Banques

BMCE Bank of Africa cherche à monter dans le capital de ses filiales africaines

Après trois années blanches dans la conquête de nouveaux territoires (ni croissance externe ni création ex-nihilo d’une nouvelle banque), le groupe BMCE Bank of Africa se tourne vers la consolidation du contrôle de sa principale filiale et tête de pont de ses activités en Afrique, à savoir BOA Group.


Le groupe présidé par Othman Benjelloun cherche activement à monter davantage dans le capital des filiales bancaires fédérées sous la bannière Bank of Africa. Il faut dire que ce réseau bancaire panafricain créé en 1983 par Paul Derremaux (avant qu’il n’en revende progressivement le contrôle à BMCE Bank à partir de 2008) compte dans presque chacune de ses 15 filiales bancaires des minoritaires (souvent importants) de différents types (institutionnels et privés locaux, agences internationales, établissements étatiques locaux…). Certaines filiales, comme la Banque de Crédit de Bujumbura, ne sont détenues qu’à hauteur de 20% alors que la moyenne du pourcentage de détention (toutes banques confondues) est aux alentours de 66%. 

Une telle structure capitalistique génère une « déperdition » chez BOA Group de plus de 50 millions d’euros (près de 550 millions de dirhams) au titre de l’ampleur des intérêts minoritaires, lesquels viennent rogner d’autant le bénéfice net consolidé qui s’élève, à fin 2018, à près de 133 millions d’euros (près de 1,5 milliard de dirhams soit plus que le résultat net social de BMCE Bank of Africa !) et ce, en le ramenant à seulement 82,6 millions d’euros (près de 900 millions de dirhams) au niveau du résultat net part du groupe (le seul qui compte réellement). Et cela sans compter que BOA Group n’est elle-même contrôlée qu’à hauteur de 73% par BMCE Bank of Africa. D’où un autre coup de rabot de près de 250 millions de dirhams dans l’étage supérieur (pour la même raison). In fine, l’actionnaire marocain de référence ne capte réellement que 45% des 1,5 milliard de dirhams précité….alors qu’il cherche par tous les moyens à améliorer les ratios de sa performance financière notamment son retour sur fonds propres.

L’enjeu est donc de taille pour les actionnaires du troisième groupe bancaire marocain. Ne lui reste que de casser sa tire-lire pour convaincre ses partenaires dans les différents tours de table des entités Bank of Africa et en premier lieu les trois agences européennes, le français Proparco, le belge BIO et le néerlandais FMO, qui détiennent à elles trois près de 15% de BOA Group et se retrouvent (individuellement ou conjointement) dans l’actionnariat d’au moins la moitié des 15 filiales opérationnelles. Affaire à suivre. 

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