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Arancha Gonzalez Laya, ministre espagnole des Affaires étrangères : «nous sommes ouverts à écouter le Maroc sur le Sahara» [Interview]

L’accueil de Brahim Ghali en Espagne pour y être soigné a provoqué une crise diplomatique majeure entre Rabat et Madrid. Un peu plus d’un mois après le déclenchement de cette crise, Arancha Gonzalez Laya, ministre espagnole des Affaires étrangères, a accordé une interview au média espagnol La Vanguardia, parue ce dimanche 20 juin. La cheffe de la diplomatie espagnole a été interrogé sur divers sujets, notamment l’admission de Brahim Ghali dans un hôpital espagnol, les positions de l’Union européenne, des Etats-Unis, de l’Algérie… Quelques morceaux choisis.


Sur la situation actuelle : « Nous voulons sortir au plus vite de cette crise »

« Nous ne voulions absolument pas de cette crise, dont nous voulons évidemment sortir au plus vite. Nous allons travailler pour qu’un espace de confiance se crée à partir duquel la relation peut être réorientée. Cela demande une grande prudence de notre part ».

Sur un éventuel geste de l’Espagne envers le Maroc : « Discrétion et prudence pour instaurer la confiance »

« J’ai peur d’être un peu ennuyeuse dans cette interview. Discrétion et prudence pour instaurer la confiance ».

Sur l’accueil fait à Brahim Ghali et sur l’éventualité d’une autocritique : « j’ai promis de défendre les intérêts de mon pays… »

« Je suis la plus critique de moi-même dans mon ministère. J’ai toujours été autocritique, par nature. Cela dit, je suis aussi ferme dans mes convictions. Je ne les change pas facilement. Lorsque j’ai pris mes fonctions de ministre des Affaires étrangères, j’ai promis deux choses : défendre les intérêts de notre pays et représenter les valeurs de la société espagnole ».

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Sur les positions de l’Union européenne et des Etats-Unis : « L’UE a pleinement soutenu mais les États-Unis ont été beaucoup plus distants »

« L’Union européenne a pleinement soutenu l’Espagne, mais les États-Unis ont été beaucoup plus distants. Washington a regardé ailleurs après le déclenchement du problème de Ceuta, qui a coïncidé avec la crise de Gaza… »

Sur la question du Sahara : « nous sommes prêts à considérer toute solution que le Maroc propose »

« Sur la question du Sahara, nous avons toujours été extrêmement prudents. Nous comprenons parfaitement que le Maroc ait une grande sensibilité sur cette question. Cette attitude respectueuse passe notamment par le fait de ne pas vouloir influencer la position que peuvent adopter les États-Unis. Nous voulons une solution négociée dans le cadre des Nations-Unies. Dans ce cadre, nous sommes prêts à considérer toute solution que le Maroc propose, sachant qu’il n’appartient pas à l’Espagne de servir de médiateur, puisque ce rôle doit être joué par les Nations Unies ».

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Sur les probables remerciements de l’Algérie à l’Espagne : « La gratitude que nous avons reçue est celle de la personne qui a reçu une assistance médicale »

« La gratitude que nous avons reçue est celle de la personne qui a reçu une assistance médicale face à une santé critique ».

Sur l’agence européenne Frontex et la possibilité qu’elle surveille les frontières entre les villes de Sebta et Melilla : « C’est en étude »

L’une des questions que nous évaluons est de savoir s’il est approprié d’intégrer, même partiellement, l’agence Frontex dans la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne à Ceuta et Melilla. Rien ne se fera sans consensus avec les autorités des deux villes.

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