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Au CHAN, on a fait tout ce qu’on a pu

La conception des grands spectacles sportifs, Jeux olympiques, Coupe du monde de football, date depuis plus d’un siècle. C’est bien avant la 2ème guerre mondiale que JO et Mondial de foot ont été mis en place. La coupure dramatique et sanglante qui eut lieu de 1939 jusqu’en 1945 pour cause de conflit universel, n’ayant fait que renforcer la conviction des décideurs que les peuples de la planète avaient besoin de communier sportivement, dans de grandes arènes, s’est définitivement installée.


Et c’est ainsi qu’on assiste régulièrement tous les deux ou quatre ans, ou pratiquement chaque année, à des coupes, championnats, bref à des compétitions où s’engagent plusieurs pays que l’on dit qualifiés.

Cela a pris tellement d’importance dans l’esprit des gens, la télé et les sponsors y ont mis tant de moyens que, désormais, la vie des fédérations nationales sportives ne tournent qu’autour de la manière de se retrouver… qualifiés pour disputer un tournoi d’envergure.

Jeux Olympiques, Coupe du monde, Championnats et Coupes continentales se jouent partout et tout le temps. Regardez, par exemple, le tennis. Les meilleurs joueurs du monde se disputent chaque saison sur tous les courts du globe terrestre, challenges et grands chelems. Il y a tellement d’argent dans le sport que l’on n’a pas hésité à multiplier les compétitions.

On joue pour un titre national et puis il y a les autres trophées, Coupe arabe, Coupe asiatique, Coupe d’Afrique du Nord, en attendant le retour de la Coupe du Maghreb, et après on passe aux Coupes d’Afrique en attendant de pouvoir aller en Coupe du Monde.

Pour être vu, pour gagner de l’argent, pour augmenter son aura et ses moyens financiers, il faut se qualifier.

Répétons-le, cette qualification est la carotte proposée à tous, derrière laquelle tous courent dans l’espoir de la mériter un jour.

Cependant, comme tout a une fin, on peut se demander jusqu’à quand cela peut-il-durer ?

Est-ce que ce qui marchait si bien en 1950, 70 ou 90 va-t-il encore fonctionner dans ces incroyables années 2000 où tout va si vite, où le spectateur jadis docile et calme dans son salon, ou dans ses stades, est devenu un féroce adepte de la zapette et que sur le terrain, il oublie souvent de rester supporter pour devenir un acharné de la victoire à tous prix.

On ne compte plus les terrains soumis à des huis clos, et les interdictions de déplacement pour les publics des équipes adverses.

Au Maroc, qui a accepté d’affronter les défis du CHAN, on a peut être commencé à voir les limites du système. En 2018, et encore plus dans les années à venir, comment peut-on demander à des spectateurs de s’intéresser chaque jour et pendant trois semaines à 2 matchs quotidiens ?

Cela était possible lorsque la société était moins saturée de chaînes de télé et de sollicitations de toutes sortes. Les loisirs sont désormais à portée de main, parce que le principal objet de divertissement et d’occupation, le Smartphone, tient au creux de la main.

Même au stade, même face à la télé, on passe parfois plus de temps à regarder son portable qu’à suivre le match, alors quand ledit match oppose des équipes dont le destin ne vous intéresse que vaguement, c’est la baisse d’audience assurée.

Pour un Maroc-Guinée qui fait le plein au complexe Mohammed V, Rwanda-Guinée Equatoriale, ou Congo-Burkina Faso, se sont déroulés dans des stades pratiquement vides.

Et cela n’est pas exclusif au Maroc. Dans tous les grands rendez-vous mondiaux, le public attend les confrontations entre les meilleurs et ne s’intéresse que peu à ceux qu’il ne connaît pas. En tennis, Federer et Nadal font toujours le plein au détriment d’autres peut être plus méritants, mais, hélas, moins médiatisés.

Alors pourquoi organiser tout cela ? Peut être qu’il va falloir, à la FIFA ou au CIO réfléchir à d’autres formules? Par exemple ne faire jouer dans un pays organisateur que des équipes à partir des quarts de finale. Tous les matchs du premier tour devront être joués dans d’autres pays : une idée qui gagnerait à être creusée, parce qu’on risque bientôt de n’avoir plus à gérer que le vide.

On en a vu, en Coupe du monde de foot, des matchs qui n’intéressaient personne.

Au Maroc, notre pays pour l’instant, a pu sauver l’honneur, sur le plan résultats d’abord et ensuite sur le plan organisationnel.

Franchement, en un si court laps de temps, il aurait été difficile de faire mieux.

Notre pays a relevé le défi de l’impossible.

En attendant qu’un jour l’on se rende compte que le système court à sa perte.

Les JO et les Mondiaux de foot sont condamnés à plus ou moins longs termes.

À cause du nouveau mode de vie fait de télévision et d’internet.

L’un des plus grands spectacles du monde est en train de mourir de sa belle mort, lentement et sûrement. Il s’agit du cinéma où les salles se vident et se ferment peu à peu.

Aussi vrai que les chevaux-vapeurs ont tué les diligences et les autres déplacements à dos de cheval, le spectacle sportif devra, tôt ou tard, s’adapter à ce nouveau monde avec ses valeurs et ses populations.

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