Sport

CAN 2019 : ce sera chaud, très chaud

Au propre comme au figuré


Une seule quasi-certitude pour la CAN 2019 qui va se dérouler en Egypte à partir de la mi-juin prochaine, c’est qu’il y fera très chaud. On parle ici de météo, sans aucune allusion au niveau des matchs qui auront, eux, leur propre chaleur, leur effervescence et leurs incertitudes, car il est bien sûr prématuré de parler de favori ou de qualifier de « mortel », de « clément », de « difficile » ou de facile, l’un des six groupes de 4 équipes chacun qui vont aller batailler pour le titre, l’honneur et la gloire.

Pour l’instant, savourons l’état de grâce qui nous sépare du dimanche 23 juin 2019, date où le Onze national entrera en lice face à la Namibie, pour son premier match dans cette compétition.

Pour l’instant donc, on est dans l’attente.

Ce que sera la CAN 2019, personne, à moins d’être le meilleur devin de tous les temps, n’en sait rien.

Elle sera ce qu’elle sera, et qui vivra verra, comme on dit.

Bien sûr les pronostics et les commentaires y afférents, sont le miel et le sel du football-sport roi, sport populaire et qui tire, précisément sa puissance et sa force de tous les engouements qu’il suscite.

Des pronostics et des commentaires qui restent des plus vivaces et dont on ne saurait se passer, même si, souvent, pour ne pas dire toujours, ils s’avèrent faux. Combien de fois, après coup, n’avons-nous pas lu ces titres qui soulignaient que tel match avait «démenti tous les pronostics», ou que le résultat de tel autre avait confondu les meilleurs analystes et les techniciens les plus chevronnés.

C’est donc que personne, à vrai dire, n’est capable de cerner ce que sera un simple match, alors a fortiori, une compétition aussi relevée et mystérieuse que la Coupe d’Afrique des Nations devrait nous inciter à ne pas trop en faire d’ici la mi-juin et de nous préparer. Nous préparer à tout, car tout reste possible, autant le triomphe que la catastrophe. Eh oui, c’est comme ça mais, pour l’instant, il n’y a encore rien, ce qui s’appelle rien, pour envisager l’une ou l’autre des situations.

Pour convaincre de la justesse de ces propos, rappelons un peu d’histoire.

Oh, n’ayez pas peur, il s’agit d’histoire récente, car cela s’est passé en 2008. A l’époque, la CAN allait se dérouler au Ghana. Les Lions de l’Atlas étaient coachés par Henri Michel qui faisait là un retentissant come-back au Maroc.

Et justement, l’équipe nationale galvanisée par le retour d’Henri Michel dont tout le monde rappelait la belle prestation des footballeurs marocains lors du Mondial 98, cette équipe nationale donnait d’éclatants signes de santé.

N’avait-elle pas réussi un superbe match nul, au stade de France à Paris, contre les Bleus (2-2) ?

Ce match avait comblé d’aise les fans des Lions de l’Atlas et Skitioui y avait trouvé gloire et reconnaissance. Personne n’oubliera ses débordements et sa conduite de balle et puis il y avait aussi le rajaoui buteur, star d’entre les stars qui ravissait les foules. On parle de Soufiane Alloudi. Après le nul avantageux contre l’équipe de France, voilà que, trois jours plus tard, dans un autre match amical, cette fois contre le Sénégal, les Lions de l’Atlas s’imposent 3-0.

On se félicitait alors de cette magnifique préparation pour la CAN et les pronostiqueurs et les commentateurs y allèrent bon train de leur optimisme chauvin.

Dans notre groupe au Ghana on avait le pays hôte, mais aussi la Guinée et, tiens, tiens, la Namibie.

Le premier match nous opposait justement aux Namibiens. Et là, ce fut sensationnel, une équipe nationale irrésistible, menée par Alloudi qui marquera 3 buts, va s’imposer par 5 buts à 1.

On entendit alors des commentateurs pronostiquer que nos Lions ne feront qu’une bouchée de cette CAN en finissant, d’abord, en tête du groupe.

L’euphorie dura 2 jours, le temps que l’on eut à jouer le 2ème match, c’était contre la Guinée, match pris bien sûr à la légère, car on voulut se préserver pour le Ghana.

Et ce fut la gifle retentissante.

Les coéquipiers de Faïdouno nous écrasèrent par 3 buts à 1.

Ensuite, le 3ème match, celui contre le Ghana, ne fut qu’une simple formalité pour Claude Leroy et son adjoint (un certain Hervé Renard) contre un Onze marocain désemparé et qui céda par 2 buts à zéro. On rentra au pays, piteusement éliminés, balayés au premier tour, avec un Alloudi, gravement blessé au genou, et un Henri Michel qui allait lancer son fameux cri : « Le foot marocain est pourri » avant d’être congédié sous les critiques horribles de ceux qui, deux mois auparavant, lui tressaient lauriers et louanges.

Voilà la triste réalité des choses.

En avril, certes il ne faut pas se découvrir d’un fil, mais il ne faut surtout pas extrapoler sur ce qui va se passer en.. juin.

Une seule chose est sûre, c’est que le climat sera chaud. Les températures cairotes, l’été, sont connues.

A part ça tout le reste est bavardage, et perte de temps.

Dans la vie tout change. Très vite. Et en foot, même une fois le match commencé, ça change d’une mi-temps à l’autre, et parfois d’une seconde à l’autre.

Au cimetière

Abdallah Lamrani, fameux défenseur et milieu défensif des FAR et de l’équipe nationale est mort, dimanche dernier.

Il avait joué une CAN, celle de 1972, organisée au Cameroun au temps des Faras et Bamous.

Une CAN qui eut la particularité de voir le Maroc éliminé par tirage au sort (!) au premier tour. Le groupe du Maroc comptait 2 équipes ex-aequo : Maroc et Congo avec égalité en tout : points (3) et buts (3).

Le tirage au sort eut lieu en secret, sans qu’aucun responsable marocain y ait assisté et le Congo l’emporta.

Un Congo qui, avec M’Pelé, allait finir champion.

Le Maroc, lui, très remonté contre la manière dont les choses s’étaient déroulées, claqua la porte du foot africain.

Il y reviendra en 76 (Ethiopie) avec le succès que l’on sait.

Revenons à Abdallah, plus connu sous le nom de « Bakha » il avait été de la Coupe du Monde 70, celles des Houmane, Ghazouani, Hazzaz, Allal et tant d’autres.

Lundi au cimetière des chouhadas à Rabat, ses amis étaient là.

On a vu Ghazouani, Said du Raja, Mehdi du TAS (champion d’Afrique en 76) et quelqu’un rappela qu’Abdallah avait eu comme dernier regret, de n’avoir pas été aux obsèques d’Omar Annouari. Notre regretté collègue, décédé l’an dernier, était, en effet, très proche d’Abdallah.

Ils s’étaient connus, tout enfant, dans le même orphelinat à Yacoub El Mansour à Rabat.

Ensuite, la vie professionnelle, l’un journaliste et l’autre footballeur, les avait fait se retrouver sur d’autres terrains.

Puissent-ils reposer en paix, comme cela est promis à toutes les belles âmes.

Challengenews
Le meilleur de la rédaction sélectionné par Challenge :
 

Article précédent

Arabisation : histoire d’un ratage

Article suivant

Sri Lanka : des attentats font 207 morts et plus de 450 blessés