Blog de Jamal BerraouiOpinions

Alioua et l’Etat de droit

Khalid Alioua n’a jamais fait partie de mes amis. Au sein de l’USFP, nous avons toujours été dans des camps adverses. Ceci dit, alors que j’étais dans une situation difficile, il a eu la grandeur d’oublier nos divergences et de me venir en aide. Les Tihadis sont très grégaires, et Alioua est un Tihadi.
Selon l’acte d’accusation, Khalid Alioua a fauté. Personnellement, je n’ai aucun problème là-dessus. La justice doit s’imposer, mais justement, la justice et non pas un acharnement sélectif.
Khalid Alioua n’est pas accusé de détournement de milliards de dirhams, ce que ses prédécesseurs ont fait. Selon l’acte d’accusation, il n’a pas dilapidé les fonds du CIH. Ce qu’on lui reproche, c’est un abus de pouvoir. Il aurait utilisé sa fonction pour s’octroyer des avantages inclus. La somme des dommages est ridicule. Un président d’une banque emprisonné pour deux millions de dirhams, c’est tout simplement ridicule. Ceci dit, il faut invoquer l’Etat de droit. La loi ne spécifie pas le préjudice. Quand on sort des clous, quand on commet un délit, on est sanctionné et ce, quel que soit le butin. Il est donc normal que Khalid Alioua soit poursuivi, l’accusation devait apporter les preuves de ce qu’elle avance.
Seulement, il y a un acharnement et c’est cela qui pose problème. Je refuse l’argument qui consiste à dire que lui n’a pas volé des milliards, que finalement ce qu’on lui reproche, tous les présidents le font. Je refuse cet argument parce qu’un dirigeant tihadi, comme la femme de César, n’a même pas le droit d’être soupçonné.
Khalid Alioua est en détention préventive depuis trois mois. Il a toutes les garanties possibles pour se présenter devant la justice. Khalid n’est pas Zahidi. Ce n’est le genre d’hommes à quitter son pays et à aller se réfugier chez sa belle famille.
Dans ce dossier, il y a un problème, celui de l’acharnement. La justice ne se comporte pas normalement avec l’accusé Khalid Alioua. C’est aussi simple que cela. Le maintenir en détention préventive, le présenter comme un « exemple » de la pourriture alors que ses écarts supposés sont très limités, est une injustice.
J’ai toujours pensé et écrit que la justice, quand elle ne s’applique pas à tous, elle est sélective et est vécue comme une injustice. C’est en fonction de ce principe que je rejoins le comité de soutien à Khalid Alioua. Je ne l’absous en rien, mais je refuse que la justice devienne une machine à broyer des citoyens pour des raisons qui n’ont aucun lien avec la loi. Je défends Alioua, parce que je veux un Etat de droit qui protège tous les citoyens. Je défends Alioua, parce que je défends notre droit à tous à bénéficier de procès équitables. Ils s’acharnent contre lui, ils utilisent la justice pour le punir, l’humilier. Je dis non. Si Alioua à fauté il doit payer, mais en aucun cas ses droits de citoyen ne peuvent être piétinés. C’est ce qui est en train de se passer et je refuse d’être complice.

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