Conjoncture

Attijariwafa bank décrypte les perspectives économiques de 2019

En ce début d’année, la fondation du groupe bancaire Attijariwafa bank fait la lumière sur les défis et les perspectives économiques du Maroc, du continent africain et même au-delà.


Dans le cadre de la 45ème édition de ses rencontres périodiques intitulées « Echanger pour mieux comprendre », la fondation d’Attijariwafa bank a réuni un parterre d’éminents économistes, chefs d’entreprises, d’analystes… dans le but de décrypter les zones d’ombre de la conjoncture actuelle.

Abdou Diop, managing partner du cabinet Mazars, Frédéric Louat, directeur du cabinet Riser Maghreb, et Mehdi El Fakir, économiste, senior consultant en Stratégie et management du risque, étaient les principaux invités de cette grande conférence placée sous le thème «Le Monde, l’Afrique, le Maroc : quelles perspectives pour 2019 ? ».

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« Le Monde a profondément changé depuis la crise financière de 2008, et le rythme des mutations s’est nettement accéléré au point qu’il est de plus en plus difficile de se projeter. Mais cela ne doit pas nous empêcher de poser des questions qui s’imposent à nous parce qu’elles sont cruciales pour notre avenir », a souligné Ismail Douiri, directeur général du groupe Attijariwafa bank, dans son allocution d’ouverture. « Les projections concernant le Royaume forcent à l’optimisme. Le FMI table, dans ses projections publiées en novembre 2018, sur un taux de croissance de 3,2% en 2019, tandis que Bank Al-Maghrib prévoit un taux de 3,1%, sous réserve que soient menées à terme, toutes les réformes structurelles requises », a-t-il ajouté.

Pour Frédéric Louat, les risques majeurs qui peuvent impacter l’économie mondiale dans les prochains mois sont de divers ordres. Il a notamment pointé du doigt le protectionnisme qui se concrétise et se généralise, les incertitudes géopolitiques et la montée du populisme qui, paradoxalement, pourrait être bénéfique à la conjoncture à court terme, dans la mesure où elle peut se traduire par une relance budgétaire, sous la pression populaire…

« En 2019, le Maroc va évoluer dans un environnement international qui sera moins favorable, puisqu’il y a un ralentissement de la croissance un peu partout dans le monde. Et cela est le résultat du ralentissement de la croissance chinoise, de la montée des taux d’intérêt américains, etc.

Ces différentes situations impactent le Maroc dans la mesure où les demandes qui lui seront adressées vont baisser. Toutefois, le Maroc a montré une capacité de résilience qui dépassait probablement ce qu’on attendait depuis une bonne dizaine d’années », a soutenu le directeur du cabinet Riser Maghreb.

Vers plus d’intégration régionale

De son côté, Abdou Diop a plutôt estimé qu’il y a de nombreuses raisons qui poussent à l’optimisme en ce début d’année. Il a notamment axé son intervention sur la relation Maroc-Afrique, et comment le Royaume peut tirer son épingle du jeu, notamment en misant sur plus d’intégration régionale.

Diop a ainsi expliqué que la demande d’intégration du Maroc à la CEDEAO, qui regroupe tous les pays de l’Afrique de l’Ouest, a tout son sens dans la mesure elle permettra de régler plusieurs problèmes. Pour lui, il n’est pas normal que le Maroc, qui aujourd’hui est devenu le premier investisseur étranger dans plusieurs pays de ce bloc, continue encore de faire face à des barrières tarifaires et autres dans cette région.

« Nous ne pouvons pas avancer sans l’intégration régionale. Nous ne pouvons pas avoir 10 hubs dans le continent. Nous devons raisonner Régional. Chaque pays doit se spécialiser dans des secteurs particuliers. Ainsi, nous serons armés pour la Zone de Libre Echange Continentale », a-t-il fait remarquer.

Sur le plan politique, Abdou Diop a aussi noté de nombreuses évolutions sur le continent. « L’Afrique a évolué vers plus de maturité, sur plusieurs plans. Les résultats des dernières élections confirment l’évolution positive de la gouvernance, et la reprise des cours des matières premières devrait conduire à une reprise économique. De même, les guerres civiles et ethniques sont de moins en moins nombreuses », a-t-il fait remarquer.

Pour sa part, l’économiste Mehdi El Fakir a mis un accent particulier sur la nécessité pour l’Afrique et le Maroc de prendre en considération les aspirations des citoyens et de définir des modèles de développement inclusifs. « L’Afrique est en train de payer cher sa politique qui a omis le facteur sociétal. Les vrais défis pour le continent, y compris le Maroc, sont la répartition de la richesse et l’Education. Les décideurs africains doivent être à l’écoute des aspirations de leurs citoyens et imaginer des modèles de développement basés sur l’inclusion sociale et la répartition équitable des richesses produites », a-t-il conclu.

 
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