Entreprises & Marchés

Augmentation de capital chez Tecmed

Devant l’échéance en 2014, de plusieurs contrats de gestion de collecte des ordures, notamment à Tanger et Casablanca, la société procède à une augmentation de capital. Le but est clairement de se positionner et d’adresser un message fort à l’endroit des élus.


La société TECMED vient de procéder à une augmentation de capital de 100 millions de dirhams au profit de son partenaire et principal actionnaire, à savoir le groupe Actividad Contruciones et Services (ACS). ACS a participé à cette augmentation de capital à travers sa filiale Urbaser, également basée en espagne.

«Cette somme est intégralement destinée à renforcer la flotte de collecte d’ordures», précise Luis Masiello, directeur général de Tecmed. Toujours selon le patron de Tecmed, cette augmentation de capital permet ainsi de faire face à la croissance des besoins en matière de ramassage des ordures dans les villes dans lesquelles la société est présente.

Tecmed revendique la place de premier acteur dans le secteur du ramassage des ordures au Maroc. Toujours selon son directeur général, la société est concessionnaire du ramassage des ordures dans des communes de 13 villes du Maroc, comprenant aussi bien des grandes agglomérations comme Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger, Salé, Kénitra et Méknès, que des villes plus modestes comme Béni Mellal, Khouribga, Imin Tanout, Chefchaoun, Berrechid, Martil, et Gznaya. Au total, la zone couverte par Tecmed cumule plus de 5 millions d’habitants et les enjeux financiers portent sur quelques 580 millions de dirhams de chiffre d’affaires annuel.

Cet investissement vise notamment à mieux répondre aux besoins de ces communes partenaires. Car, dans des villes comme Casablanca, les commentaires de certains élus ne sont pas très tendres avec les concessionnaires de la gestion de la collecte des ordures. A plusieurs reprises,les conseillers municipaux ont formulé des remarques quelquefois très acerbes, allant jusqu’à remettre en question le contrat de concession. Mais pour Luis Masiello, «dans certaines grandes villes, du fait de la taille des agglomérations,des remarques ne sont pas à exclure». Sans réellement le citer, on devine qu’il pense notamment à Casablanca. Mais pour lui, le fait que plus d’une douzaine de villes ou communes fassent confiance à Tecmed est une preuve de la qualité de son service et il semble confiant par rapport à l’avenir de Tecmed, notamment quant il s’agit de reconduire certains marchés.

Dans ce sens, la société devra bientôt subir un test dans la commune de Tanger où un appel d’offre a été lancé depuis le 21 octobre dernier, concernant la gestion de la collecte des déchets solides. L’ouverture des plis est prévue dans les semaines prochaines et permettra de savoir si Tecmed a été à la hauteur par rapport au contrat de concession. En effet, depuis 2006, la société Tecmed est concessionnaire de la capitale du Détroit, à travers un contrat qui arrive à terme en 2014.

Il est clair que les concurrents de Tecmed sont à l’affut pour la remplacer à Tanger.

Par ailleurs, à la suite des reproches royales adressés aux élus de Casablanca, les opérateurs du secteur à Casablanca, en l’occurrence, Tecmed, Pizzorno et Sita El Beida ont été sommés de revoir leur qualité de service et de présenter un plan d’actions prioritaires. A ce niveau également,les trois acteurs devront se montrer convaincants pour espérer voir leur contrat reconduit à partir du 1er mars 2014.  

Tribune et Débats

La tribune qui vous parle d’une actu, d’un sujet qui fait débat, les traite et les analyse. Économistes et autres experts, patrons d’entreprises, décideurs, acteurs de la société civile, s’y prononcent et contribuent à sa grande richesse. Vous avez votre opinion, convergente ou différente. Exprimez-la et mesurez-vous ainsi à nos tribuns et débatteurs.

Envoyez vos analyses à : [email protected], en précisant votre nom, votre prénom et votre métier.

 
Article précédent

Ces PME qui se risquent sur le continent africain

Article suivant

Les répercussions économiques d’une régularisation