Banques

Clôture de compte : les règles sont mieux définies

Dorénavant, l’ouverture d’un compte bancaire (compte à vue ou à terme et compte titres) fera obligatoirement l’objet d’une convention dont les conditions minimales viennent d’être fixées par le régulateur bancaire.


Parmi les conditions à l’ouverture d’un compte bancaire figurent les modalités de clôture de ce compte, ce qui va sans doute apporter une réponse à une problématique qui envenime les relations entre les banques et leurs clients depuis de nombreuses années. D’apparence simple, l’opération de clôture de compte bancaire ne se déroule pas d’une manière fluide. Bien au contraire, elle donne souvent lieu à des frictions entre les établissements bancaires et leur clientèle. Preuve en est, le fait que presque 20% des réclamations adressées à la Banque centrale en 2018 et 31% des litiges soumis au Centre marocain de médiation bancaire au cours de la même année, portent sur cette problématique. Ceci sans compter les cas qui arrivent jusqu’aux tribunaux. Pour y remédier, le législateur a procédé en 2014 à l’amendement de la disposition de Code de commerce (article 503) qui régit la clôture de compte. Mais malgré cette réforme, le problème persiste et ce, pour la simple raison que les règles édictées par le Code de commerce ne sont pas suffisamment précises. 

Dans le cadre d’une circulaire relative à la convention de compte-type qui vient d’être publiée après son homologation par le ministre de l’Economie et des finances, la Banque Centrale apporte des précisions relatives à la clôture de comptes (compte à vue, compte à terme et compte titres). Comment se déroulera dorénavant l’opération de clôture ? 

L’un des points importants de cette circulaire est la contractualisation des conditions de clôture de compte. Dorénavant, la convention de compte doit définir les conditions dans lesquelles le compte peut être clôturé. Ainsi, le client aura la possibilité, en consultant le texte de la convention de compte dont un exemplaire lui est obligatoirement remis à l’ouverture du compte, de prendre connaissance des conditions dans lesquelles son compte peut être clôturé.

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La clôture de compte, précise la convention-type BAM, est gratuite et ne donne pas lieu à des frais. Lorsque la clôture de compte est à l’initiative du client, l’établissement bancaire lui remet dans un délai maximum de 30 jours, un récapitulatif des opérations automatiques habituelles inscrites au compte pendant les derniers six mois (salaire, prélèvements, virements permanents etc.). En outre, la banque dispose d’un délai de 30 jours pour procéder à la clôture du compte, après la réception de la demande du client. Il s’agit là d’une précision importante sachant que le client n’est pas tenu d’envoyer un préavis à sa banque quand il prend l’initiative de la clôture.

A rappeler que selon le Code de commerce, la clôture de compte peut intervenir à l’initiative du client ou à celle de sa banque. Le compte est aussi clôturé en cas de décès, d’incapacité, de redressement ou de liquidation judiciaire du client. La banque peut donc, comme le client, prendre l’initiative de clôturer le compte, mais après un préavis de 60 jours. L’objectif étant bien sûr de laisser assez de temps au client pour lui permettre d’ouvrir un nouveau compte auprès d’un autre établissement bancaire et d’accomplir les démarches concernant par exemple la domiciliation de ses revenus, les autorisations de prélèvement et les virements permanents.

Toutefois, et c’est à ce niveau que réside la nouveauté introduite par l’amendement de l’article 503 du Code de commerce opéré en 2014, la banque doit obligatoirement clôturer le compte débiteur, si le client cesse de faire fonctionner son compte pendant une période d’une année à compter de la date du dernier solde créditeur inscrit au compte. Donc, lorsqu’un compte se trouve dans cette situation, la banque n’a pas le droit de le maintenir en activité et de continuer à prélever des frais. Toutefois, la banque est tenue, avant de procéder à la clôture du compte, d’en informer le client par lettre recommandée. Si ce dernier n’exprime pas sa volonté de garder le compte dans un délai de 60 jours à compter de la date de notification, le compte est réputé clôturé après l’expiration de ce délai.

La clôture entraîne, précise la convention-type, la restitution immédiate de tous les moyens de paiement (cartes, chéquiers…) ainsi que la résiliation de tous les avis de retraits ou instructions permanentes de transferts de données par le client. Pendant la période de liquidation du compte, le client est tenu de maintenir un solde créditeur suffisant afin de permettre le dénouement des opérations en cours, faute de quoi la banque se trouve en droit de les refuser. Un point très important qui ne doit pas être perdu de vue par le client est que la clôture du compte rend immédiatement exigibles, le solde débiteur éventuel et tous les engagements et dettes envers la banque. 

Et en cas de clôture du compte suite au décès du client, les sommes dues à la banque sont prélevées sur le compte, après le règlement des dettes et frais dans l’ordre prévu par la loi. Les héritiers ne peuvent prétendre qu’aux sommes restantes.

Concernant les comptes collectifs, la convention-type prévoit que leur clôture intervient selon l’accord préalable des co-titulaires et ce, soit à la demande écrite des co-titulaires déposée à la banque, soit par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à la banque, par l’un des co-titulaires qui en informe les autres. Le compte collectif est également clôturé suite au décès de l’un des co-titulaires. Après clôture du compte, les avoirs sont réputés appartenir à parts égales aux co-titulaires, sauf accord contraire notifié par écrit à la banque.

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