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Bourse : les secteurs et actions qui résistent à la crise du coronavirus

Si au terme des neuf premiers mois de l’année, l’activité des sociétés cotées reste globalement en berne, le troisième trimestre semble prometteur au regard du redressement des réalisations commerciales d’une majorité de secteurs industriels au moment où les financières s’en sortent moins bien qu’au premier semestre, selon BMCE Capital Research.


Au terme des neufs premiers mois de l’année, les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, ont enregistré un chiffre d’affaires en repli de -4,8% à 170,3 milliards de DH comparativement à la même période un an plus tôt, selon BMCE Capital Research.

Dans sa note « Earnings T3 2020 », BMCE Capital Research estime que si au terme des neuf premiers mois de l’année, l’activité des sociétés cotées (à l’exclusion de 3 sociétés n’ayant pas publié leurs indicateurs, soit moins de 1% de la capitalisation boursière) reste globalement en berne, le 3ème trimestre semble « prometteur » au regard du redressement des réalisations commerciales d’une majorité de secteurs industriels. Ainsi, BMCE Capital Research fait état d’une hausse de 4,6% du PNB des financières à 50 milliards de DH, redevable principalement à la bonne tenue de la marge d’intérêt des Banques de la Place (+7,8%) dans un contexte marqué par le développement du crédit aux entreprises (lequel a été soutenu par Damane Oxygène et Damane Relance).

L’évolution du PNB intègre toutefois un recul de la marge sur commissions et du résultat sur opérations de marché de l’ordre de 1,5% et 8,1% respectivement, en raison d’une diminution de l’activité liée à la crise sanitaire, souligne la filiale de BMCE Capital dédiée à la Recherche et à l’Analyse Financière.

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En outre, le chiffre d’affaires des Industries a accusé une baisse de 8,7% à 107,5 milliards de DH, intégrant notamment une contraction des revenus de plusieurs entreprises. Parmi celles-ci, Total Maroc qui a pâti du recul de la demande de carburants depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire ainsi que d’un effet prix négatif dans le sillage du repli des cours du pétrole à l’international ou encore LafargeHolcim Maroc, en raison de la baisse notable de la demande nationale de ciment en 2020 impactée par le ralentissement des chantiers durant la période de confinement (-13,13% à 8,7 millions de tonnes à fin septembre 2020).

Sonasid a également vu ses revenus se replier suite à l’effondrement de son activité consécutivement à l’arrêt des activités de construction dans un double contexte d’intensification des importations et de poursuite de la tendance baissière des prix sur le marché international. Idem pour les immobilières, qui ont été très affectées par l’arrêt des chantiers pendant le confinement ayant entrainé un retard des livraisons des promoteurs et du recul des préventes suite au report d’acquisition par les ménages, ont été fortement touchées.

Par ailleurs, le chiffre d’affaires du secteur Assurance & Courtage a connu un repli de 4,6%. Ce résultat s’explique, selon BMCE Capital Research, par un mauvais comportement de la Branche Vie (-14,8%) en lien avec une diminution de la collecte épargne, notamment les versements libres. Pour sa part, l’activité Non-Vie s’est améliorée de 1,2% en dépit de la crise sanitaire, précise la filiale de BMCE Capital.

Top 10 des plus fortes hausses et baisses de chiffres d’affaires

En détails, si Immorente Invest (15 %), CIH Bank (13 %), BCP(11 %), Dari Couspate (10 %), Promopharm (10 %), Disway (9 %), LabelVie (8 %), Managem (8 %), Microdata (7 %) et Sothema (4 %), ont enregistré les plus fortes hausses de chiffres d’affaires (en cumulé), en revanche, IB Maroc ( 70%), Addoha ( 70%), Zellidja ( 67%), Risma ( 63%), M2M Group (63 %), Rebab Company ( 49%), CTM ( 47%), Med Paper ( 37%), Maroc Leasing (31 %), et Alliances (30 %), forment le Top 10 des plus fortes baisses de chiffres d’affaires (en cumulé).

Par plus gros contributeurs, les Banques drainent 27,5% des revenus au troisième trimestre 2020, suivies par Maroc Telecom avec 16,1%, les sociétés agroalimentaires avec 8,9%, les spécialistes des matériaux de construction avec 7,9% et les opérateurs gaziers avec 6,3%.

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En séquentiel, les revenus de la cote Boursière enregistrent une amélioration de +4,1% à 56,9 milliards de DH comparativement au deuxième trimestre 2020 attribuable à la bonne tenue de l’activité des industries (+14,8%), profitant principalement de la reprise, sur le troisième trimestre, des secteurs ayant été les plus impactés par le confinement au deuxième 2020. Il s’agit notamment, de la distribution automobile avec l’allègement, depuis fin mai, des restrictions sanitaires et la réouverture de l’activité commerciale directe, des cimenteries et la sidérurgie avec le redémarrage des chantiers combinée à une meilleure dynamique de l’activité immobilière suite à la levée du confinement et la hausse significative des préventes au troisième 2020, ou encore de la distribution des hydrocarbures, essentiellement Total Maroc, avec une redynamisation du trafic au niveau des stations-services et de la hausse des cotations du pétrole après un deuxième 2020 fortement impacté. Toutefois, cette évolution a été atténuée, selon BMCE Capital Research, par la mauvaise orientation des réalisations commerciales des Banques (-13,5%), s’expliquant notamment par un recul du résultat sur opérations de marché sur le troisième trimestre 2020 suite à un deuxième trimestre exceptionnellement bien orienté en raison de la baisse du taux directeur.

Des investissements naturellement en baisse

Au volet des investissements, les entreprises cotées ont mobilisé une enveloppe globale de 8,1 milliards de DH sur les 9 premiers mois de l’année, en retrait de -13,4% en glissement annuel, selon BMCE Capital Research. Plus de 25% de ces investissements sont drainés par Maroc Telecom de par la nature de son activité et sa taille prépondérante dans la place casablancaise.  Toutefois, les CAPEX (total des dépenses d’investissement) engagés par l’opérateur ressortent en chute de -55,9% à 2, 032 milliards de DH à fin septembre 2020 et ce, dans un contexte de tension sur les cashs suite au paiement de l’amende ANRT et à la cotisation au Fonds COVID tout en maintenant un taux de distribution de 100% de ses dividendes. En outre, 23% de cette enveloppe sont assurés par les opérateurs miniers, notamment Managem dont les investissements ressortent en hausse de 26% à 1,65 milliards de DH, portant principalement sur la construction en cours des installations du projet aurifère TRI-K en Guinée. Taqa Morocco en a assuré également 21,2 %, intégrant essentiellement le droit de jouissance complémentaire relatif à la prolongation du Contrat de Fourniture d’Energie Electrique des Unités 1 à 4 pour un montant de 1,5 milliard de DH et des projets de maintenance des Unités, notamment la révision majeure de l’Unité 5 pour un montant de 135 millions de DH.

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