Santé

Cliniques : non à l’aveuglement

Un fait divers. Un patient dans une clinique victime d’une arnaque et le corps de la médecine libérale se met en marche. C’est un patient qui va faire un check up, à qui on recommande une opération à cœur ouvert d’urgence sans lui laisser la possibilité de prendre d’autres avis, en lui demandant de signer une décharge s’il veut sortir de l’hôpital. On lui réclame 140.000 DH, il a une assurance qui assure la couverture à 100%. Le problème est réglé ? Non. Car alors qu’on l’a préparé pour l’opération, un entremetteur qui n’a rien à voir normalement avec le corps médical, lui réclame 30.000 DH supplémentaires s’il veut être opéré. Ulcéré, il appelle le numéro vert anti-corruption. Il y a un flagrant délit, des médecins sont poursuivis, le dossier est devant la justice, le patient n’a pas été opéré, alors que les médecins traitant estimaient qu’il y a urgence vitale. Donc, ils se sont rendus coupables du délit de non-assistance à personne en danger.


Nettoyer la profession

C’est un fait divers malheureux, mais qui intervient dans un contexte sulfureux. Le noir est une pratique courante dans les cliniques, des usages mafieux, comme la surfacturation des médicaments, des analyses, sont aussi très courants. A l’inverse, la généralisation est très injuste. Il y a une grande partie de médecins privés qui respectent l’éthique, font  leur métier dans un cadre tout à fait légal. Les associations représentant la corporation ont tout faux. Elles attaquent les médias en estimant que ceux-ci portent atteinte à « l’honneur » de la profession. Or, il ne s’agit pas de cela . Sur la question des tarifs de référence, les représentations ont tout à fait raison; ils sont sujet à caution. Il faut que ces tarifs qui servent de base au remboursement soient plus à même de s’approcher du marché, parce que c’est un marché. C’est un combat qui peut se mener.

Mais en faire un justificatif pour la fraude fiscale, le noir, est un déni de civisme. Or, c’est la position officielle de ces organisations. Accepter qu’à l’intérieur d’une clinique il y ait un entremetteur, vendeur de poulets, qui négocie le Bakchich des médecins, est désolant. Or, c’est de cela qu’il s’agit dans l’affaire en cours. Avant de défendre les intérêts matériels, ce qui est leur strict droit, ces corporations devraient aussi défendre leur image au sein de la société.

Challengenews
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