Politique

Arabisation : Benkirane fragilise El Otmani

Abdelilah Benkirane, l’ancien chef du gouvernement s’est une nouvelle fois exprimé sur l’enseignement des matières scientifiques en langue étrangère. Auparavant, il avait appelé son parti à en faire une question de principe quitte à abandonner le gouvernement.


Cette position proche du parti de l’Istiqlal avait déjà bloqué le débat parlementaire. Les deux partis se réfèrent à leur vision de l’identité et à la relation de la langue arabe avec le Coran. Ce débat existe depuis l’indépendance et le camp conservateur l’a toujours mis en avant, alors que leurs enfants sont dans les missions étrangères.

Mais politiquement, la situation étant intenable, le chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, ne pouvait pas accepter que son parti vote contre un projet de loi qu’il a signé et qui est celui du gouvernement qu’il dirige.

Les tractations ont duré plusieurs semaines pour aboutir à une ligne médiane. En majorité, les députés du Parti Justice et Développement (PJD) vont s’abstenir, la majorité étant assurée, puisque même le Parti Authenticité et Modernité (PAM) va voter pour.

Mais ce n’est qu’un pis-aller. Le chef du gouvernement fragilisé a été obligé de venir devant la Jeunesse de son parti défendre le projet de loi, « qui est dans l’intérêt du pays », soutient-il. Le problème est profond.

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Benkirane, depuis son éviction, se présente comme le « Résistant » alors que son successeur serait malléable à merci. Là, il l’accuse ouvertement de céder devant les « lobbys francophones ». Le projet de loi serait, selon lui, attentatoire à l’identité nationale et viserait à perpétuer la domination française.

Ces accusations sont très graves dans le contexte du PJD. Issu du Mouvement Unicité et Réforme (MUR), c’est le corpus idéologique qui maintient l’unité du parti islamiste. Or celui-ci est arc-bouté autour de l’Islam et de l’arabité. Abdelilah Benkirane cherche à déstabiliser son successeur en l’attaquant sur ce qu’il considère comme étant les fondamentaux du PJD.

Ce jeu retrouve son prolongement au parlement, parce que Benkirane a toujours ses relais. La faiblesse de la coalition gouvernementale donne plus de poids à cette divergence entre deux hommes qui ne se sont jamais appréciés.

Lire aussi : Le projet de loi-cadre sur l’enseignement adopté par la Chambre des représentants

 

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