Aviation civile

Chakib Lahrichi, Président d’Alfa Air : « notre arrêt d’activité nous a coûté 2 millions de DH»

Après deux semaines passées au sol, les jets privés d’Alfa Air retrouvent du service. Le préjudice a été estimé par la compagnie à 2 millions de DH. Chakib Lahrichi, Président D’Alfa Air, avait manifesté son mécontentement. Contacté par Challenge.ma, il avait dénoncé les obstacles et les entraves administratifs auxquels fait face la compagnie en contact quasi-quotidien avec la Direction de l’Aviation civile (DAC). Entretien.


Challenge : Quelle est la situation actuelle d’Alfa Air ?

Chakib Lahrichi : Nos activités ont été arrêtées du 22 janvier au 5 février. Deux semaines pour une compagnie aérienne, c’est beaucoup. En effet, nos avions étaient cloués au sol. Et en plus, 50% de la charge mensuelle étaient payés. Globalement, cet arrêt d’activité durant ces deux semaines, nous a coûté 2 millions de DH. Actuellement, nous avons 2 jets qui volent. Il reste évidemment quelques problèmes à résoudre et la semaine prochaine, il y aura au moins 4 jets qui voleront. Le processus pour retrouver une situation normale a été enclenché.

Une commission d’enquête a pris en charge le dossier d’Alfa Air. Pouvez-vous donner plus de précisions ?

Retrouver le certificat d’exploitation (CTE) a impliqué beaucoup d’opérations en amont. Ainsi, après ma plainte, une commission d’enquête dirigée par l’inspecteur général m’a auditionné. Je leur ai remis les preuves de tout ce que j’avançais. Je remercie le ministre et ses équipes de s’être chargés de ce petit incident. Ils ont sauvé une compagnie des griffes de la bureaucratie. On a retrouvé le CTE et l’agrément de maintenance. Des formations faites à l’étranger ont été validées.

Quelle projection pour 2016 ?

La première préoccupation d’Alfa Air, maintenant que les choses sont rentrées dans l’ordre, c’est de faire voler ses avions. Nous projetons de faire une campagne marketing, aussi bien au Maroc, que dans tous les pays africains. Là, on va faire une tournée en Afrique avec un avion. On va aller en Mauritanie, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Nigéria… Nous allons chercher les marchés là où ils sont.

Quels sont les services d’Alfa Air ?

Alfa Air a été créée en 2007. C’est une entreprise familiale. Je suis le créateur et fondateur, et l’actionnaire majoritaire. Un voyage en jet privé, c’est de l’excellence. Le service, d’ailleurs, ne cesse de se parfaire jusqu’à présent. 50% de notre chiffre d’affaires vient du transport sanitaire des malades qu’on emmène en France, ou d’autres qu’on transfère des pays d’Afrique vers Casablanca et Rabat, là où les plateformes médicales sont les mieux équipées. Et des malades qu’on transfère de l’intérieur du Maroc, des régions enclavées vers les métropoles.

Une expérience en particulier à citer ?

J’aimerais citer le cas d’une femme qui a accouchée de quintuplés prématurés à Zagora. Nous l’avions transférée, elle et ses bébés, à l’hôpital Cheikh Zaïd à Rabat. Un mois après, nous les avions raccompagnés à leur domicile. Au-delà de l’aspect financier, il y a des opérations humanitaires qui nous font plaisir. Ce que les gens ne savent pas, c’est que nous avons un rôle d’utilité publique. La moitié de nos vols sont de vols sanitaires. Quand on sauve des vies, ça n’a pas de prix. L’autre moitié concerne le transport VIP.

Challengenews
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