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Algérie : l’Europe dans l’expectative

Après un silence assourdissant, la presse européenne s’empare du dossier algérien, mais sous le mauvais prisme, celui du fantasme d’une invasion migratoire. Fantasme car les jeunes Algériens ne sont pas dans la perspective de quitter le pays mais de le reconstruire et que pour le moment, ils sont l’espoir d’y arriver.


Au niveau des Etats, les choses sont plus complexes. Il y a bien sûr l’économie et les ressources tirées des hydrocarbures. Mais la réalité c’est que la Chine et la Russie ont pris une large part du marché algérien. La France n’a plus que 5 milliards de dollars d’échanges avec l’Algérie. Le Gaz d’un côté et les céréales de l’autre constituent l’essentiel avec l’automobile.

L’Algérie est en fait importante en tant qu’espace géopolitique. Elle partage des frontières avec les pays du Sahel, le Maroc et la Tunisie. Elle a la façade méditerranéenne la plus importante de la région. Cet espace déstabilisé, c’est la grande crainte de pays comme l’Espagne, la France ou l’Italie.

Les chancelleries, les services européens, retiennent leur souffle. Pendant des décennies, tous ces pays se sont accommodés d’un pouvoir dont le respect de la démocratie n’est pas la valeur cardinale. Les manifestations ont une telle envergure que cette position devient intenable.

Nul ne sait comment la situation en Algérie va évoluer. Une ouverture politique paraît très compliquée à mettre en œuvre, parce qu’elle signifie le retrait de la candidature du président sortant et son remplacement par un homme du système acceptable par la rue. La répression créerait les conditions d’un nouveau conflit ou du moins d’un enlisement grave.

L’Europe paye l’absence d’une politique méditerranéenne. Même après la chute de Ben Ali et Moubarak, elle a continué sur les vieux schémas, refusant le co-développement, l’intensification des relations culturelles, le soutien aux réformes politiques.

Aujourd’hui, elle est paralysée face à une situation qui met en péril sa propre sécurité. Ne l’oublions pas, le terrorisme est prégnant au Sahel, aux frontières de l’Algérie. C’est l’angoisse du moment à Paris, Madrid ou Berlin.

 

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