Dossier

50 femmes qui comptent au Maroc

Consacrer un dossier aux femmes du Royaume qui font bouger les lignes est un moyen efficace pour cerner la situation de la gent féminine au Maroc et sa contribution dans les nombreux défis auxquels le pays fait face. Le choix -forcément subjectif de cinquante femmes qui sortent du lot, chacune dans son domaine, n’est jamais un exercice aisé. S’arrêter à 50 l’est davantage. Bien qu’il faille pour beaucoup d’entre elles jouer des coudes pour s’imposer dans notre société patriarcale (même à compétences égales), leur situation ne cesse de progresser.


Ce sont toutes ces femmes que «Challenge» a voulu célébrer à l’occasion du 8 mars, Journée Mondiale de la Femme, à travers ces portraits représentatifs de cette génération de femmes qui font bouger le Maroc dans l’ombre où elles s’assument. En effet, il faudrait brosser non pas cinquante ou mille, mais un million de portraits de femmes.

Notre sélection (forcément subjective) prouve, s’il en était encore besoin, qu’aucune femme n’est moins méritante qu’un homme. Bien au contraire, à l’image de ces nombreuses femmes qui se battent chaque jour dans les associations, les entreprises, les administrations, les partis politiques…. C’est pourquoi, «Challenge » a pris le parti de ne pas mettre en avant uniquement les femmes chefs d’entreprise ou occupant de hautes fonctions dans les affaires privées. La lecture de ce dossier spécial permettra de cerner l’étendue des domaines de compétences qu’explore la femme marocaine.

A travers le riche panel de femmes qui ont été choisies par la rédaction se mire un certain Maroc qui réussit. Espérons que cette évidence ne sera plus jamais remise en question par une quelconque idéologie rétrograde – et forcément malhonnête. Car nos dirigeant(e)s ne doivent avoir qu’un but : Bâtir une société inconditionnellement égalitaire. Certes, le chemin est encore long à parcourir pour atteindre le seuil de parité…

Salwa Akhannouch
PDG du groupe Aksal

Salwa Idrissi Akhannouch est une businesswoman accomplie. La PDG du groupe Aksal fait partie du cercle très fermé des femmes les plus influentes dans le monde arabe. En mars 2015, elle a été classée huitième femme arabe la plus puissante par l’hebdomadaire économique émirati, Arabian Business. Trois années plus tard, en août dernier, elle a été élue la deuxième femme d’affaires la plus influente en Afrique, juste après la Nigériane Bola Adesola, PDG de Standard Chartered Nigeria. Cette grande patronne incarne aujourd’hui l’une des plus belles réussites marocaines et africaines. Aksal Group, qu’elle dirige, détient le Morocco Mall, qui est le plus grand centre commercial du continent. Avec plus de 15 millions de visiteurs par an, son centre commercial est une vitrine pour le Royaume à l’étranger. C’est en 1993, que Salwa Idrissi Akhannouch crée une société de distribution de matériaux de revêtement et de parquet. Sa carrière prendra sa vitesse de croisière lorsqu’elle introduit au Maroc la franchise Zara en 2004. Après avoir implanté Zara dans tout le Maroc, Salwa Akhannouch confirmera ensuite son règne sur le prêt-à-porter en introduisant, en 2006, la marque Massimo Dutti. Et la businesswoman n’entend pas limiter l’expérience Morocco Mall uniquement à la capitale économique, puisque sa holding, Aksal Group, a signé en mars 2015 avec Wessal Capital un protocole d’accord pour le développement d’un partenariat visant la construction d’un Shopping Mall dans le cadre du projet « Wessal Bouregreg » à Rabat. Récemment, elle a ajouté une belle pierre à son édifice avec le lancement de Yan&One. Cette nouvelle griffe, qui ambitionne de révolutionner l’univers de la beauté au Maroc, est le fruit de plus de trois années de travail et de recherche, qui ont permis de concrétiser un concept innovant et une approche singulière de la beauté. Salwa Akhannouch a hérité de son grand-père, Haj Ahmed Benlafkih, qui a fait fortune dans le commerce du thé dans les années 1960. Elle est également l’épouse de Aziz Akhannouch, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, un riche homme d’affaires et homme politique marocain.

Asma Alaoui
CEO de Africa Key Partners

Elle a réalisé son rêve d’entreprendre en capitalisant sur ses forces. A 35 ans, cette femme d’affaires a gardé le cap pour suivre ses rêves. Entre business woman internationale, mère de famille et spécialiste du marketing, Asma Alaoui est une «inclassable» dans le Maroc moderne. Après un Bac S, Asma Alaoui s’envole en France pour suivre ses études à l’École Supérieure de Commerce de Reims avant de se diriger au Canada où elle décroche sa double diplomation universitaire à Ottawa. De retour au Maroc, elle s’oriente vers le secteur automobile, d’abord chez la Centrale Chérifienne Automobile (CAC), puis Renault. Elle rejoint par la suite Kitea avant de revenir à ses premières amours, l’automobile, via Chevrolet et les marques de General Motors (CFAO). Mais après 10 ans d’expérience dans le Marketing, Asma Alaoui réalise son souhait : se lancer dans l’entreprenariat. Elle a fondé Africa Key Partners, société de conseil et d’accompagnement pour les entreprises qui souhaitent s’implanter au Maroc et en Afrique.

Nadia Fettah Alaoui
DG de Saham Assurances

Nadia Fettah Alaoui est l’une de ces femmes dirigeantes d’entreprises qui font la fierté du Maroc. Elle a été distinguée CEO of the year lors de l’Africa CEO Forum 2018. Animée de passion et de dévouement pour son métier, elle fait partie des Marocaines leaders, qui ont un réel engagement pour leur travail et leur mission qu’elles accomplissent toujours avec brio.
Diplômée de l’Ecole parisienne de commerce, HEC, Nadia Fettah Alaoui fait ses débuts au cabinet de conseil Arthur Andersen. Elle a fondé le groupe Maroc Invest en 2000, avant de rejoindre CNIA en 2005. Depuis, elle a gravi les échelons jusqu’à devenir DGA de Saham Assurances.
Aujourd’hui, grâce aux qualités solides de Nadia Fettah Alaoui, à sa vision stratégique et son sens de l’anticipation, Saham a réussi son expansion africaine. Une expansion matérialisée par l’acquisition en septembre 2015 d’une participation de 53,6% dans le réassureur nigérian Continental Reinsurance. D’autres acquisitions en Angola (2012), au Kenya (2013) et au Rwanda (2014) ont permis à Saham d’accroître son rayonnement sur le continent, portant à 31 le nombre de compagnies d’assurance et de réassurance dans son giron.
Nadia Fettah Alaoui a piloté, avec ses équipes, la cession de Saham Finances au sud-africain Sanlam, en mars 2018, une opération qui a nécessité une année de négociations.

Lisez la suite des portraits des 50 femmes dans Challenge numéro 687 disponible en kiosque.

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