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CAN 2015: Le Maroc doit sérieusement se préparer

Et si nos dirigeants de clubs, tous nos clubs, s’impliquaient vraiment dans la préparation de la prochaine CAN que notre pays doit organiser en 2015 ? Ce grand évènement n’est pas seulement l’apanage de la seule FRMF et de l’Etat sur le plan logistique, mais il relève aussi de la responsabilité technique qui nous incombe pour présenter une équipe nationale compétitive.



D
ans le subconscient de tous les amateurs de football marocains  soit la quasi-totalité de la populationnait le rêve de voir  enfin  les Lions de l’Atlas remporter le  trophée continental. Ambition légitime mais, ô combien difficile, quand on connait la valeur actuelle de notre équipe  et surtout lorsqu’on constate que depuis 2006 et la victoire égyptienne en CAN organisée en terre des pharaons, plus aucun pays organisateur  n’a pris la première place du podium. 

C’est le Nigéria qu’on a vu triompher en Afrique du Sud, comme ce fut la Zambie qui  en 2012, l’emporta au Gabon, alors qu’en 2008 (Ghana) et en 2010 (Angola) ce furent les Egyptiens qui s’illustrèrent au firmament du football  africain. Dans un passé plus éloigné l’une de nos plus fortes équipes nationales, celle de 1986 avec les Krimou, Zaki,  Timoumi, Bouderbala etc .. ne  put dépasser les demi-finales même à domicile, à Casablanca quand notre pays y organisa  la CAN de 1988. Il faut donc prendre en compte tout cela, et bien considérer que la CAN 2015 ne sera pas seulement une question de  stades et d’hôtels, mais aussi l’occasion de présenter un Onze, sinon vainqueur, du moins convaincant et attrayant  à l’image de ce qu’a  réussi le Burkina Faso lors de cette dernière CAN. 

L’implication des clubs

C’est pour cela qu’un travail en profondeur au sein de nos clubs de l’Elite Pro doit être entamé, afin que le niveau technique de nos joueurs s’en  trouve amélioré. On souligne et on insiste sur ce fait, car au vu de ce qui a été présenté ce dernier week-end, à l’occasion de la reprise en  «Elite pro», on a de sérieuses raisons de s’alarmer. Partout un niveau technique faiblard et un spectacle affligeant. Nos entraîneurs  de clubs sont les premiers à monter au créneau pour fustiger les défaillances des Lions de l’Atlas et clouer au pilori les responsables techniques  du Onze national.

Tout en leur reconnaissant le droit absolu de s’exprimer sur la marche de l’équipe nationale, il faut aussi souhaiter, dans le même temps, que leur travail quotidien dans leurs propres équipes ne souffre d’aucun reproche. Ils ont le devoir de former ces joueurs qui viendront renforcer les rangs de l’équipe nationale. Lorsqu’on clame que cette équipe doit être l’émanation de notre championnat, il faut qu’on puisse assumer cette légitime doléance. Mais il y a loin de la parole aux actes, et  loin de la coupe aux lèvres. On déplorait que la majorité de nos équipes dédaigne la formation en préférant se lancer dans des transferts  plus dispendieux les uns que les autres. Plusieurs clubs présentent chaque week-end des équipes où la moitié de l’effectif est composée de  joueurs « étrangers » à la ville. Une grande partie de la désaffection du public vient du fait que les spectateurs n’ont plus  ce lien viscéral entre eux et  ceux qui sont censés représenter leurs couleurs.

Ajoutons à cela, que lorsque les terrains ne sont pas éloignés de la ville  (cas de Marrakech, Rabat,  Fès …) d’autres stades sont vieillissants et doivent être fermés pour travaux. C’est le cas pour le Hassania  d’Agadir, obligé de recevoir à … Taroudant, vivant ainsi le sort qu’ont dû subir Beni-Mellal, Khouribga et même le FUS  en attendant que Tétouan (champion en titre) et d’autres soient à leur tour … délocalisés. Le MAS souhaitait « recevoir » à Meknès, jugeant le terrain  meknassi plus « confortable » que celui de Fès. Cependant, les derniers incidents survenus lors du derby CODM-MAS dimanche dernier, où une foule compacte de spectateurs a dégringolé des tribunes pour venir s’écraser sur les barrières de sécurité,  ont dû sûrement faire annuler ce voeu.

Fort heureusement, celles ci sous le poids des corps, se sont effondrées sinon, on aurait déploré des  morts par étouffement, ce qui aurait pu devenir un drame national. Pratiquement, au même moment, à des milliers de kilomètres de Meknès et de toutes les turpitudes de l’Elite-Pro, le président de la FRMF, Ali Fassi Fihri, s’apprêtait à recevoir l’étendard de la  CAF remis à notre pays en tant que prochain organisateur de la CAN. On a vu le président saisir ce symbole en étant imprégné de  la responsabilité énorme qui en découle. Une responsabilité qui devra être largement partagée par toutes les composantes du foot  national. ■ 

Challengenews
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