’est pour cela que nous avons équipé tous nos engins avec quatre caméras de sécurité qui enregistrent tout ce qui se passe à bord pendant toute la journée, pas seulement ceux de Rabat, mais toutes nos exploitations au Maroc. C’est d’ailleurs grâce à ces caméras de surveillance que nous avons pu mettre à la disposition de la police des éléments tangibles permettant d’identifier les responsables de ces actes de vandalisme. Même s’ils ne sont que des cas isolés, nous allons continuer à réagir de façon très ferme pour éviter que ces actes se répètent, au détriment des usagers. 

Challengenews
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