Commerce

« Carrés des innovateurs », la nouvelle génération de prestations de service des CCIS labellisées par l’OMPIC

Les chambres de commerces, d’industrie et de service (CCIS) veulent réussir leur transformation globale et intégrée qui les implique davantage dans l’investissement, la création d’entreprise et l’entrepreneuriat, l’innovation, la technologie et le développement des marques commerciales.


En quête d’accompagnement pour mettre en œuvre cette mutation, ces institutions centenaires, longtemps sous l’ombre chambres de commerce étrangères et que certains n’hésitent pas à qualifier de coquille vide, désirent se réapproprier les missions qui sont les leurs. Et dans leur vaste opération de restructuration, les CCIS peuvent compter sur sa tutelle, entre le Ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie Numérique et l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC).

Mieux encore, le contexte s’y prête avec le renforcement de la prise de conscience politique de la logique d’investissement dans l’innovation et la propriété industrielle et commerciale en tant qu’outils de croissance économique. Ainsi, sous la houlette de Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, une convention-cadre de partenariat pour le développement de nouveaux services pour accompagner les porteurs de projets, les investisseurs et les entreprises dans les domaines de l’entrepreneuriat, l’innovation, la technologie et le développement des marques commerciales, a été signée jeudi 25 avril 2019, à Marrakech, entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, la Fédération des Chambres Marocaines de Commerce, d’Industrie et de Services du Maroc (FCMCIS) et l’OMPIC. Une initiative qui intervient également à la veille de la journée mondiale de la créativité, l’innovation et la propriété intellectuelle, le 26 avril.

Signée par Moulay Hafid Elalamy, Omar Moro, le président de la FCMCIS, et Larbi Benrazzouk, directeur général de l’OMPIC, en marge du Forum marocain du commerce, cette convention vise la mise en place d’une nouvelle génération de prestations de service au niveau des chambres de commerce, d’industrie et de services autour d’un réseau d’espaces dénommés « Carrés des innovateurs » labellisés par l’OMPIC. De quoi renforcer le rôle des CCIS dans la dynamique entrepreneuriale nationale en tant qu’acteur d’accompagnement actif et de proximité.

En détails, il s’agit de plateforme multi-service physique et digitalisée autour de la création d’entreprise, la promotion de la créativité, le développement de l’innovation et la protection de la propriété industrielle.

Des objectifs stratégiques

Ainsi, ce concept de « Carré des innovateurs », sera déployé dans les régions par l’OMPIC dans le cadre d’un processus de labellisation progressive des espaces dédiés au niveau des chambres de Commerce, d’Industrie et de Services, y compris leurs antennes.

Pour son déploiement, la démarche sera basée sur l’expérimentation afin de développer un modèle économique pérenne avec  des prestations de service à valeur ajoutée de proximité et avec une montée en charge des activités dédiées à l’assistance des créateurs d’entreprises et des investisseurs, la promotion de la créativité et de l’innovation, la promotion de la propriété industrielle et commerciale, et la valorisation des innovations et du savoir-faire des régions.

Il faut dire que cette approche novatrice vient en quelque sorte compléter l’offre actuelle d’accompagnement en faveur des entreprises et des autres acteurs institutionnels à travers le réseau des CCIS au niveau local, ciblant les talents et les entreprises à potentiel de croissance, d’une part, et développant des prestations de qualité et intégrées pour répondre aux besoins quotidiens des entrepreneurs et des investisseurs.

Les chantiers phares et leurs retombées

Pour atteindre ces objectifs stratégiques, trois chantiers clés seront lancés. Le premier concerne la mise en place par l’OMPIC d’une plateforme pour la création et l’accompagnement de l’entreprise, une étape cruciale dans l’amélioration de l’environnement des affaires dès lors qu’elle permettra de doter le pays d’une interface nationale unique et dématérialisée, d’accélérer la convergence des bases de données des parties prenantes pour une meilleure exploitation des données, et de mettre aussi en place un portail de l’entrepreneuriat avec l’opportunité de développement de services à forte valeur ajoutée.

Les bénéfices attendus d’un tel chantier sont la facilitation de l’acte d’entreprendre, la démarche opérationnelle digitalisée, harmonisée et transparente, ou encore l’obtention de données fiabilisées et enrichies pour accroître la valeur économique des informations fournies.

Lié à la délivrance des titres de propriété industrielle et commerciale de qualité et dans les meilleurs délais, le deuxième chantier permettra, entre autres, de « préserver efficacement les droits des créateurs et sécuriser leurs investissements, d’offrir des services de propriété industrielle et commerciale simples, transparents et accessibles, répondant aux attentes des clients et aux besoins du marché » et d’octroyer des droits de propriété industrielle et commerciale et tenir les registres correspondant conforment aux exigences légales et aux bonnes pratiques.

Les attentes pour ce chantier sont « l’efficacité et la transparence des procédures pour la protection et l’application des droits de propriété industrielle et commerciale qui renforcera la confiance des utilisateurs du système marocain de la PIC, la sécurisation des actifs immatériels grâce à la certitude juridique, et la part des actifs immatériels dans l’activité économique et la création des richesses.

Dernier chantier, la promotion de la créativité et valorisation des actifs immatériels. Il consistera en la conception et la mise en œuvre d’une nouvelle offre d’accompagnement pour aider les entreprises à valoriser leurs actifs de propriété industriels et ainsi se développer et créer de la valeur.

En effet, les actions de ce chantier permettront, entre autres, d’accélérer la création des jeunes entreprises innovantes et de valoriser les projets innovants et collaboratifs, de développer et valoriser les marques marocaines et les systèmes de labellisation. Objectif : une meilleure intégration industrielle, l’accélération du développement du marché technologique marocain et le renforcement du système de transfert des technologies,  la montée en gamme et un meilleur taux d’intégration aux chaînes de valeurs mondiales,…

Globalement,  la mise en œuvre de cette démarche se fera en deux phases. La phase pilote du programme nécessitera  18 mois. Elle concerne la mise en place du « Carré des Innovateurs » au niveau des CCIS pilotes désignées par la FCCIS, pour capitalisation sur les résultats et adaptation du concept avant généralisation au niveau des autres CCIS.

A noter que pendant cette étape, « la mise en service des démarches de protection de la propriété industrielle et commerciale sera étendue à toutes les CCIS, conformément aux conventions en vigueur ».

La deuxième phase, l’étape du déploiement régional, consistera en la mise en place progressive du « Carré des Innovateurs » au niveau des CCIS qui manifestent l’intérêt.

Au-delà des simples formalités à accomplir par les entreprises, l’ambition commune des trois parties signataires est de faire de la propriété industrielle un levier de développement et de compétitivité qui favorise la montée en gamme de l’offre marocaine, notamment à l’export et la consolidation de son intégration dans les chaînes de valeurs mondiales.

C’est dire que ce nouveau né « Carrés des innovateurs », va aborder la promotion de la créativité et de l’innovation autrement. Il est bien parti pour être un élément fédérateur des acteurs de l’écosystème d’innovation (les jeunes, les universités, centres de recherches, industriels…).

La réussite d’un tel projet pourra ouvrir la voie à disséminer ce concept en Afrique. Les bailleurs de fonds étrangers ne manqueront pas de soutenir cette initiative nationale. Du côté de la Fédération des Chambres Marocaines de Commerce, d’Industrie et de Services du Maroc, l’on amorce une nouvelle ère au service d’une nouvelle génération d’entreprises, une voie également pour permettant aux CCIS d’assumer leur rôle constitutionnel.

 

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