Portrait

Coach, expert en affaires publiques à Dubaï

Il a failli ne pas poursuivre ses études, mais ce manager a réussi à surpasser les difficultés inhérentes au système d’enseignement public pour se faire lui même. Des Etats-Unis à Londres, puis Dubaï, il est aussi bien coach, que manager en affaires publiques. 


P

eut-on dire, que tout un chacun peut réussir, pour peu qu’il y mette l’énergie et la volonté requise? On est tenté de l’affirmer, lorsqu’on a passé en revue le parcours de Hicham El Amrani. Même s’il a eu des difficultés dans son plus jeune âge, il a su les dépasser, se donner les moyens pour parvenir à réaliser ses rêves d’enfant, une fois arrivé à l’âge adulte. 

Il est né en 1975, à Fès. Dernier né des neuf enfants d’un artisan en carrelage traditionnel, mâalem en zellige, et d’une mère au foyer, Hicham a grandi  dans la capitale spirituelle du pays. A l’époque, Fès est encore une ville moyenne, plutôt modeste, qui ne connaissait pas les problèmes de la grande cité qu’elle est devenue, faisant face à un exode rural pour lequel elle n’était pas outillée. C’était une ville calme et studieuse, où il faisait bon vivre. La vieille médina commençait alors à se vider de ses habitants qui lui préféraient l’extension moderne qui prit le nom  de Fès Jdid. C’est d’ailleurs dans cette partie de la ville que le petit Hicham voit le jour. Ses parents avaient déménagé pour ce quartier moderne peu de temps après sa naissance. A l’époque, les loisirs sont peu nombreux, et le football est à la portée de tous et se pratique en plein air sans équipement particulier. A l’instar de la majorité des camarades de sa génération et à travers tout le Royaume. Il y a bien sûr le cinéma de quartier que l’on s’offre de temps en temps, mais en fin de compte, le quotidien tourne autour du sport et de la lecture. Il s’adonne à cette dernière activité avec passion et lit tout ce qui lui tombe sous la main. Mais les livres arabes sont prépondérants dont la série égyptienne de romans d’espionnage “L’homme impossible”, arrajoul al mousathil, encore présente dans son esprit. La période est également chargée politiquement, puisque c’est l’époque de la révolution Iranienne, de la guerre entre l’Irak et l’Iran et de la guerre civile libanaise. La généralisation de l’audiovisuel  qui était déjà en marche rendait l’actualité internationale présente dans le quotidien du marocain moyen. Il n’est pas étonnant que des personnages tels que le footballeur Diego Maradona et Bob Marley fascinent son imaginaire d’enfant. “On avait tous des modèles.  J’étais impressionné par la manière dont certains arrivaient à retourner le destin et à se faire une place dans le monde. Mais mes modèles étaient avant tout mon oncle Hamid et mon frère ainé Aziz, qui avaient réussi professionnellement”,  explique-t-il sobrement. 

Une troisième chance, puis le rebond   

Le jeune Hicham est scolarisé dans le système public. Après une année à l’école coranique, il en passe une autre dans le privé; à l’Ecole Ste Thérèse, avant d’intégrer  l’école publique proprement dite. Là, le système pédagogique n’est pas adapté à sa personnalité d’enfant curieux qui pose constamment des questions. Il est un élève moyen jusqu’au stade du brevet. Arrivé au Lycée, il doit faire face à des difficultés. Il échoue une première fois en première année de lycée, puis une deuxième. A la troisième tentative, il doit soit réussir et continuer son cursus, ou échouer et se retrouver exclu du système éducatif. “A ce moment, mon père m’a donné le choix: tenter une dernière fois les études et réussir, ou le rejoindre dans son atelier. Certes, mon père avait réussi matériellement, mais je voulais élargir mes horizons et voir le monde. Je n’ai pratiquement pas dormi ce soir là quand il m’a posé cet ultimatum. Au terme de cette nuit de réflexion, je me suis juré de me surpasser pour réussir”, se rappelle-t-il, revivant cet épisode, qui a été pour lui crucial. Dès le lendemain, il est transfiguré pratiquement. Dès lors, il sera le premier de sa classe et figurera dans le top cinq des meilleurs élèves de l’école. Il passe alors ses classes sans encombres et décroche un baccalauréat littéraire en 1998. Après quoi, il opte pour des études de langue anglaise pour “élargir ses horizons”. Il passe une année à la faculté Mohammed Ben Abdallah avant de s’envoler pour la Floride, où il commence chez Disney. C’était une période où le parc d’attractions offrait un programme d’échange pour  les jeunes marocains. Une année durant, et dans ce cadre là, il aura l’opportunité d’exposer la culture marocaine aux américains. Il décide de rester aux USA, et l’année suivante, s’inscrit à l’Université d’Etat de Pennsylvanie. Il obtient  un Master en Sciences Politiques en 2002. Il ne s’en satisfait pas, et  prépare un DEA à la célèbre London School of Economics de Londres. Prémonitoire que ce virage qu’il prend, puisqu’il s’engage une première fois dans les public affairs, quand il s’envole pour le Moyen Orient en 2003 et plus précisément pour la mythique Dubaï. La ville déborde d’activités et draine des profils internationaux du monde entier. L’Emirat fait figure de ville cosmopolite et moderne, et rivalise avec les meilleures métropoles européennes, pour ce qui est des infrastructures des plus modernes. “Pour moi, Dubaï est un exemple d’une vision positive qui s’est matérialisée. On peut l’aimer ou la détester, mais il reste que c’est une ville où il vaut la peine d’avoir vécu”, argumente  Hicham, balayant d’un revers de main toute réserve qu’on pourrait avoir. Il est d’ailleurs intarissable  de louanges envers sa ville d’adoption.  

Retour à Dubaï la mythique

Dans cette nouvelle destination, il travaille donc dans le service communications et relations avec le gouvernement. Il est conquis par l’Emirat et s’attelle à en découvrir et à en approfondir la culture. Mais déjà, après les public affairs, il se passionne pour le coaching. A partir de 2007, Hicham commence une première formation à Dubaï, et s’envole pour le Canada, approfondir ses connaissances en la matière. Il poursuit par ailleurs ses études, et se reconvertit dans la finance. 

Ce n’est qu’en 2012 qu’il revient à Dubaï, dans le giron du cabinet américain de conseil en stratégie et communication américain, APCO Worldwide, qui l’a recruté. “J’étais heureux de revenir à Dubaï. J’étais et je suis désireux  de rendre à ce pays un peu de ce qu’il m’a donné. La ville réunit pas moins de 140 nationalités. Pourtant, personne ne se sent réellement étranger, pour peu qu’il respecte la culture locale,” développe-t-il. Il agit depuis dans l’associatif, organise des évènements pour médecins sans-frontières, coache des enfants issus de milieux défavorisés à la prise de parole en public. Dans un sens, il a su devenir un représentant du Maroc à Dubaï… 

 
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