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Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25%

Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 2,25%, un niveau jugé « approprié » par son conseil, a annoncé le Wali de la banque centrale, Abdellatif Jouahri.


Sur la base de l’évaluation notamment des trajectoires de l’inflation et de la croissance à moyen terme, le conseil a jugé que le niveau actuel du taux directeur de 2,25% reste approprié et décidé ainsi de le maintenir inchangé, a indiqué M. Jouahri lors d’une conférence de presse à l’issue de la 2ème réunion trimestrielle du Conseil de BAM au titre de 2018.

En effet, l’inflation a marqué une nette accélération sur les quatre premiers mois de l’année, a fait remarquer le Gouverneur de la banque centrale, avant de souligner que cette évolution reflète l’impact de la révision par le Haut Commissariat au Plan (HCP) en mars dernier de la structure du panier de référence de l’indice des prix à la consommation, ainsi que des hausses notables des prix des produits alimentaires à prix volatils et des tarifs des produits réglementés. Portée par ces chocs temporaires, l’inflation devrait ainsi atteindre 2,4% en 2018, avant de revenir à 1,4% en 2019, tandis que sa composante sous-jacente, qui mesure la tendance fondamentale des prix, continuerait à évoluer à des niveaux modérés, avoisinant 1,1% en 2018 et 1,6% en 2019, a estimé M. Jouahri.

En ce qui concerne la croissance nationale, le Gouverneur a fait état d’une poursuite de la reprise des activités non agricoles « mais à un rythme lent », précisant qu’après avoir accéléré à 4,1% en 2017, la croissance devrait revenir à 3,6% en 2018 et à 3,1% en 2019, alors que la consommation des ménages et l’investissement maintiendraient un rythme soutenu à moyen terme. A moyen terme, les activités non-agricoles poursuivraient leur reprise avec une croissance de 3,2% en 2018 et de 3,5% en 2019, a-t-il relevé, ajoutant que la valeur ajoutée agricole s’accroîtrait de 5,7% en 2018 à la faveur de la bonne campagne agricole, avec notamment une production céréalière estimée par le Département de l’Agriculture à 98,2 millions de quintaux, avant de reculer de 1,7% en 2019, sous l’hypothèse d’une campagne agricole normale. Le Gouverneur a, par ailleurs, évoqué une « relative amélioration » du marché du travail au 1er trimestre 2018, faisant savoir que le taux de chômage s’est établi au niveau national à 10,5% contre 10,7% par rapport à une année plus tôt, et ce suite à l’entrée nette de 92.000 demandeurs sur le marché et le recul du taux d’activité de 0,4 point à 47,1% au cours du 1er trimestre 2018.

Sur le volet des comptes extérieurs, Abdellatif Jouahri a mis en relief la poursuite de la dynamique des exportations avec une hausse de 8,9% à fin mai 2018, expliquant cette situation par « la belle performance » du secteur de l’automobile et des ventes de phosphates et dérivés. Pour leur part, a-t-il poursuivi, les importations ont marqué une progression de 9,7%, en lien principalement avec des accroissements de 13,4% pour les biens d’équipement, de 12,5% pour la facture énergétique et de 7,8% pour les produits finis de consommation. Abdellatif Jouahri a également souligné « des hausses notables » de 15% des recettes de voyage et de 9,7% des transferts des MRE. Dans ces conditions, et sous l’hypothèse d’afflux d’IDE équivalents à 4,4% du PIB et 3,5% respectivement, les réserves de change termineraient l’année à 255,4 milliards de DH et s’établiraient à 245,9 milliards de DH au terme de 2019, assurant ainsi la couverture de 5 mois et 25 jours puis 5 mois et 18 jours d’importations de biens et services, a-t-il dit.

Au plan monétaire, le cours du dirham s’est apprécié au premier trimestre de 2,5% contre le dollar américain et s’est déprécié de 1,8% vis-à-vis de l’euro, traduisant principalement la variation de la parité euro/dollar, a fait savoir le Gouverneur, précisant que le taux de change effectif s’est déprécié de 0,9% en termes nominaux et de 0,8% en termes réels, contribuant ainsi à maintenir des conditions monétaires accommodantes. De leur côté, les taux débiteurs ont accusé un recul de 15 points de base, qui a concerné notamment les prêts immobiliers et les facilités de trésorerie aux entreprises, a-t-il relevé, notant que dans ce contexte, le crédit au secteur non financier a progressé de 4,1% à fin avril, avec une hausse notable des prêts à l’équipement, alors que les facilités de trésorerie ont accusé une diminution.

Au niveau des finances publiques, l’exécution budgétaire à fin avril s’est soldée par un creusement du déficit budgétaire de 1,4 milliards de DH à 14,2 milliards de DH, résultat en particulier d’un recul du solde positif des comptes spéciaux du Trésor. Dans le détail, les recettes ordinaires ont augmenté de 1,1%, reflétant principalement l’amélioration des rentrées au titre des impôts indirects, tandis que les dépenses globales se sont allégées de 1,1%, avec notamment des baisses de 2,7% de l’investissement et de 11,7% de la charge de compensation.

A moyen terme, l’ajustement budgétaire devrait se poursuivre à un rythme, toutefois, « plus lent que prévu en mars », le déficit devant avoisiner 3,4% du PIB en 2018 et 3,3% en 2019, a-t-il résumé. Par ailleurs, Abdellatif Jouahri a fait savoir que lors de cette réunion, le conseil de Bank Al-Maghrib a examiné et approuvé le rapport annuel sur la situation économique, monétaire et financière du pays, ainsi que sur les activités de la banque au titre de l’exercice 2017.

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