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Baisse du prix du pétrole… à quand celle à la pompe ?


Après avoir dépassé les 140 dollars, les barils du pétrole brut lourd et celui du brut connaissent depuis le mois de juin 2014 des baisses d’environ 40 dollars, soit presque (-38%). C’est, en principe, une bonne nouvelle qui devait se traduire par un allègement des prix à la pompe. Le dernier communiqué du gouvernement a annoncé des baisses du prix du litre d’essence et de la tonne du fuel.  Ces baisses semblent en déphasage avec les baisses du pétrole brut.  par Driss Al Andaloussi

Le marché de l’énergie demeurera plein d’énigmes et les fluctuations des prix demeureront le résultat d’une multitude de facteurs politiques d’abord, et en lien avec la demande ensuite. Les signes de reprise de l’économie mondiale devaient normalement consolider les prix. Les conflits politiques et même ceux menaçant les lieux de production devaient en réduire l’offre et faire enclencher une marche vers la hausse de la valeur de l’or noir. Les réserves sont un facteur qui tend à rassurer les générations futures sur la possibilité de disposer d’énergies fossiles en grandes quantités. L’Agence internationale de l’énergie(AIE) a affirmé, dans son rapport de 2013, que les pays de l’OPEP feront leur retour sur le marché dans les années 2020 comme principaux pourvoyeurs du brut mondial.
La production nord -américaine considérée comme fossile non conventionnelle et la production de l’offshore brésilien ne pourront égaler l’apport de l’Arabie Saoudite. L’amélioration des techniques d’extraction permettra d’aller chercher le pétrole à de très grandes profondeurs et rendra plus facile la production du pétrole de schiste. Ceux qui parient sur une sortie du Moyen Orient de la zone de priorités stratégiques des USA et de l’Europe, doivent encore attendre longtemps. L’énergie moyen-orientale a encore devant elle des clients et notamment, dans les pays émergents de l’Asie et surtout dans une Chine qui ne peut se passer du pétrole pour se maintenir dans les premiers rangs des exportateurs et des producteurs de marchandises dans le monde.
 
Le Maroc attend son tour pour produire suffisamment

Chez nous, la recherche s’intensifie par rapport à un passé où les opportunités d’investissement  n’étaient pas alléchantes pour les grandes compagnies et où le gain potentiel n’était pas porteur pour les investisseurs. Les Marocains attendent avec un certain espoir, de bonnes nouvelles qui pourraient alléger notre facture pétrolière et améliorer nos capacités de financement de nos besoins économiques et sociaux. L’image du pétrodollar est toujours liée à la richesse dans les pays du Golf. En attendant, les Marocains qui ont presque intériorisé l’indexation, veulent un fonctionnement plus juste de ce mécanisme. Ils ont payé à la pompe des coûts additionnels pour mobiliser leurs véhicules de transport de marchandises, de personnes et pour profiter d’un « certain confort » lié à la possession d’un véhicule privé, et ils suivent avec attention les mouvements à la baisse du prix du baril. Les quelques centimes de baisse annoncés par le dernier communiqué du ministère de Si El Ouafa, ne reflètent pas ce qui  fait  l’actualité et le bonheur de l’occident et qui pousse certains pays producteurs à envisager des coupes drastiques dans leurs budgets. Le 15 janvier 2014, le Chef du gouvernement a institué par arrêté le système d’indexation de certains produits pétroliers liquides.
 
Le dernier communiqué sur les prix…attente déçue

Toute décision de révision à la baisse des prix à la pompe doit en principe, tenir compte du calcul des moyennes des cotations internationales des produits raffinés d’origine de Rotterdam et de celui de la moyenne du cours de change du dollar américain par rapport au dirham. Cette indication implique un retard dans la survenue de l’impact du pétrole brut sur le produit raffiné.
Les problèmes liés à l’écoulement des stocks des produits raffinés ne permettent pas d’enregistrer des effets immédiats sur le coût à la pompe. C’est pour cette raison que le communiqué du 30 novembre 2014 n’a pas annoncé des baisses substantielles devant refléter la situation sur le marché mondial du pétrole. Seules des baisses de 27 centimes pour l’essence et  de 341,36 DH pour la tonne du fuel ont été enregistrées à partir du 1er décembre. Le prix du litre du gasoil est toujours fixé à 9,69 DH.
Les citoyens espèrent que les effets de la baisse du prix du baril arrivent le plus tôt possible à notre ville  « raffineuse » Mohammedia et  leur fera gagner quelques points en pouvoir d’achat. Ceci dit, il reste nécessaire de mieux communiquer sur ce dossier et ne pas le laisser entre les mains de ceux qui adorent le ranger dans un ésotérisme trop savant et pernicieusement loin de la compréhension générale.

 
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