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Chimie : Il ne manquait que la grève pour achever la SNEP


2012 n’est décidément pas une bonne année pour la filiale du groupe Chaabi. La SNEP est au plus mal. Après l’épisode des actionnaires minoritaires insatisfaits et celui de la concurrence des produits américains qui plombent ses résultats, vient l’épisode des grèves qui bloquent l’activité de l’entreprise.

Les usines de la Société Nationale d’Electrolyse et de Pétrochimie (SNEP) sont à l’arrêt depuis le 4 octobre dernier. Ce qui met la société dans une très mauvaise passe. Et pour cause, les salariés de la filiale d’Ynna Holding, sont en grève ouverte de 48 heures renouvelable à souhait. «Un premier débrayage de 48 heures a été opéré, suivi de 5 nouveaux arrêts totalisant 336 heures», avance le top management de la SNEP. L’alliance récente entre la Confédération Démocratique du Travail (CDT) et la Fédération Démocratique du Travail (FDT) a fait au passage, «une victime» parmi les entreprises privées. Car ce sont ces deux syndicats qui portent la grève.
Mais concrètement, que revendiquent les salariés ? Du côté de la SNEP, on  assure que ce sont des demandes strictement matérielles. Les syndicalistes de leur côté affirment que ce qu’ils revendiquent en premier lieu est «la dignité pour leurs salariés». Concrètement, les grévistes auraient demandé des augmentations de salaires dans une fourchette allant de 500 dirhams à 1500 dirhams, mais aussi le rehaussement du plafond de crédits dont ils bénéficient à taux  avantageux…
Justifiées ou pas, ces revendications ne sont pas sans poser la question du timing. «Elles interviennent dans un moment critique où SNEP passe par une véritable période de crise, due à une concurrence déloyale», explique le top management de la société. En effet, les syndicalistes jettent de l’huile sur le feu, à l’heure où la SNEP traverse une période très difficile. Celle-ci doit faire face à une concurrence des plus ardues qui a plombé ses résultats au titre du premier semestre 2012. D’ailleurs, la société a été dans l’obligation de publier un profit warning sur ses résultats pour avertir le marché. Le marché marocain a été inondé par des produits PVC en provenance des Etats-Unis à des prix très bas, que la SNEP n’a pas hésité à qualifier de dumping. Cette situation porte tellement préjudice à l’entreprise, qu’elle a déposé une requête qui a donné lieu à l’ouverture d’une enquête pour la mise en œuvre d’une défense commerciale relative aux mesures antidumping. La SNEP a émis le souhait auprès du Ministère du Commerce Extérieur de mettre en place des mesures provisoires «étant donné la gravité de la situation et l’ampleur des préjudices causés».  
Cet arrêt des outils de production n’est pas sans conséquences sur la filiale d’Ynna Holding et sur ses clients, au regard du rôle de première importance qu’elle joue  auprès de nombreux opérateurs économiques. «L’entreprise s’applique à prendre les mesures nécessaires pour  pouvoir approvisionner le marché», rassure le management de la SNEP. Et d’ajouter, «aussi et vu les conséquences pénalisantes qu’un blocage prolongé de la production pourrait avoir sur plusieurs secteurs de l’économie, la SNEP appelle le personnel gréviste au sens des responsabilités».
Seulement, les syndicalistes, eux, comptent même avoir recours à la commission nationale des contentieux sociaux. Et pour cause, «la direction générale refuse de se mettre à table pour discuter avec nous, et quand elle le fait, elle refuse de signer le PV», explique un syndicaliste de la FDT. Chacune des parties campe sur ses positions, ce qui n’arrange pas la situation actuelle de la SNEP. Les syndicalistes pourraient peut être se rappeler que plusieurs entreprises otages de grèves ont déclaré faillite, à l’image de la défunte General Tires. Et dans ce cas, ils ne leur restera que les yeux pour pleurer !

 

336 heures
C’est le nombre d’heures de grèves observées par les salariés de la SNEP.

 
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