Finance

Blanchiment : des progrès à renforcer

À peine sorti de la liste grise des paradis fiscaux établie unilatéralement par l’Union européenne, le Maroc se retrouve intégré dans une autre liste grise, cette fois-ci en matière de blanchiment de capitaux.


Les grandes puissances ressemblent à des personnes qui, ayant réussi à grimper et à monter le plus haut, une fois arrivées au sommet, retirent les échelles pour empêcher les autres de monter. Autrement dit, le résultat de l’accumulation internationale des capitaux qui s’est déroulée sur plusieurs siècles, à travers guerres coloniales et pillage des ressources, doit être conservé par des règles dites de transparence, souvent dictées par les « vainqueurs ».

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Au cours des 20 dernières années, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme est devenue une priorité internationale pour les États. Le Royaume du Maroc a été le premier à y adhérer et à mettre en place un arsenal juridique, ainsi qu’une organisation efficace à travers l’Unité de traitement du renseignement financier (UTRF), appelée à devenir une « Autorité nationale des renseignements financiers ». Le dispositif anti-blanchiment mis en place est jugé « largement conforme » avec 21 recommandations (contre 10 recommandations), satisfaisant largement les exigences du Groupe d’action financière internationale (GAFI), en matière de surveillance et de contrôle des organismes à but non lucratif. Malgré ce bon départ, l’évolution récente a été appréciée comme étant insuffisante au regard des normes du GAFI qui se sont qualitativement renforcées.

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En effet, la déclinaison de certaines recommandations est perçue comme non conforme. Il s’agit par exemple de la mise en œuvre des sanctions financières ciblées, sans délai. Il en est de même de la mise en place des mécanismes de détection des transports physiques transfrontaliers d’espèces et instruments négociables au porteur. Les faiblesses soulignées par le GAFI devraient nourrir les réformes contenues dans le projet de loi relancé au mois de décembre 2020, outre le renforcement des attributions de l’UTRF. Ainsi, l’un des « premiers plats » du prochain gouvernement post électoral devra certainement être celui de la lutte contre le blanchiment, mais aussi ceux afférents à l’enrichissement illicite et à la nouvelle instance de lutte contre la corruption. Ce sont là trois chantiers étroitement liés et conditionnant les progrès en matière de bonne gouvernance des affaires publiques.

 
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