Médias

Belgique : de la diversité dans les médias

La MAP a signé un reportage en Belgique sur le rôle joué par les médias communautaires. Ainsi, l’agence est partie à la rencontre d’acteurs du secteur (une station radio et une chaîne de télévision) pour en savoir un peu plus sur leurs missions.


Au-delà de leurs fonctions classiques d’information, de formation et de divertissement, les médias communautaires en Belgique se targuent, à juste titre, d’avoir réussi à assurer une autre belle mission, celle de faire entendre la voix de la communauté marocaine, avance la MAP. Dans le plat pays, une chaîne de télévision câblée et une station de radio émettant en bande FM et sur internet tentent chaque jour de relever ce défi.

« Maghreb TV » et « Arabel » ont réussi à se frayer un chemin dans le paysage audiovisuel en proposant une programmation qui reflète la diversité qui caractérise la société belge, tout en misant sur la proximité, à travers des émissions de débat, de culture et de divertissement. La mission est claire: Renforcer les échanges et le dialogue entre les membres de la communauté et la société d’accueil dans un esprit de cohabitation et de vivre-ensemble. Les deux médias soutiennent œuvrer également à renforcer l’attachement de la communauté marocaine à son pays d’origine, en proposant des émissions qui rapprochent leur public de l’actualité marocaine, des grands événements et des sujets de proximité.

Lancée en 2010, « Maghreb TV » est diffusée sur le câble à Bruxelles, en Flandre et en en Wallonie. Elle touche potentiellement 2,5 millions de téléspectateurs parmi la communauté marocaine et arabe de Belgique. Pour son directeur Mohamed Tijini, la chaîne essaie à travers des émissions consacrées à la vie culturelle, politique et sociale des Marocains de Belgique, de refléter le dynamisme des membres de la communauté marocaine et de traiter les sujets qui les préoccupent. Maghreb TV s’est également assignée pour mission de renforcer l’attachement des Marocains à leur pays d’origine en proposant des émissions sur le Maroc. Maghreb TV joue également un rôle pédagogique en consacrant des émissions liées à la citoyenneté et des programmes à caractère religieux de manière régulière et à l’occasion du mois de Ramadan et durant les fêtes, citant à titre d’exemple l’émission en néerlandais « Islam Van Dag » (l’Islam aujourd’hui)  qui traite de sujets liés aux questions religieuses selon le rite malékite et les valeurs de tolérance et du juste milieu, et ce dans l’objectif de prodiguer les meilleurs conseils aux jeunes et de les protéger contre les idées obscurantistes. Le directeur de Maghreb TV a toutefois confié que les débuts de la chaîne n’étaient pas faciles faisant état de certaines difficultés liées notamment « aux préjugés et à la perception négative en Europe des médias arabes ».

« Arabel FM », est cette autre composante du paysage médiatique belge. Créée depuis déjà trente-trois ans sous le nom de « Radio Al Manar », Arabel FM  a fait sa mue en 2013 avec de nouveaux locaux aménagés selon les standards professionnels, une nouvelle identité visuelle et surtout une nouvelle grille de programmes à la fois en arabe, en français et en amazigh.

Comptant une dizaine d’animateurs, cette radio communautaire s’offre les services de plusieurs bénévoles et dispose d’une plateforme technique moderne et d’une bonne visibilité en termes de publicité, d’audience et de popularité. Arabel FM s’est en quelques années imposée parmi les grandes radios du pays en se classant 8ème par le service d’agrégation et de mesure d’audience « Radioline ». Car, explique son directeur Mehrez Dougui, l’équipe rédactionnelle, de plus en plus professionnelle, mise sur la proximité et se veut généraliste. Sa grande préoccupation est de mettre à la disposition des auditeurs une information de proximité et des émissions qui reflètent le vécu social, culturel et économique de la communauté arabe de Belgique.

Sans prétendre remplacer les médias traditionnels en Belgique, Maghreb TV et Arabel FM semblent avoir acquis une certaine notoriété qui leur permettra de continuer d’informer et de divertir,  de franchir des murs et de jeter des ponts.

 
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