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Amidou, l’ami doux

Le Maroc perdait, le 19 Septembre, l’un de ses plus grands ambassadeurs artistiques à l’étranger. Hamidou Benmassaoud avait 78 ans et mourrait d’envie de contribuer à l’élaboration d’un nouveau plan culturel marocain. 


L

e plus international des acteurs marocains nous a quittés après une hospitalisation qui a duré trois mois. L’incomparable artiste d’ici avait 78 printemps. Et il meurt meurtri, lui qui voulait tourner dans un film en y incarnant Hassan II. Hamidou Benmassaoud débarque en France en 1952 à l’âge incertain de 17 ans. Il s’inscrit au Conservatoire de Paris avec la ferme ambition de devenir « quelqu’un ». Il embrasse le théâtre pour se dédier ensuite au cinéma sous l’apport fidèle de Claude Lelouch dès le début des années 1960. Amidou (père de l’actrice Souad Hamidou) tourne, finalement, une dizaine de films sous la direction d’un cinéaste prolifique malgré ce que lui fait endurer la profession entre brimades et mises à l’écart. Amidou gagne ses galons d’acteur en se laissant embarquer dans des aventures, a priori, insoupçonnées.

Il se jette corps et âme dans des projets où tous les coups sont permis, si on excepte les siens. Il est impliqué dans des productions faites pour ne pas exister, il s’«emballe» et finit par se faire, toutes proportions gardées, un nom. Le «petit Marocain» ne tarde pas à devenir grand. Après des films signés par son ami Claude Lelouch et d’autres collaborations avec Lautner et Cavalier, Amidou  se tronque pour mieux justifier son ultime et déterminant élan. Le bonhomme rêve d’Amérique et de son troublant Hollywood. Il finit par y atterrir en 1975 où il officie dans le fameux «Rosbud» qui lui permet de côtoyer Peter O’Tool et Isabelle Huppert. Deux années après, c’est la consécration auprès du public marocain grâce au «Convoi de la peur» dirigé par l’inénarrable réalisateur en 1973 de «L’Exorciste», William Friedkin. Hollywood n’a, du coup, plus de secret pour cet acteur qui joue, bien plus tard dans «Spy Game» de Tonny Scott aux côtés de Robert Redford et Brad Pitt. Au théâtre comme à la télévision, Amidou déploie un savoir-jouer multidimensionnel. Merci d’être passé par là et à bientôt l’artiste.  

 
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